Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

L’électricité, dossier aussi prioritaire qu’urgent pour le gouvernement

Le gouvernement se donne cent jours pour des mesures engageant la réforme sans possibilité de retour. C’est ce que certifie Siniora qui a donc commencé à diriger des séances de travail consacrées à des problèmes accumulés que les gouvernements précédents n’avaient pu traiter. À cause, notamment, d’entraves et de tiraillements politiques. Mais aussi à cause d’intérêts particuliers. Ce qui avait aggravé la dette publique et le déficit budgétaire. Cependant, les circonstances présentes ne sont pas favorables. Ainsi l’électricité, ce gouffre financier qui coûte tant au Trésor, n’a devant elle que de sombres perspectives, sans jeu de mots. On sait en effet qu’avec la flambée du pétrole, qui n’a pas l’air de reculer mais au contraire de progresser rapidement, les avances consenties par l’État à l’office ne suffisent plus pour payer assez de fuel. Le dossier est doublement prioritaire. D’abord parce qu’on ne peut laisser le pays sans courant, car cela précipiterait l’effondrement de l’économie. Ensuite parce que les finances ne supportent plus le fardeau qui devrait se chiffrer, à la fin de l’exercice comptable en cours, par un déficit d’un milliard de dollars. Selon les spécialistes, la hausse des prix du pétrole risque de surcharger la facture de fuel, si le baril reste aux alentours de 60 dollars, de quelque 700 millions de dollars. Or il n’est pas question d’augmenter les quittances, le prix de l’électricité étant déjà au Liban le plus cher du monde. Il faut donc solliciter des secours. Le président du Conseil l’a fait sans tarder en dépêchant une délégation technique au Koweït, qui s’est dit prêt à aider. Mais encore faut-il que l’État libanais sache où il veut aller au juste. On sait en effet que les ministres successifs ont imaginé des plans de sauvetage distincts, contradictoires, en ajoutant à la confusion par des adjonctions de staffs personnalisés. Nombre de ces responsables ont en réalité politisé le dossier, provoquant de la sorte un surcroît de problèmes. Il y a quelque temps, un extrapolitique, Maurice Sehnaoui, est venu proposer une solution de fond globale passant par la privatisation. Mais par la suite, ce projet a été mis de côté pour être remplacé par un nouveau plan. Retour aux assistances. La situation n’est pas très encourageante. Un ancien ministre de l’Énergie raconte qu’il avait relancé les Saoudiens en leur demandant du fuel à un tarif privilégié, un délai de grâce et des donations. Comme cela avait été le cas pour la Jordanie. Ce responsable s’était vu sèchement répondre que l’Arabie saoudite avait déjà beaucoup donné. Qu’elle avait contribué au succès de Paris II. Mais que le Liban n’avait pas tenu ses engagements. Il reste évident que Siniora devrait quand même visiter Ryad. Il faudrait en tout cas chercher également ailleurs. Et peut-être que la présence de Fneich, membre du Hezbollah, aux commandes de l’Énergie représente un espoir. Dans ce sens qu’il pourrait utilement se rendre en Iran plaider le dossier et obtenir un soutien suffisant pour arrêter l’hémorragie. Et pour tenir les trois ans qu’il faut en vue de préparer la privatisation. Ce qui doit, du reste, commencer en nommant un nouveau secrétaire général pour le Conseil supérieur de la privatisation, en lieu et place de Ghazi Youssef, devenu député. Cette instance devant plancher sur les dossiers des quelque 30 institutions étatiques privatisables. Philippe ABI-AKL
Le gouvernement se donne cent jours pour des mesures engageant la réforme sans possibilité de retour. C’est ce que certifie Siniora qui a donc commencé à diriger des séances de travail consacrées à des problèmes accumulés que les gouvernements précédents n’avaient pu traiter. À cause, notamment, d’entraves et de tiraillements politiques. Mais aussi à cause d’intérêts particuliers. Ce qui avait aggravé la dette publique et le déficit budgétaire.
Cependant, les circonstances présentes ne sont pas favorables. Ainsi l’électricité, ce gouffre financier qui coûte tant au Trésor, n’a devant elle que de sombres perspectives, sans jeu de mots. On sait en effet qu’avec la flambée du pétrole, qui n’a pas l’air de reculer mais au contraire de progresser rapidement, les avances consenties par l’État à...