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Actualités - Reportage

Mesdames les ambassadeurs Nengcha Lhouvum: «Le passé ne m’intéresse pas!»(photo)

Elles ont choisi de conjuguer le titre d’ambassadeur à tous les temps du plus-que-parfait. Mesdames les ambassadeurs, femmes, épouses et souvent mères, portent avec élégance et séduction une fonction qui leur va comme un gant. Mêlant à la fois savoir-faire et douceur, autorité et diplomatie, sans jamais rien perdre de leur charme naturel. Égales aux hommes, mais avec ce détail qui change, elles sont les parfaites ambassadrices de leur État. Aujourd’hui, c’est avec Nengcha Lhouvum, ambassadrice d’Inde au Liban, que nous allons clôturer cette rubrique. Rien, ici, dans ces locaux vieillis par trop de temps passé, dépassé, ne rappelle les magnifiques couleurs de l’Inde, qui semblent s’être fanées, comme oubliées. Rien, pas même son ambassadrice, Nengcha Lhouvum, aux traits tellement asiatiques, qui précise, donnant, conformément à son image, un coup de jeune aux lieux : « Nous allons très bientôt déménager. » Et notre hôte de confirmer en souriant, une grande carte du monde à l’appui : «Je viens de Manipur, à l’Est. Nous avons tous, natifs de cette région très orientale, les traits plutôt asiatiques.» Et la conversation de se diriger directement sur l’immensité de ce pays étrange, à la fois fascinant et dérangeant. «Le voyage en Inde est une puissante expérience, qui n’est pas toujours facile. On ne sait pas trop à quoi s’attendre en y allant. Et puis, c’est le choc. Il faut essayer d’en retenir le meilleur.» Et le meilleur, pour beaucoup, c’est cette expérience visuelle et spirituelle, une misère aux parfums et aux couleurs qui font tourner la tête jusqu’à en perdre ses propres repères. C’est aussi Gandhi qui demeure, dans l’esprit de tous, une icône. «Il est un exemple vivant. Presque inconsciemment, il y a toujours un événement, une occasion pour que le peuple et le monde s’y réfèrent encore aujourd’hui, et le découvre sous un angle différent.» Une mission qui vient de commencer « Je suis arrivée au lendemain de la démission du président Karamé, raconte Nengcha Lhouvum, qui vient de recevoir ses lettres de créance des mains du président Lahoud. L’apprentissage est intense, nous suivons les développements au quotidien ! Mon devoir est de rapporter ce que je vois, de la manière dont je le perçois. » Débarquée avec ses deux enfants, Maya, 16 ans et Mihir, 13 ans, elle a, d’un consentement mutuel, abandonné provisoirement son époux, Gauram Mukhopadhaya, qui vient d’être nommé… ambassadeur de Syrie. « Nous avons demandé ce poste pour ne pas être trop loin l’un de l’autre. » Séparés pour la première fois, ils avaient jusque-là, et depuis 1985, date de leur mariage, réussi à mener une carrière diplomatique en duo. «Le gouvernement indien encourage ce genre de situation.» C’est en célibataire qu’elle va d’abord passer deux années au Mexique, «J’y étais là-bas, à la fois en tant que second secrétaire à l’ambassade et envoyée en stage pour apprendre la langue»; puis au Bangladesh, un séjour qu’elle va interrompre pour courir se marier à Paris, où son futur époux était en poste. « Ce fut un mariage transcontinental ! » En 1986, ils iront ensemble à Cuba, où la jeune épouse est premier secrétaire. « J’en garde un souvenir heureux. Les gens sont fabuleux, les artistes très talentueux ; ma maison est pleine d’affaires ramenées de là-bas.» Sa maison se trouve à New Dehli qu’elle a rejointe en 1989 pour six années. « Ce n’est pas très habituel de revenir au pays pour une si longue période, mais nous voulions que les enfants passent les premières années de leur vie au pays et y apprennent la base. » En 1996, elle sera nommée consul adjoint à New York. « On emporte des objets qui peuvent paraître insignifiants mais qui ont leur importance. On ne se sent installé que quand on les a autour de soi. Je ne suis pas une personne compliquée, poursuit-elle, avec ce même grand sourire qui illumine son visage. J’aime trouver des solutions rapides, sans me poser trop de questions, car trois ans, c’est court. Je veux avancer tout en étant consciente de mes possibilités et de mes limites. » Très passionnée par tous les aspects du service public, elle affirme : « Si je ne m’étais pas engagée dans la diplomatie, l’économie ou la police m’auraient également intéressée.» Et de citer l’exemple d’une compatriote, Kiran Bedi, aujourd’hui élevée au rang de héroïne nationale, qui a réussi, en étant que directrice de prison, à aider les condamnés à travailler, les femmes à avoir des enfants, leur créant des crèches et leur permettant de vivre dans des conditions plus nobles. «J’aurais bien aimé faire quelque chose dans ce sens», poursuit Nengcha Lhouvum. Alliant avec un parfait équilibre et un certain humour sa vie professionnelle et familiale, «Les meilleurs moments pour pouvoir dialoguer avec mon mari se passaient en voiture, lorsque nous allions au travail!», elle ne se perd toujours pas dans des détails inutiles. «Mes enfants sont habitués à bouger et sont très bien adaptés. Je sais que c’est parfois difficile pour eux, mais ils absorbent bien les problèmes. Moi, je me perds dans mon travail. Les responsabilités sont énormes, il faut les assumer, même si nous ne sommes pas directement responsables de tous les détails. Je sais que le plus important est de réussir à embarquer tous mes collaborateurs avec moi. Être une source d’inspiration, un exemple.» Encore «épargnée» par les contraintes sociales, «On me dit que la saison des festivités n’a pas vraiment commencé», elle précise enfin, avec beaucoup de simplicité: «Certains privilèges sont là, je ne vais pas m’en plaindre. Je suis quelqu’un de très réaliste, je peux vivre sans.» Mais c’est tellement mieux avec… Carla HENOUD

Elles ont choisi de conjuguer le titre d’ambassadeur à tous les temps du plus-que-parfait. Mesdames les ambassadeurs, femmes, épouses et souvent mères, portent avec élégance et séduction une fonction qui leur va comme un gant. Mêlant à la fois savoir-faire et douceur, autorité et diplomatie, sans jamais rien perdre de leur charme naturel. Égales aux hommes, mais avec ce détail qui change, elles sont les parfaites ambassadrices de leur État. Aujourd’hui, c’est avec Nengcha Lhouvum, ambassadrice d’Inde au Liban, que nous allons clôturer cette rubrique.

Rien, ici, dans ces locaux vieillis par trop de temps passé, dépassé, ne rappelle les magnifiques couleurs de l’Inde, qui semblent s’être fanées, comme oubliées. Rien, pas même son ambassadrice, Nengcha Lhouvum, aux traits tellement asiatiques, qui...