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Actualités - Chronologie

Présidentielle iranienne Le gouvernement multiplie les appels à la non-ingérence militaire

Le gouvernement iranien a multiplié ces derniers jours les mises en garde contre de mystérieux plans d’ingérence militaire dans l’élection présidentielle du 17 juin. « Dans certains corps militaires, on mène des actions très développées et très organisées autour de la présidentielle », a déclaré hier Jahanbakhsh Khanjani, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, chargé d’organiser le scrutin. « On discerne, derrière ces préparatifs, des relents d’intervention militaire dans l’élection », a-t-il ajouté. Le porte-parole a parlé de cryptiques plans « 1 + 10 » et « 1 + 20 ». Il ne s’agit pas du nom de code d’un opération armée. Mais, selon une source proche de l’organisation de l’élection, des militaires auraient reçu l’ordre de convaincre chacun dix ou vingt électeurs pour voter pour un des candidats. Cette source n’a pas dit à quel candidat elle pensait. Il y en a parmi les huit prétendants à la présidence certains qui paraissent plus susceptibles de rallier les suffrages des forces de sécurité. Quatre d’entre eux, les ultraconservateurs Mahmoud Ahmadinejad, Ali Larijani, Mohammed Baqer Qalibaf et Mohsen Rezaie, sont d’anciens officiers des Gardiens de la révolution, l’armée idéologique du régime. Cette ancienne appartenance est devenue un repoussoir utilisé par leurs adversaires qui jouent de la peur d’une militarisation du régime. L’entourage de l’ancien président Akbar Hachémi Rafsandjani en particulier le pose en rempart contre cette militarisation. Mais l’inquiétude immédiate est surtout suscitée par des pratiques prêtées à certains membres des forces de sécurité. Le ministre de l’Intérieur Abdolvahed Moussavi Lari a appelé à deux reprises les forces militaires à rester à l’écart de la présidentielle. Avant lui, c’est le président Mohammed Khatami en personne qui, parmi cinq directives aux organes et responsables concernés par une élection « saine », a demandé à l’armée, à la police et aux milices de se garder de toute intervention. La loi interdit toute participation des forces armées à la campagne. M. Qalibaf a ainsi démissionné de la tête de la police pour concourir. Mais personne encore n’a explicité publiquement quelles pratiques seraient en cause. Le ministre de l’Intérieur s’est contenté de fournir une vague indication en soulignant que les soldats et les policiers sont interdits de participer aux commissions électorales et à la campagne des candidats et de représenter ces derniers dans les bureaux de vote. Il adressait son appel le plus récent au bassidj, la milice islamiste. Le porte-parole de l’un des piliers institutionnels du régime, l’ultraconservateur Conseil des gardiens, a cependant réfuté toute immixtion. Les corps militaires se sont, eux, constamment défendus de toute ingérence. Enfin, le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a assuré hier ne soutenir aucun des huit candidats à la présidentielle, selon l’agence estudiantine Isna.
Le gouvernement iranien a multiplié ces derniers jours les mises en garde contre de mystérieux plans d’ingérence militaire dans l’élection présidentielle du 17 juin.
« Dans certains corps militaires, on mène des actions très développées et très organisées autour de la présidentielle », a déclaré hier Jahanbakhsh Khanjani, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, chargé d’organiser le scrutin. « On discerne, derrière ces préparatifs, des relents d’intervention militaire dans l’élection », a-t-il ajouté.
Le porte-parole a parlé de cryptiques plans « 1 + 10 » et « 1 + 20 ». Il ne s’agit pas du nom de code d’un opération armée. Mais, selon une source proche de l’organisation de l’élection, des militaires auraient reçu l’ordre de convaincre chacun dix ou vingt électeurs pour voter...