Les banques néerlandaise ABN Amro et espagnole BBVA se trouvent en position difficile dans leur offensive sur des banques italiennes, obligées d’affronter des coalitions d’investisseurs italiens déterminés à les repousser et d’engager d’interminables batailles judiciaires.
Un mois et demi après le lancement de son offre sur Banca Antonveneta, ABN Amro ne détient que 25 % de sa cible et a décidé de prolonger à nouveau son OPA jusqu’au 22 juillet.
La banque néerlandaise avait prévu auparavant de clore son offre hier.
De son côté, BBVA a implicitement reconnu qu’elle pourrait échouer à obtenir plus de 50 % de Banca Nazionale del Lavoro (BNL), dont elle ne détient actuellement que 14,75 %.
Elle a ainsi demandé à la Banque d’Italie de reconnaître qu’avec plus de 30 % des titres BNL, elle pourra se prévaloir du « contrôle » de la banque italienne.
Pourtant, au moment de dévoiler leurs intentions en mars, les deux banques internationales ne voyaient à l’horizon aucun investisseur disposant d’assez de moyens financiers pour les contrer. Mais ABN Amro a été pris de vitesse par un poids plume de la banque italienne, Banca Popolare Italiana (BPI, ex-Banca Popolare di Lodi), qui a rapidement porté sa part dans Antonveneta à près de 30 %, puis a annoncé sa volonté de surenchérir sur l’offre néerlandaise.
Alliée à un groupe de promoteurs immobiliers, BPI contrôle plus de 40 % de Banca Antonveneta, rendant quasi impossible la mission d’ABN d’obtenir la majorité.
« L’acquisition de Banca Antonveneta serait un apport appréciable aux opérations européennes d’ABN, mais de considérables obstacles empêchent encore la transaction », note ainsi Martin Oldham, analyste de l’agence de notation Fitch.
La banque néerlandaise a relevé récemment à 26,50 euros en numéraire par titre tandis que BPI affirme offrir, en titres et en numéraire, 27,50 euros par action Antonveneta.
Pour devenir effective, l’offre de BPI doit encore recevoir le feu vert de la Banque d’Italie.
C’est précisément la Banque centrale qui est dans la ligne de mire de la banque néerlandaise. Cette dernière l’accuse de l’avoir empêchée de lancer rapidement son offre pour favoriser les défenseurs italiens.
ABN Amro a demandé à un tribunal de la région de Rome d’annuler les autorisations données par la Banque d’Italie à BPI pour monter dans le capital d’Antonveneta. Selon elle, la Banque centrale a laissé les ratios de solvabilité de BPI glisser sous les limites fixées par la législation.
Dans ce cadre, un haut fonctionnaire de la Banque d’Italie a été placé sous enquête, selon la presse italienne.
La banque néerlandaise a aussi contesté l’élection en avril du nouveau conseil d’administration de Banca Antonveneta, obtenant gain de cause puisqu’une nouvelle assemblée générale doit se tenir en juillet.
De son côté, l’espagnole BBVA rencontre la résistance d’un groupe de promoteurs immobiliers représentant environ 28 % du capital de BNL et doit faire face à la menace de l’assureur Unipol, actionnaire à près de 10 %, qui n’exclut pas une contre-offre.
Selon la presse italienne, l’assureur chercherait à s’allier à ce groupe d’investisseurs pour lancer une OPA, mais l’accord semble encore loin.
BBVA a lancé son offre publique d’échange (OPE) le 20 juin, mais n’a obtenu jusque-là l’adhésion de quasiment aucun actionnaire, le titre BNL continuant de se traiter en Bourse au-dessus du montant proposé par l’espagnol.
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Un mois et demi après le lancement de son offre sur Banca Antonveneta, ABN Amro ne détient que 25 % de sa cible et a décidé de prolonger à nouveau son OPA jusqu’au 22 juillet.
La banque néerlandaise avait prévu auparavant de clore son offre hier.
De son côté, BBVA a implicitement reconnu qu’elle pourrait échouer à obtenir plus de 50 % de Banca Nazionale del Lavoro (BNL), dont elle ne détient actuellement que 14,75 %.
Elle a ainsi demandé à la Banque d’Italie de reconnaître qu’avec plus de 30 % des titres BNL, elle pourra se...