Rencontre et amitié improbables, en 1942 dans la touffeur aride du Sertao, entre un Brésilien en quête d’un avenir meilleur et un jeune Allemand ayant refusé la guerre : le film qui a remporté le prix de l’Éducation nationale 2005 est ambitieux, loin du conventionnel.
Cinéma, aspirines et vautours (cinema, aspirinas e urubus), premier long métrage du Brésilien Marcelo Gomes, qu’un jury mixte d’enseignants et de professionnels a choisi parmi les 43 films de la sélection officielle du Festival de Cannes, est maintenant en salles.
Présenté en conférence de presse par le ministère de l’Éducation, ce film a été diffusé en présence du réalisateur, lui-même originaire du Nordeste brésilien, ce Sertao qui n’a guère changé depuis 1942, toujours blanc de sécheresse, pauvre à l’extrême.
Marcelo Gomes s’est inspiré des souvenirs racontés par son grand-oncle, le Ranulpho du film. « Histoire véridique mais histoire aussi de mon regard personnel sur le Sertao et volonté de croiser le regard de personnages si différents mais qui savent se rejoindre », a dit celui qui a mis sept ans à porter son œuvre, entre document et road-movie.
Ranulpho et le jeune Allemand, Johann, celui qui a fui la guerre en Europe, sillonnent les pistes en camion et de village en village projettent des films publicitaires pour vendre aux paysans de l’aspirine et leur faire connaître la magie des images. La guerre rattrapera le Brésil. Johann choisira de partir sans bagages en Amazonie saigner l’hévéa et Ranulpho décidera de se colleter à la réalité.
« Nous avons eu le coup de cœur. Nous avons été touchés par cette expérience humaniste, porteuse d’espoir », a déclaré la porte-parole du jury, Dolores Pigeon, professeur de français à Douai.
Depuis trois ans que le prix existe, il distingue un film « pour ses qualités artistiques, sa dimension culturelle et sociale et son impact pédagogique ». En 2003, ce fut Elephant de Gus van Sant, par ailleurs Palme d’or du festival. En 2004, le prix est revenu à La vie est un miracle de Emir Kusturica.
« Nous avons aimé sa facture, son refus des clichés. Nous avons pensé que ce chemin initiatique pourra aider les élèves à grandir », a ajouté Dolores Pigeon, évoquant l’utilisation en classe qui en sera faite (DVD pédagogique comprenant un dossier pour le film de Marcelo Gomes comme pour les deux précédents).
« Nous pourrons nous en servir pour expliquer l’histoire de cette époque, la géographie brésilienne mais aussi les relations Nord-Sud, les problèmes de pauvreté et surtout l’apprentissage de l’autre dans sa différence et la prise de conscience de l’humanisme », a-t-elle souligné.
Le jury, enfin, a choisi de mettre en valeur un « cinéma rare », un « film que les jeunes n’iront pas voir naturellement, attirés par une promotion médiatique, un film à faire connaître », a-t-il expliqué.
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Cinéma, aspirines et vautours (cinema, aspirinas e urubus), premier long métrage du Brésilien Marcelo Gomes, qu’un jury mixte d’enseignants et de professionnels a choisi parmi les 43 films de la sélection officielle du Festival de Cannes, est maintenant en salles.
Présenté en conférence de presse par le ministère de l’Éducation, ce film a été diffusé en présence du réalisateur, lui-même originaire du Nordeste brésilien, ce Sertao qui n’a guère changé depuis 1942, toujours blanc de sécheresse, pauvre à l’extrême.
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