L’économie libanaise est sortie avec des dégâts limités du séisme politique provoqué par l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, et a amorcé une légère reprise avec la fin de la tutelle syrienne.
« En dépit du recul des indicateurs, s’inscrivant parfois en négatif, au premier semestre 2005, comparés à ceux de la même période de l’année précédente, l’économie libanaise s’en sort avec des dégâts relativement limités au vu de l’événement tragique de l’assassinat de Hariri le 14 février », a affirmé à l’AFP Marwan Barakat de la Banque Audi. Pour M. Barakat, responsable des publications économiques, « la disparition d’un homme, dont le nom a été lié depuis 1992 à la reconstruction d’un Liban sorti exsangue de 15 ans de guerre destructrice, a eu un impact psychologique négatif, quoique limité dans le temps, sur l’investissement, la production et la consommation ».
« Les principaux indicateurs économiques du premier semestre sont mauvais, mais à partir de mai une nette amélioration est apparue », a souligné M. Barakat.
« La tenue d’élections législatives libres en mai-juin, les premières depuis la levée d’une tutelle syrienne de 15 ans marquée par une corruption poussée, et la formation du gouvernement du réformateur Fouad Siniora, ont enclenché un cycle vertueux », a souligné l’économiste Roger Melki.
La balance des paiements accuse un déficit de 1,1 milliard de dollars fin juin contre un excédent de 265 millions de dollars un an auparavant et les flux de capitaux se sont élevés à 2,5 milliards de dollars au premier semestre, en recul de 30 % par rapport à la période correspondante de 2004. En juin, cette balance a cependant été excédentaire de 487 millions de dollars.
Selon le gouverneur de la Banque centrale du Liban, Riad Salamé, l’équivalent de six milliards de dollars de la masse monétaire en livres libanaises ont été convertis en devises étrangères après le 14 février.
Quelque 2,3 milliards de dollars ont pris le chemin de l’étranger avant que l’armée syrienne, présente au Liban depuis 29 ans, n’amorce, sous la pression internationale et de la rue libanaise, son retrait qu’elle a achevé fin avril. M. Salamé a indiqué fin juillet que les avoirs extérieurs de la BDL s’élevaient à 10,4 milliards de dollars grâce notamment à l’émission de 4 milliards de dollars de certificats de dépôts et d’Euro-CD, malgré la perte de 1,6 milliard de dollars d’actifs enregistrée par rapport à la période précédant la crise.
Près de 3 milliards de dollars ont été replacés progressivement à partir de la mi-avril en livres libanaises et plus d’un millard de dollars a été réinjecté dans le secteur bancaire, dont les dépôts s’élèvent à 55 milliards de dollars.
La stabilité de la monnaie nationale, dont la valeur a été divisée par 600 pendant la guerre (1975-1990), imposée par Rafic Hariri a été maintenue. La dette publique a poursuivi sa progression à 36 milliards de dollars contre 34,5 milliards de dollars fin juin 2004 et le déficit budgétaire devrait se maintenir à 10 % du PIB, estimé à 20 milliards de dollars. Mais le Liban pourra difficilement renouer en 2005 avec la croissance de 5 % enregistrée en 2004, à cause d’une saison touristique modeste et des mesures de rétorsion syriennes à la frontière, selon les économistes.
« La levée de la tutelle syrienne va favoriser la mise en place de réformes administratives et fiscales, la privatisation, la titrisation des recettes de l’État et la fin du gaspillage », a dit à l’AFP M. Melki. Il affirme que le Premier ministre, Fouad Siniora, bénéficie de la confiance des institutions internationales.
Pour M. Melki, « la classe politique a compris la nécessité de réformer pour éviter le pire et qu’une nouvelle aide internationale ne viendra qu’au prix d’une cohésion interne autour d’un projet de modernisation de l’État ».
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« En dépit du recul des indicateurs, s’inscrivant parfois en négatif, au premier semestre 2005, comparés à ceux de la même période de l’année précédente, l’économie libanaise s’en sort avec des dégâts relativement limités au vu de l’événement tragique de l’assassinat de Hariri le 14 février », a affirmé à l’AFP Marwan Barakat de la Banque Audi. Pour M. Barakat, responsable des publications économiques, « la disparition d’un homme, dont le nom a été lié depuis 1992 à la reconstruction d’un Liban sorti exsangue de 15 ans de guerre destructrice, a eu un impact psychologique...