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Spéculations La frénésie boursière s’empare de l’Arabie saoudite

Pris d’une véritable frénésie boursière, les Saoudiens et les résidents étrangers du royaume achètent à tour de bras les actions des sociétés cotées à la Bourse de Ryad, la plus importante du monde arabe, dont la valeur ne cesse de s’accroître. Certains liquident carrément leurs affaires afin de pouvoir acheter des actions, et les rebondissements de la Bourse alimentent toutes les discussions en ville. Ce véritable phénomène national a créé son propre jargon, avec l’apparition du terme « amour », du nom d’un gros poisson qui manipulerait le marché pour avaler les petits. « Si la nation islamique s’en était tenue à la véritable signification d’une économie islamique, elle n’aurait pas dévié de la juste voie et couru après des leurres financiers en se précipitant sur les soi-disant marchés boursiers », a déclaré l’imam de la Grande Mosquée de La Mecque, cheikh Saoud al-Chraim, lors d’une récente prière hebdomadaire du vendredi. L’expert boursier Khaled al-Johar explique cet engouement par trois facteurs : la vigueur de l’économie due aux prix du brut, qui ont atteint des niveaux records, les faibles taux d’intérêt, qui encouragent l’emprunt, et les facilités offertes par les banques pour les transactions, la Bourse n’opérant que par des échanges interbancaires. La fièvre boursière peut aussi s’expliquer par l’absence de perspectives d’investissements et la « prise de conscience croissante » des profits potentiels qu’offre le marché boursier, a encore déclaré M. Johar. Seuls les Saoudiens et les ressortissants des autres monarchies arabes du Golfe peuvent acheter et vendre des actions directement sur le marché boursier saoudien, les autres résidents étrangers devant passer par des fonds d’investissements. L’indice du marché Tadawul All-Shares (TASI), qui avait débuté l’année 2004 à 4 450 points, atteignait en fin d’année 8 206 points. Il a franchi le seuil psychologique des 10 000 points en mars et atteint en début de semaine un nouveau record historique supérieur à 12 800 points. La capitalisation du marché, qui était d’environ 140 milliards de dollars au début de 2004, a plus que triplé depuis lors pour atteindre quelque 460 milliards de dollars. La valeur des transactions tourne chaque jour autour de 5,9 milliards de dollars. M. Johar a indiqué que plus de 8 millions de personnes avaient souscrit en février au capital d’une nouvelle banque, Albilad Bank, ce qui montre, selon lui, que les gens sont à l’affût de la moindre opportunité d’investissement.

Pris d’une véritable frénésie boursière, les Saoudiens et les résidents étrangers du royaume achètent à tour de bras les actions des sociétés cotées à la Bourse de Ryad, la plus importante du monde arabe, dont la valeur ne cesse de s’accroître.
Certains liquident carrément leurs affaires afin de pouvoir acheter des actions, et les rebondissements de la Bourse alimentent toutes les discussions en ville.
Ce véritable phénomène national a créé son propre jargon, avec l’apparition du terme « amour », du nom d’un gros poisson qui manipulerait le marché pour avaler les petits.
« Si la nation islamique s’en était tenue à la véritable signification d’une économie islamique, elle n’aurait pas dévié de la juste voie et couru après des leurres financiers en se précipitant sur les soi-disant marchés...