Le conseil de l’Ordre des avocats de Beyrouth, qui s’est réuni hier sous la présidence du bâtonnier Sélim Osta, a souligné la nécessité d’accorder son indépendance à la magistrature, puisque « les changements que vit le pays constituent une occasion pour empêcher les ingérences politiques dans le fonctionnement du pouvoir judiciaire ».
« Le citoyen a perdu confiance dans beaucoup d’aspects de la vie judiciaire. Ceux qui ont toujours demandé l’indépendance de la justice n’ont pas le droit de tenter aujourd’hui de l’influencer ou de la pousser à prendre certaines décisions. Le pouvoir judiciaire n’a d’ailleurs, lui-même, pas le droit de ne pas entamer un processus de restructuration générale », ont déclaré les avocats, qui ont également réclamé une vaste opération de mutation qui permettrait « au bon juge d’être à la bonne place ».
Le barreau a en outre souligné la nécessité de « mettre un terme à la prorogation artificielle du mandat du Conseil constitutionnel », une prorogation qui s’est transformée, selon lui, en « appât » pour les juges. « Il faut nommer tous les membres du Conseil afin qu’il puisse mener à bien sa mission », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, les avocats ont dénoncé la série d’attentats qui frappe le Liban depuis quelques semaines. « Ce crime organisé (…) vise, en premier lieu, à terroriser les Libanais en créant une atmosphère de déception et de désespoir, pour qu’ils sentent qu’ils ne pourront pas bénéficier de la stabilité et de la sécurité après avoir recouvré la souveraineté et le pouvoir de décision », ont-ils affirmé, précisant qu’il était nécessaire, pour préserver la sécurité du pays, d’arrêter les coupables. « Les services de sécurité n’ont plus aucun prétexte aujourd’hui de ne pas identifier les auteurs de ces attentats, sachant que les Libanais se sont habitués à ce que des crimes pareils restent impunis », ont-ils dit, avant de réclamer l’élargissement des compétences de la mission de la commission d’enquête internationale chargée d’établir la vérité sur l’assassinat de Rafic Hariri.
Enfin, le conseil a salué la tenue des élections législatives dans les délais prévus, un scrutin « qui a empêché le pays de sombrer dans le vide constitutionnel ». Il a cependant pointé du doigt une série de failles, notamment au niveau de la loi électorale, soulignant ainsi la nécessité et l’urgence de l’élaboration d’une nouvelle loi qui puisse assurer une véritable représentation.
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