Pas facile de s’y reconnaître en parlant de Dima al-Joundi. Pas seulement quant à sa personnalité (encore que…), mais pour ce qui est de la multiplicité de ses fonctions. Avec toutefois un dénominateur commun: le cinéma. Ce qui éclaire les choses, sans vraiment les arranger. Procédons par ordre.
Née au Liban en 1966, elle est binationale (libano-française). Elle a fait ses études au Liban et en Belgique (diplômes de script et de montage). Le cinéma l’a tout de suite attirée. C’est en 1997 qu’elle a fondé (à Beyrouth) sa propre maison de distribution, Crystal Films [1], « pour promouvoir le cinéma européen/méditerranéen au Liban et au Proche-Orient ». C’est de là que date sa collaboration avec le programme « Europa-Cinéma » d’Euromed [2]. Une initiative alors concrétisée dans la distribution de nombreux films au Proche-Orient : ainsi on peut voir dans la salle Six du circuit Empire le beau film (à succès) de Ziad Doueiri, West Beyrouth (1998).
Parallèlement, Dima al-Joundi était passée derrière la caméra, réalisant, entre autres, des documentaires et des téléfilms. Au niveau de la production, elle s’était occupée du long-métrage de Borhane Alaouié, al-Harami, une coproduction libano-belgo-française. Suivit une période « festivalière » : directrice du festival itinérant « Ciné-Caravane » au Liban, Festival international de Beyrouth et on en passe… Actuellement, Dima al-Joundi est coproductrice de trois longs-métrages à réaliser entre le Liban et l’Europe. Elle avait aussi donné des cours à l’Alba et à l’Iesav.
La dimension Euromed
L’Euromed est l’Agence de l’Union européenne regroupant les pays de l’UE et ceux du Sud de la Méditerranée. Avec, comme missions principales, entre autres, au plan culturel, la promotion et la distribution des films, la formation aux métiers du cinéma, le combat contre le piratage régional (une illusion ?!), sans oublier la restauration d’archives. Notons ici que Dima al-Joundi – qui vient de rentrer d’une réunion, à Paris, du jury de l’Agence intergouvernementale de la francophonie – assure, jusqu’à la fin de cette année, la présidence de la Commission de l’Agence.
À propos du fonds de soutien (financier) de l’agence, précisons qu’il concerne les films des pays dits du « Sud » (Liban, Égypte, Maroc et Tunisie). Les nouveaux films de Ghassan Salhab et Philippe Aractingi devraient en bénéficier.
Pour terminer, relevons le tout nouveau projet de Dima al-Joundi : une « Ciné-Caravane » itinéraire, destinée au Liban, au Maroc et à l’Égypte plus (Ô Méditerranée !) la région Provence-Côte d’Azur.
Tout cela fait un peu désordre? On le reconnaît. Mais le cinéma – en particulier chez nous – n’a jamais fait bon ménage avec l’ordre et la logique. L’essentiel est que tournent les caméras.
J.-P. GOUX-PELLETAN
[1] : dernier film présenté: Les Dalton, de Philippe Haim.
[2] : une activité suspendue – ce qu’on peut regretter.
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Née au Liban en 1966, elle est binationale (libano-française). Elle a fait ses études au Liban et en Belgique (diplômes de script et de montage). Le cinéma l’a tout de suite attirée. C’est en 1997 qu’elle a fondé (à Beyrouth) sa propre maison de distribution, Crystal Films [1], « pour promouvoir le cinéma européen/méditerranéen au Liban et au Proche-Orient ». C’est de là que date sa collaboration avec le programme « Europa-Cinéma » d’Euromed [2]. Une initiative alors concrétisée dans la distribution de...