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Actualités - Chronologie

Ouzbékistan Campagne de propagande anti-islamiste après le drame d’Andijan

Les journaux ouzbeks dénoncent « la désinformation » des médias étrangers sur Andijan, la télévision diffuse des « interviews-confessions » des rebelles qui assurent avoir été induits en erreur par les islamistes, et les habitants de la vallée de Ferghana, encore sous le choc un mois après le drame, ont peur et se taisent. Alors que le pouvoir ouzbek contre-attaque avec une propagande dans le style soviétique, des arrestations de représentants de l’opposition ouzbeke dans la vallée de Ferghana après l’insurrection d’Andijan ont semé la peur parmi la population. Les gens évitent tout contact avec les journalistes. « Les souvenirs d’Andijan sont encore vifs, mais les gens ont peur d’en parler, ils craignent des persécutions », confie une habitante de Ferghana, sous couvert d’anonymat. Le 13 mai, le fils de sa voisine qui habitait à Andijan est allé acheter du pain, et il n’est jamais revenu. Père de trois enfants, il a été tué. « Je ne pense pas que c’étaient des islamistes qui tiraient sur la foule. L’ordre (de tirer) venait du pouvoir », estime cette femme, d’une quarantaine d’années. « Nous ne pourrons plus jamais vivre comme avant », ajoute-t-elle à mi-voix, alors qu’à la télévision, la présentatrice du journal de la première chaîne ouzbeke rapporte, entre deux reportages sur les succès de la récolte : « La majorité de ceux qui ont participé aux événements d’Andijan étaient des jeunes gens tombés sous l’influence des islamistes. » La chaîne montre ensuite les interviews de deux hommes arrêtés par la police après l’insurrection, puis relâchés parce qu’ils ont « compris leur erreur » et « regrettent », les larmes aux yeux, leur participation à la rébellion. « Ces événements ne doivent jamais se répéter », commente l’auteur du reportage. « De nombreux médias étrangers publient des informations mensongères affirmant que (...) les militaires ont ouvert le feu sur des manifestants civils », écrit le quotidien Pravda Vostoka. L’administration de la région de Ferghana a lancé une campagne anti-islamiste auprès de la population. « Nous expliquons aux gens le danger des mouvements islamistes, la différence entre l’islam traditionnel et l’islam radical », affirme un responsable local. « La majorité de la population a très peu d’informations sur ce qui s’est passé à Andijan. Beaucoup croient la propagande officielle », estime Toukhtasyn Alidjonov, responsable du parti d’opposition démocratique Erk (Liberté) à Ferghana.
Les journaux ouzbeks dénoncent « la désinformation » des médias étrangers sur Andijan, la télévision diffuse des « interviews-confessions » des rebelles qui assurent avoir été induits en erreur par les islamistes, et les habitants de la vallée de Ferghana, encore sous le choc un mois après le drame, ont peur et se taisent.
Alors que le pouvoir ouzbek contre-attaque avec une propagande dans le style soviétique, des arrestations de représentants de l’opposition ouzbeke dans la vallée de Ferghana après l’insurrection d’Andijan ont semé la peur parmi la population. Les gens évitent tout contact avec les journalistes. « Les souvenirs d’Andijan sont encore vifs, mais les gens ont peur d’en parler, ils craignent des persécutions », confie une habitante de Ferghana, sous couvert d’anonymat. Le 13 mai, le fils...