L’élection présidentielle égyptienne, dont la date a été avancée au 7 septembre, devrait offrir son cinquième mandat au président Hosni Moubarak, loin devant des opposants pris de court par cette annonce surprise. Cette première élection présidentielle pluraliste et au suffrage universel était prévue pour la fin septembre, mais ce scrutin, présenté comme un geste d’ouverture démocratique, a été avancé sans qu’aucune explication ait été donnée.
Au pouvoir depuis un quart de siècle, Hosni Moubarak, 77 ans, devrait annoncer d’ici à la fin juillet sa candidature, les responsables du parti au pouvoir, le Parti national démocrate (PND), ayant affirmé qu’il en serait le seul candidat. Si sa réélection est généralement donnée comme quasi acquise, restent les inconnues du nombre de suffrages que lui accorderont les 32,5 millions d’électeurs – sur 72 millions d’habitants – et du taux de participation.
Le fils cadet du président, Gamal Moubarak, haut responsable du PND, a déclaré que son parti était soucieux de participer à la campagne « dans un esprit de concurrence équitable et loyale ». L’hypothèse de sa candidature avait été un temps avancée, avant qu’il n’annonce lui-même être hors course.
L’adversaire le plus médiatisé de M. Moubarak, Ayman Nour, président du parti al-Ghad (centre libéral), contre lequel court une procédure judiciaire, a qualifié l’avancement de la date de « falsification anticipée » des élections. « Avancer la date est une catastrophe, une décision illogique. Comment préparer une campagne en un si court délai ? » a déclaré M. Nour, estimant qu’il s’agit d’une tactique du pouvoir pour « pousser les candidats à se retirer de la course ».
L’activiste féministe Nawal Saadaoui et le militant des droits de l’homme Saad Eddine Ibrahim ont annoncé ces derniers jours qu’ils n’entreraient pas en lice contre M. Moubarak, considérant eux aussi que le scrutin était une « parodie » de démocratie. « Imposer le fait accompli fournira des prétextes pour exercer la violence. Nous n’aurons plus d’arguments pour convaincre ceux qui la prônent lorsqu’ils nous diront : vous avez essayé le dialogue sans succès et il ne reste plus que la terreur », a averti M. Nour.
Georges Izhak, l’un des fondateurs du mouvement d’opposition Kefaya (« Ça suffit »), en pointe dans les manifestations depuis six mois, a indiqué que « le délai est trop court et les candidats n’auront aucune chance de mener campagne ». Il a annoncé une manifestation le 29 juillet contre ces élections.
Pour sa part, l’analyste Nabil Abdel Fattah du centre d’al-Ahram pour les études politiques et stratégiques estime que l’avancement de la date « a pour but d’écourter les critiques de l’opposition contre le processus électoral et de mettre l’opposition devant le fait accompli d’une réélection de M. Moubarak ». « Le régime prend de court les autres candidats, qui n’auront qu’un laps de temps très limité comparé à la visibilité médiatique dont dispose déjà le chef de l’État », estime M. Abdel Fattah. Pour lui, les élections dans leur mode actuel « ne sont qu’un jeu politique de l’élite au pouvoir et non une concurrence équitable sur le marché politique ».
Dimanche, la Haute commission électorale doit se réunir pour décider de la date de l’enregistrement officiel des candidats.
Lamia RADI (AFP)
L’élection présidentielle égyptienne, dont la date a été avancée au 7 septembre, devrait offrir son cinquième mandat au président Hosni Moubarak, loin devant des opposants pris de court par cette annonce surprise. Cette première élection présidentielle pluraliste et au suffrage universel était prévue pour la fin septembre, mais ce scrutin, présenté comme un geste d’ouverture démocratique, a été avancé sans qu’aucune explication ait été donnée.
Au pouvoir depuis un quart de siècle, Hosni Moubarak, 77 ans, devrait annoncer d’ici à la fin juillet sa candidature, les responsables du parti au pouvoir, le Parti national démocrate (PND), ayant affirmé qu’il en serait le seul candidat. Si sa réélection est généralement donnée comme quasi acquise, restent les inconnues du nombre de suffrages que lui...
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