Les attentats de Charm el-Cheikh, une station balnéaire très prisée qui accueille régulièrement des sommets internationaux, portent un coup au régime égyptien comme à l’opposition, à six semaines de l’élection présidentielle, estimaient hier des analystes.
Ces attaques « visent à discréditer le régime égyptien en défiant sa capacité à assurer sa propre sécurité, au moment même où il se présente comme le garant de la sécurité régionale », estime Nabil Abdel Fattah, du Centre al-Ahram pour les études stratégiques. L’Égypte s’est imposée comme un médiateur incontournable entre Israël et l’Autorité palestinienne, notamment à l’approche du retrait israélien de la bande de Gaza prévu à la mi-août. Réagissant aux dernières attaques, parmi les plus meurtrières jamais perpétrées en Égypte, le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense du Parlement israélien, Youval Steiniz, a cependant estimé qu’elles « représentent, à première vue, un échec majeur pour les services de renseignements égyptiens ».
D’autre part, selon le journal saoudien Saudi Gazette, les assaillants veulent perturber l’élection présidentielle, prévue le 7 septembre et qui permettra pour la première fois la participation de plusieurs candidats, à la suite d’une réforme constitutionnelle. « Le but de ces attaques terroristes est très clair. L’Égypte se prépare à tenir sa première élection présidentielle à candidats multiples en septembre », écrit-il.
L’analyste égyptien Diaa Rachwane confirme que les attentats auront un impact négatif sur le scrutin, qui doit être suivi en novembre des élections législatives.
« Cette attaque, par son importance, est unique dans l’histoire de l’Égypte. Elle aura des retombées gigantesques sur la vie politique du pays », dit-il. « Dans ce contexte, l’opposition hésitera à organiser même une manifestation pacifique, et le gouvernement a tous les arguments dont il a besoin pour maintenir l’état d’urgence », décrété en 1981 à la suite de l’assassinat du président Anouar al-Sadate, ajoute-t-il. « Cela sera intimidant pour l’opposition et négatif pour la démocratie », estime l’analyste. L’opposition égyptienne qualifie la réforme constitutionnelle d’écran de fumée et appelle régulièrement à la levée de l’état d’urgence. « Les islamistes font échec à la démocratie et donnent au gouvernement l’occasion de renforcer l’état d’urgence », affirme Rifaat al-Said, chef du parti d’opposition Tagammou (gauche). Il note que le gouvernement a échoué dans sa lutte contre l’islamisme radical en Égypte.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les attentats de Charm el-Cheikh, une station balnéaire très prisée qui accueille régulièrement des sommets internationaux, portent un coup au régime égyptien comme à l’opposition, à six semaines de l’élection présidentielle, estimaient hier des analystes.
Ces attaques « visent à discréditer le régime égyptien en défiant sa capacité à assurer sa propre sécurité, au moment même où il se présente comme le garant de la sécurité régionale », estime Nabil Abdel Fattah, du Centre al-Ahram pour les études stratégiques. L’Égypte s’est imposée comme un médiateur incontournable entre Israël et l’Autorité palestinienne, notamment à l’approche du retrait israélien de la bande de Gaza prévu à la mi-août. Réagissant aux dernières attaques, parmi les plus meurtrières jamais perpétrées en...