Boeing a conforté cette semaine l’avance prise depuis le début de l’année sur son grand rival européen Airbus, en Asie, la région la plus dynamique du transport aérien mondial, où les deux géants aéronautiques se battent pied à pied.
Le constructeur américain a signé avant-hier un nouveau contrat de près de 4 milliards de dollars avec la plus grande compagnie aérienne indonésienne à bas prix, Lion Mentari, pour 60 exemplaires de son 737 monocouloir.
La veille, il avait vendu 25 exemplaires de la même famille à une société de leasing de Singapour.
Et d’égrener les contrats signés avec Air India, Korean Airlines, China Southern Airlines et sa filiale Xiamen Airlines tout comme les deux grandes compagnies japonaises All Nippon Airways et Japan Airlines.
À l’horizon 2023, la région Asie-Pacifique devrait représenter 31 % du trafic mondial contre 25 % actuellement, la part de l’Europe stagnant à 32 % sur la même période et celle de l’Amérique du Nord reculant de 33 à 26 %, selon les prévisions d’Airbus.
EADS, la maison mère d’Airbus estime, que les compagnies aériennes de la région Asie-Pacifique vont commander quelque 4 000 appareils commerciaux, dont 2 100 gros-porteurs, d’ici à 20 ans. Les compagnies à bas prix devraient tout particulièrement tirer le marché.
Boeing a indiqué avant-hier avoir remporté 218 nouvelles commandes en Asie cette année, plus qu’Airbus.
Si cette tendance se poursuivait jusqu’à la fin de l’année, le groupe américain ferait mieux que son rival après avoir été dominé dans la région pendant ces 4 dernières années.
Le 28 janvier, six compagnies chinoises ont passé une commande préliminaire, estimée à 7,2 milliards de dollars au prix catalogue, pour 60 exemplaires du dernier-né de Boeing, le 787 « Dreamliner », un avion superéconomique en carburant qui doit prendre du service en 2008 et sur lequel le constructeur américain a parié gros.
Le japonais All Nippon Airways était d’ailleurs devenu la compagnie de lancement de l’avion avec une commande de 50 exemplaires en 2004.
En avril, c’est Air India qui avait passé commande de 50 Boeing, dont 27 futurs « Dreamliner », pour près de 7 milliards de dollars, après une année d’intense lobbying de la part d’Airbus.
Ce dernier avait d’ailleurs protesté de manière véhémente et demandé une réévaluation et un nouvel appel d’offres.
Airbus se bat pied à pied dans la région et avait affirmé début avril qu’un afflux de commandes en provenance d’Asie lui avait permis d’enregistrer 123 commandes fermes dans le monde au 1er trimestre 2005.
L’Asie-Pacifique n’est qu’un des champs de bataille sur lequel les deux groupes s’affrontent sans répit et sur l’ensemble de 2005, Airbus, qui table sur 350 à 360 livraisons d’appareils dans le monde, devrait encore une fois dépasser Boeing, qui pour l’heure continue de prévoir la livraison de 285 avions commerciaux.
L’Allemand Gustav Humbert
choisi à la tête d’Airbus
Les actionnaires français et allemands d’EADS se sont mis d’accord sur l’essentiel de la future direction du groupe, avec notamment la nomination de l’Allemand Gustav Humbert à la tête d’Airbus attendue mercredi, a affirmé hier le Handelsblatt.
« Les décisions de personnel les plus importantes sont bouclées », a indiqué au quotidien économique une source allemande proche des négociations.
Les actionnaires se seraient toutefois entendus pour ne les annoncer qu’après le référendum de dimanche en France sur la Constitution européenne.
Le Français Fabrice Brégier, actuel patron d’Eurocopter et dont le nom avait été avancé pour succéder à M. Forgeard, devrait, lui, diriger dorénavant la branche « Aeronautics ».
Cela devrait parallèlement débloquer la situation au sommet d’EADS, dont le dernier conseil d’administration n’avait pas pu entériner les nominations des deux coprésidents, Noël Forgeard et l’Allemand Thomas Enders, faute d’accord sur la direction d’Airbus, société phare du groupe. DaimlerChrysler, actionnaire à 30 % d’EADS, n’avait pas accepté que M. Forgeard cumule, même provisoirement, ses nouvelles fonctions à la coprésidence d’EADS avec la présidence d’Airbus.
L’autre gros bloc d’actionnaires réunit le groupe français Lagardère et l’État français, avec chacun 15 %.
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Le constructeur américain a signé avant-hier un nouveau contrat de près de 4 milliards de dollars avec la plus grande compagnie aérienne indonésienne à bas prix, Lion Mentari, pour 60 exemplaires de son 737 monocouloir.
La veille, il avait vendu 25 exemplaires de la même famille à une société de leasing de Singapour.
Et d’égrener les contrats signés avec Air India, Korean Airlines, China Southern Airlines et sa filiale Xiamen Airlines tout comme les deux grandes compagnies japonaises All Nippon Airways et Japan Airlines.
À l’horizon 2023, la région Asie-Pacifique devrait...