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Alain Tabourian : « Il faut tourner la page »

Pourquoi estimez-vous avoir obtenu un bon compromis ? Nous devions à Cellis 273 millions de dollars, une grosse somme dont personne n’allait nous faire cadeau. J’ai obtenu de réduire notre dette de 60 % et d’en échelonner le paiement sur trois ans sans intérêt. Bien que le jugement la concernant n’ait pas encore été rendu, LibanCell a accepté un compromis selon le même principe. Il s’agit avant tout de régler une fois pour toutes une affaire qui traîne en longueur, ce qui n’est ni à l’avantage des deux opérateurs ni à celui de l’État libanais. Un gouvernement de transition avait-il la légitimité pour conclure une affaire aussi sensible ? Oui, d’autant plus qu’il n’était pas impliqué dans le conflit qui a duré des années. Par ailleurs, le Premier ministre Nagib Mikati a volontairement souhaité rester à l’écart des négociations et, de ce fait, l’affaire a été suivie directement avec le président de la République. Au final, le compromis dessert d’ailleurs financièrement son groupe de télécommunications, actionnaire minoritaire dans FTML. Mais j’ai été mandaté, ainsi que le ministre des Finances représenté par son directeur général Alain Bifani, pour négocier et non pas pour signer un compromis. C’est au Conseil des ministres de prendre la décision finale. Pourquoi n’avoir pas attendu le résultat du recours en annulation ? Lorsque l’on négocie un compromis, il faut mettre tous les éléments d’un dossier en balance, les risques et les chances. Le plus important pour moi était de permettre enfin à l’État de tourner la page, grâce à un accord qui préserve sa crédibilité. Fondamentalement, même si les deux opérateurs doivent à l’État quelque chose, le dossier a été mal engagé. Dès la fin des années 1990 il aurait été possible de renégocier les contrats en se fondant sur un élément : le dépassement du nombre de numéros qui était alloué à chacun des deux opérateurs. Au lieu de chercher à tout prix à augmenter la part du gâteau du Trésor, l’introduction d’un troisième opérateur aurait permis de casser le monopole des deux opérateurs et d’enclencher un cercle vertueux de concurrence. Aujourd’hui, la priorité est de trouver une sortie honorable pour toutes les parties afin d’envisager l’avenir sur des bases saines. Propos recueillis par S. R.
Pourquoi estimez-vous avoir obtenu un bon compromis ?
Nous devions à Cellis 273 millions de dollars, une grosse somme dont personne n’allait nous faire cadeau. J’ai obtenu de réduire notre dette de 60 % et d’en échelonner le paiement sur trois ans sans intérêt. Bien que le jugement la concernant n’ait pas encore été rendu, LibanCell a accepté un compromis selon le même principe. Il s’agit avant tout de régler une fois pour toutes une affaire qui traîne en longueur, ce qui n’est ni à l’avantage des deux opérateurs ni à celui de l’État libanais.

Un gouvernement de transition avait-il la légitimité pour conclure une affaire aussi sensible ?
Oui, d’autant plus qu’il n’était pas impliqué dans le conflit qui a duré des années. Par ailleurs, le Premier ministre Nagib Mikati a volontairement...