Sonny Rollins, un des derniers géants du jazz, devenu philosophe (Photo)
le 23 juillet 2005 à 00h00
Dernier géant du jazz moderne, le saxophoniste ténor Sonny Rollins, habitué depuis plusieurs années à des concerts marathons, est devenu philosophe avec le temps en affirmant, à quelques heures de son concert, hier soir à Juan-les-Pins, que «la musique est neutre.»
«Elle n’est ni bonne ni mauvaise, mais elle peut devenir une arme de destruction (de l’esprit humain) si elle est employée par des individus qui veulent détruire d’autres hommes», a estimé le célèbre jazzman dans une conférence de presse.
Le concert de Juan-les-Pins est sa seule apparition en Europe cet été, dans le cadre de la 45e édition du festival «Jazz à Juan».
À bientôt 75 ans – il les fêtera le 7 septembre – et après la disparition tragique de sa femme et agent artistique Lucille en novembre 2004, Théodore Walter «Sonny» Rollins réapprend «à vivre et à jouer.»
«Je joue tant que j’en suis capable. Tous les jours. J’écris de nouveaux thèmes. Quand je joue, je ne me rends pas compte du temps qui passe», a insisté ce dernier «colosse du saxophone» dont les gestes mesurés, le visage orné d’une barbe et les cheveux gris font un véritable patriarche.
Même si le saxophoniste dégage toujours musicalement une impression de puissance physique qui lui a valu son surnom, l’homme a aussi été très affecté par les événements du 11 septembre 2001 à New York, qui ont été à l’origine de son prochain album à paraître Without a Song (The 9/11 Concert), enregistré en direct à Boston quatre jours après la date fatidique.
«C’est un disque très personnel car je me trouvais dans mon studio de répétition à New York, situé à quelques blocs du World Trade Center, quand les attaques ont eu lieu», se rappelle-t-il.
Jazzman survivant, habitué dans sa carrière à de subites retraites, notamment quand des alter ego comme John Coltrane ou Ornette Coleman connaissaient, dans les années 1950/1960, des succès grandissants, Sonny Rollins se tourne aujourd’hui vers l’avenir qu’il voit dans «l’improvisation» et dans «une musique qui parle pour elle-même».
Dernier géant du jazz moderne, le saxophoniste ténor Sonny Rollins, habitué depuis plusieurs années à des concerts marathons, est devenu philosophe avec le temps en affirmant, à quelques heures de son concert, hier soir à Juan-les-Pins, que «la musique est neutre.»
«Elle n’est ni bonne ni mauvaise, mais elle peut devenir une arme de destruction (de l’esprit humain) si elle est employée par des individus qui veulent détruire d’autres hommes», a estimé le célèbre jazzman dans une conférence de presse.
Le concert de Juan-les-Pins est sa seule apparition en Europe cet été, dans le cadre de la 45e édition du festival «Jazz à Juan».
À bientôt 75 ans – il les fêtera le 7 septembre – et après la disparition tragique de sa femme et agent artistique Lucille en novembre 2004, Théodore Walter «Sonny»...
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