aDes opposants iraniens en exil aux États-Unis ont salué la victoire vendredi de l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad à l’élection présidentielle en Iran, politique du pire qui va selon eux accélérer la chute de la République islamique qu’ils combattent.
aL’élection du maire de Téhéran à la présidence de la République iranienne va probablement signifier une période dure à vivre pour les Iraniens à court terme, mais elle va alimenter les oppositions internes et favoriser à terme l’éclatement du régime, estiment des opposants de tous bords interrogés par l’AFP. « Nous sommes vraiment contents, c’est une très bonne chose pour l’opposition à la République islamique », a déclaré à Los Angeles Roozbeh Farhanipour, 33 ans, un militant du groupe politique laïc Marzepour Gohar, qui avait appelé au boycott du scrutin. Cet ancien responsable étudiant, qui a fui l’Iran en 2000, estime qu’Ahmadinejad offre un « raccourci » à l’opposition dans la marche vers la « révolution » contre le régime. « J’espère que c’est le dernier président de la République islamique », a-t-il ajouté.
D’autres opposants iraniens interrogés par l’AFP en Californie, où vivent un grand nombre des 400 000 à 600 000 Iraniens exilés aux États-Unis, partagent ce point de vue, malgré leurs profondes divisions sur d’autres sujets. « Avec ce type, le monde et l’Iran vont très vite aller au fond des choses », a déclaré Bihan Mehr, 46 ans, du parti libéral Jebhe Melli, vivant en exil depuis le départ du chah en 1979. « Les électeurs ont fait le bon choix pour l’opposition », a-t-il souligné, en affirmant qu’une élection de Rafsandjani, qui s’attachait à présenter un visage plus modéré, n’aurait fait que prolonger la durée du régime islamique. « Avec Ahmadinejad, on ne trompe plus personne. Je pense que cela a accéléré le processus de reconnaissance de la brutalité du régime et de son incompétence », a ajouté M. Mehr.
Même du côté des monarchistes, un proche du fils de Reza Pahlavi, le fils du dernier chah, s’est dit surpris, mais très satisfait du résultat de l’élection.
L’autre candidat au deuxième tour, « Rasfandjani aurait trompé le monde sur ce qu’il est réellement. Ahmadinejad, lui, est bien ce qu’il paraît. C’est bon pour le long terme, mais mauvais pour le court terme », a-t-il ajouté en requérant l’anonymat. Il estime lui aussi que l’opposition « doit s’unir et s’organiser dans et hors de l’Iran ».
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