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Actualités - Chronologie

EXPOSITION « Mediterranea », les bijoux de Lidia Galeano Germain (Photo)

Comment vient-on au bijou par la filière de la sociologie politique ? C’est le parcours atypique de Lidia Galeano Germain, épouse de diplomate, elle-même très engagée dans le domaine du développement. Le Brésil, la Tunisie, l’Angola et la Finlande, où ses enfants ont vécu la liberté du premier âge dans une datcha en rondins, ont été les pays de cœur de cette Sicilienne de mère hollandaise qui porte en elle le brassage de toutes les cultures du monde. « L’amour et la valorisation des racines nous aident à aller plus loin. On est protégé de la peur quand on sait d’où l’on vient », déclare Lidia à qui veut l’entendre. C’est cette passion des racines « qui ne sont plus exclusivement nationales », son véritable moteur. Débarquée sur nos bords par les aléas de la carrière, le Liban la fascine : « C’est le pays le plus intrigant que l’on puisse connaître. Il invite à une réflexion continue, à une remise en question permanente de ce que l’on voit et de ce que l’on entend. Ici, ce sont les montagnes russes entre optimisme et pessimisme, désespoir et joie de vivre. » Ici, elle découvre « le sens de l’identité méditerranéenne, cet ensemble de valeurs communes à des peuples d’une ancienne civilisation qui s’est développée autour d’une mer extraordinaire. Beaucoup de choses se sont passées ici avant d’avoir eu lieu dans le reste du monde. » Ainsi, de la quête des racines à la connaissance profonde des origines des peuples de la région, Lidia Galeano Germain, au tournant de la quarantaine, décide de réaliser un rêve d’adolescence : créer des bijoux. Elle explique que dans la production des civilisations, il y a toujours eu un travail dans l’ornement. Du plus loin que l’on remonte dans le temps, quelqu’un a eu quelque chose autour du cou. Il y a toujours eu ce geste instinctif de suspendre autour du cou ce qu’on a de plus précieux. Il a même précédé le geste de glisser un anneau au doigt. Ce geste est évidemment accompagné de l’envie de se parer. Le rêve de la créatrice prend forme lors d’un séjour à Paris où elle reprend le chemin de l’école et s’inscrit à l’Association des arts décoratifs appliqués. Formation qu’elle poursuit au Liban, dans le cadre de l’école technique al-Kafaat où officie un professeur français hautement qualifié en bijouterie et joaillerie. C’est avec l’aide de cette école qu’elle viendra à bout de son projet. « Méditerranea », la matière et les formes Lidia Galeano Germain est fascinée par l’or, ce métal solaire aux qualités physiques qui le rendent supérieur à tous les autres. Il représente la femme et la mer. Elle aime l’argent pour son aspect massif, plein et lourd. Avec l’argent, on sent la puissance de la matière, dit-elle. Les pierres qu’elle utilise ne sont jamais très précieuses, à l’image des pierres utilisées dans l’Antiquité. Le lapis des caravanes afghanes, la turquoise du Sinaï, la cornaline pour sa beauté orange, voilà pour la couleur. Les objets créés avec ces matériaux sont inspirés des mégalithes, ces pierres rupestres des cités mégalithiques éparpillées autour de la Méditerranée. Ils évoquent surtout des idoles qui sont des déesses-mères, symboles d’abondance et de fertilité. La pièce maîtresse de Lidia a la forme d’un violoncelle. Il s’agit de l’une des premières représentations de la femme en Méditerranée. Elle est originaire de Byblos, mais n’existe dans aucun musée. C’est par hasard, dans un catalogue, qu’elle l’a découverte. La pièce originale est taillée dans un os. L’autre thème de la collection est celui du trésor. Trésor de Troie, d’Ur ou de Pontevedras en Espagne, ces ensembles caractérisent l’esthétique de leur époque, associant le lapis et l’or sur d’innombrables boucles d’oreille en pendeloques et des colliers richement travaillés. La collection de Lidia s’intéresse également aux balbutiements des échanges et du commerce, avec des presse-papiers gravés qui nous mènent à la fascination de la créatrice pour l’écriture. L’alphabet protoplasmique et phénicien est décliné en pins et en divers objets qui représentent toute la richesse de nos racines esthétiques. À voir à la galerie Purrl, Saifi Village.
Comment vient-on au bijou par la filière de la sociologie politique ? C’est le parcours atypique de Lidia Galeano Germain, épouse de diplomate, elle-même très engagée dans le domaine du
développement.
Le Brésil, la Tunisie, l’Angola et la Finlande, où ses enfants ont vécu la liberté du premier âge dans une datcha en rondins, ont été les pays de cœur de cette Sicilienne de mère hollandaise qui porte en elle le brassage de toutes les cultures du monde. « L’amour et la valorisation des racines nous aident à aller plus loin. On est protégé de la peur quand on sait d’où l’on vient », déclare Lidia à qui veut l’entendre. C’est cette passion des racines « qui ne sont plus exclusivement nationales », son véritable moteur. Débarquée sur nos bords par les aléas de la carrière, le Liban la fascine :...