L’Union africaine (UA) est de plus en plus impliquée dans des médiations pour tenter de résoudre les conflits sur le continent, mais cette diplomatie ne rencontre pas toujours que des succès.
L’UA est directement impliquée dans la résolution de plusieurs conflits, au Burundi, au Darfour, en Côte d’Ivoire, et dernièrement dans la crise de succession au Togo.
Mais si la médiation africaine a permis la tenue d’élections et l’installation d’une présidence tournante au Burundi, les efforts diplomatiques de l’UA piétinent dans tous les autres processus de paix.
Mandaté par l’UA, le président sud-africain Thabo Mbeki a décidé de réunir à nouveau les parties en conflit en Côte d’Ivoire après le blocage sur le désarmement, pour négocier de nouveau alors que l’accord conclu le 6 janvier 2005 à Pretoria avait été présenté comme la solution définitive à la crise entamée le 19 septembre 2002 par un coup d’État manqué contre le président Laurent Gbagbo. Chacun campe sur ses positions dans ce conflit qui a coupé en deux la Côte d’Ivoire, ancien havre de paix et de stabilité en Afrique de l’Ouest, et cause de graves problèmes aux pays voisins.
La médiation continentale, pourtant louée par les acteurs et les observateurs de la crise ivoirienne, n’a pas réussi à rétablir la confiance. Elle a en revanche permis à la France de sortir du « face-à-face » avec les autorités ivoiriennes qui avait conduit à des violences contre les étrangers à Abidjan en novembre dernier.
Quant à la médiation sur le conflit du Darfour, l’UA n’a pas encore connu les succès annoncés. Les rebelles de cette province occidentale du Soudan sont de plus en plus divisés, hypothéquant la possibilité d’un accord de paix qui sera effectivement appliqué sur le terrain. L’UA, qui a nommé le Tanzanien Salim Ahmed Salim, comme envoyé spécial pour ces négociations, a pour l’instant refusé d’intégrer aux pourparlers les dissidents rebelles, souvent issus du terrain, qui désavouent les négociateurs censés les représenter. Après six mois de suspension, les pourparlers d’Abuja ont repris le 10 juin pour être immédiatement bloqués par des disputes sur les pays qui composent la médiation, notamment le Tchad pour les rebelles et l’Érythrée pour Khartoum. Jusqu’à présent, l’UA a tenté d’aller de l’avant sans succès et après trois semaines aucun progrès important n’a été noté.
Le Togo a également préoccupé l’UA, et notamment le président du Nigeria, Olusegun Obasanjo, président en exercice de l’organisation continentale qui a aussi pesé de tout son poids au sein de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Faure Gnassingbé qui avait succédé avec le soutien de l’armée à son père, le général Gnassingbé Eyadéma, chef de l’État togolais pendant 38 ans, décédé le 5 février a accepté de quitter la présidence et de participer à une élection présidentielle le 24 avril sous la pression de l’UA et de la Cedeao. Mais l’élection a été largement entachée de fraudes et de violences, poussant près de 23 000 Togolais dans des camps de réfugiés dans les pays voisins. L’intervention de M. Obasanjo pour la mise en place d’un gouvernement d’union nationale avec tous les partis a échoué. Le nouveau gouvernement dirigé par Edem Kodjo n’inclut aucun membre de l’opposition dite radicale et notamment de l’Union des forces de changement de Gilchrist Olympio.
Il faut dire que l’influence diplomatique de l’UA est diminuée par ses difficultés à avoir une position uniforme face à des problèmes récurrents comme par exemple les réformes constitutionnelles permettant aux chefs d’État en poste d’effectuer plus de deux mandats (Burkina Faso, Tchad, Nigeria), et par son obligation de recourir à l’aide internationale pour intervenir militairement dans les conflits.
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