L’euro a présenté hier une grande résistance aux influences baissières en provenance du différentiel de taux d’intérêt et de fondamentaux économiques favorables au dollar. C’est ainsi qu’après avoir atteint son plus bas niveau depuis le 14 mai 2004, à 1,1868 $, la monnaie unique a bénéficié d’un courant d’achats du découvert, la portant à plus de 1,1950 $. À cela auraient contribué des informations de presse citant une source de la Banque centrale européenne (BCE) d’après laquelle les marchés ne doivent pas s’attendre à une baisse des taux d’intérêt sur l’euro d’ici à la fin de l’année. Cela d’autant que le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, avait insisté tard la veille devant les parlementaires européens réunis à Bruxelles sur le fait que, malgré une inflation contenue, des risques inflationnistes demeuraient en zone euro, excluant ainsi une baisse des taux d’intérêt. Il en est de même de la déclaration faite hier au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeintung par le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Rodrigo Rato, estimant que la BCE n’a pour le moment aucune raison de baisser ses taux d’intérêt. Ces commentaires haussiers n’ont pas tardé à soutenir l’euro surtout après que l’Office européen des statistiques, Eurostat, eut fait savoir que l’indice des ventes de détail en zone euro a augmenté de 1,1 % en mai sur un mois et de 2 % sur un an peu après l’annonce par l’Office fédéral des statistiques en Allemagne que ce même indicateur a également progressé dans ce pays de 1,2 % et de 2,7 % respectivement pendant la même période. Mais il n’en demeure pas moins que l’engouement manifesté pour l’euro devait se heurter ensuite à l’annonce d’une forte hausse de 2,9 % des commandes industrielles aux États-Unis en mai contre 0,7 % en avril, témoignant de la vigueur de l’économie américaine. Ce développement, qui pourrait inciter la Fed à porter son principal taux directeur jusqu’à 4 % avant fin 2005, créera d’ici là un différentiel de taux de 2 points de pourcentage en faveur du dollar, si la BCE maintient ses taux à 2 %. Dans ces conditions, plusieurs opérateurs se sont montrés moins unanimes à la hausse de l’euro en fin de journée, le faisant négocier à New York sur un ton hésitant à 1,1915 $ contre 1,19 $ la veille, à Londres, soit sans grand changement d’un jour à l’autre.
Hausse de Wall Street et baisse des Bourses européennes
La Bourse américaine a entamé la semaine en hausse au lendemain du long week-end de l’Independance Day. Elle a été dynamisée par l’optimisme sur l’économie des États-Unis et par les prévisions de ventes améliorées chez Wal-Mart en juin, à 4,5 % au lieu de 2 à 4 % initialement estimés. L’envolée du brut a fait paradoxalement monter Wall Street en profitant aux valeurs pétrolières. La décision de General Motors de prolonger d’un mois son programme de rabais, qui lui a permis de regagner des parts de marché automobile de manière spectaculaire en juin, a également soutenu la tendance.
Les Bourses européennes ont fini pour la plupart en repli, plombées par les prises de bénéfices. Le haut niveau du pétrole a pesé sur le secteur des transports pendant que les fabricants de pneus (Michelin, Continental…) pâtissaient de la hausse des prix du caoutchouc.
À la Bourse de Beyrouth, les actions A et B de Solidere sont redescendues de 12,79 $ à 12,60 $ et de 12,70 $ à 12,58 $ respectivement.
Élie KAHWAGI
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