Les nouveaux « disparus » syriens,
une nouvelle tactique de Damas ?
le 01 août 2005 à 00h00
Le chef du gouvernement syrien, Mohammed Otri, a reçu récemment le président du « comité civil des disparus syriens au Liban » venu lui exposer, selon l’agence syrienne SANA, « les demandes des familles des disparus ». Selon cette même source, le nombre des disparus syriens aurait atteint « 795 personnes de toutes les régions syriennes ».
Cette question a été également soulevée lors de la conférence de presse conjointe, hier, de M. Otri avec son homologue libanais, Fouad Siniora, le Premier ministre syrien ayant rappelé à cette occasion la création d’une commission syro-libanaise chargée d’enquêter sur les dossiers des disparus-détenus des deux côtés.
Il reste que cette affaire évoquée aujourd’hui par la partie syrienne soulève elle-même, à son tour, une série d’interrogations sur la bonne foi du régime syrien qui met en avant, à ce moment précis, une telle revendication, sachant que l’une des principales raisons de la visite de Siniora à Damas était, précisément, de discuter de la question des détenus libanais dans les prisons syriennes.
Pourquoi le régime Assad s’est-il abstenu toutes ces années, lorsque ses armées occupaient le Liban, d’aborder, même très vaguement, un tel dossier avec les autorités libanaises ? Pourquoi ne le fait-il que maintenant, lorsque le dénouement du drame des détenus libanais en Syrie n’est plus soumis à la tristement célèbre censure de Anjar, et lorsque la question est en train d’acquérir, jour après jour, une dimension internationale qui échappe à la volonté des geôliers syriens ?
Cette revendication servirait-elle pour le régime Assad de contrepoids fictif qui neutraliserait indéfiniment la demande libanaise, le sort des détenus libanais étant désormais lié à celui de plusieurs centaines d’hypothétiques nouveaux « disparus » syriens ?
Autant de questions auxquelles Otri devrait répondre, autant d’écueils que le gouvernement Siniora devrait éviter. Il est en tout cas déplorable qu’une question purement humanitaire, comme celle des détenus libanais ou des disparus syriens, ait acquis aux yeux de Damas, comme tout semble le montrer, une dimension tactique qui lui permettrait de régler ses comptes avec le nouveau Liban.
M. Siniora a précisé que la question des détenus en Syrie sera réglée en commission conjointe.
Le chef du gouvernement syrien, Mohammed Otri, a reçu récemment le président du « comité civil des disparus syriens au Liban » venu lui exposer, selon l’agence syrienne SANA, « les demandes des familles des disparus ». Selon cette même source, le nombre des disparus syriens aurait atteint « 795 personnes de toutes les régions syriennes ».
Cette question a été également soulevée lors de la conférence de presse conjointe, hier, de M. Otri avec son homologue libanais, Fouad Siniora, le Premier ministre syrien ayant rappelé à cette occasion la création d’une commission syro-libanaise chargée d’enquêter sur les dossiers des disparus-détenus des deux côtés.
Il reste que cette affaire évoquée aujourd’hui par la partie syrienne soulève elle-même, à son tour, une série d’interrogations sur la bonne foi...
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