Les sorties de la semaine
À voir absolument kkk À voir kk
À voir à la rigueur k Mauvais l Pas vu n
k Hostage
de Florent Siri
Hostage est l’adaptation du roman Otages de la peur de Robert Crais. Ce dernier a d’ailleurs participé à l’écriture du scénario du film en compagnie de Doug Richardson. Le cinéaste Florent Siri (Nid de guêpes) est le deuxième français à diriger Bruce Willis dans une grosse production après Luc Besson pour Le cinquième élément.
Un film de commande donc pour le réalisateur qui, en bon élève, a su intégrer des éléments typiques des films d’action hollywoodiens: violence, incendie, inondation, explosion, coups de feu, sang, morts et méchants très méchants. Les clichés sont également au rendez-vous : flic en quête de rédemption, gamin futé, cas social, jeunesse en perdition, etc.
Cette grande machine familière reste néanmoins bien huilée et tient en haleine. Cela repose surtout sur la mise en scène corsée et rythmée. Le film est effectivement construit autour de la dynamique de la série télévisée à succès, 24: l’action se déroule en temps réel (cela ayant pour but de renforcer la tension), des histoires parallèles viennent ponctuer le film et multiples rebondissements empêchent l’audience de s’assoupir.
Le cinéaste ne se casse pas vraiment la tête et choisit de tout miser sur la facilité et les éléments qui assurent la réussite du film : il crée le sentiment d’oppression grâce au huis clos (la majeure partie du film se déroule dans une maison), et le sentiment de peur et de malaise grâce à l’obscurité, au caractère intemporel de la nuit.
En résumé, un film bien goupillé, malgré un manque certain d’originalité.
Concorde, Abraj, Zouk
n The Interpreter
de sydney Pollack
Avant de donner une critique approfondie de The Interpreter dans la page cinéma de la semaine prochaine, revenons sur certains éléments intéressants du film.
Il s’agit effectivement du premier film de l’histoire du cinéma à avoir été tourné au siège de l’Onu à New York. Alors qu’Alfred Hitchcock n’avait pas réussi à obtenir l’autorisation pour North by Northwest (1959), Sydney Pollack est parvenu à convaincre le sous-secrétaire général pour la Commission et l’Information publique.
The Interpreter se présente comme un thriller politique. Le cinéaste a souvent abordé ce genre cinématographique en mettant en jeu de puissantes organisations, comme la CIA dans The Three Days of the Condor, les médias dans Absence of Malice ou encore une grosse compagnie dans The Firm. Son dernier long-métrage suit Silvia Broome, une interprète de l’Onu qui a vent d’un complot visant à assassiner un chef d’État africain. Traquée par des tueurs, elle est placée sous la protection d’un agent fédéral qui la pense elle-même impliquée dans l’histoire.
Pollack, loin d’être novice en matière de suspense, nous présente là une histoire plus que prenante. À noter que le film est passé en tête du box-office américain avec 22,8 millions de dollars de recettes pour son premier week-end en salles.
Le réalisateur s’est également entouré d’une belle brochette d’acteurs, entre autres Nicole Kidman et Sean Penn. Une surprise au générique: la présence d’Yvan Attal. Après son épouse Charlotte Gainsbourg dans 21 Grams, c’est à son tour de donner la réplique à Sean Penn. C’est effectivement la première fois que l’acteur français joue dans un film américain.
Paranoïa, conspiration, suspense, rebondissements et acteurs de talents… Que de bons arguments.
La critique du film sera disponible la semaine prochaine.
Kaslik, Freeway, Circuit Empire-sauf Sofil
Sorties prévues pour le jeudi 2/06 (sous réserves):
– Woodsman, de Nicole Kassell, avec Kevin Bacon et Kyra Sedgwick.
– The Perfect Score, de Brian Robbins, avec Erika Christensen, Chris Evans et Scarlett Johansson.
– The Amityville Horror, d’Andrew Douglas, avec Ryan Reynlods.
Paroles dE cinéma
Caméra rapprochée
Willis et le cinéma
Surprenante, bizarre et curieuse carrière que celle de Bruce Willis. Voilà un acteur qui, au fil des ans, a empilé quantité de films, qui a connu des hops, des downs et dont le statut de star n’a pas empêché une certaine traversée du désert. Commençons par le commencement. Qui dit Bruce Willis, dit films d’action. Dès ses débuts, le comédien cartonne dans le registre bang-bang : Die Hard 1 et 2, Die Hard with a Vengeance. Quitte à faire dans l’action autant avoir le bon rôle, se dit Willis. Il devient alors le grand sauveur de la planète, l’homme de la situation et le héros par excellence grâce à trois grosses productions : 12 Monkeys, The Fifth Element et Armageddon. Il prend cependant le risque de toucher à d’autres styles, notamment des films plus intimistes tels que In Country et The Player. Et comme les meilleures choses ont une fin, sa carrière bat de l’aile. Willis se trouve alors au creux de la vague. Merci à Tarantino qui, grâce à Pulp Fiction, sauve deux acteurs de la dérive, Willis et Travolta.
Influencé par les critiques de cinéma, qui le réduisent à l’étiquette de mec musclé, le public oublie que Willis est également capable de défendre honnêtement des rôles plus psychologiques : The Sixth Sense et Unbreakable. S’il revient cette semaine dans un film d’action, son actualité compte une participation dans un genre cinématographique encore inconnu pour l’acteur: un rôle dans l’adaptation de la BD Sin City.
D. D.
Courrier
A, comme action
Que ce soit en perpétuant des clichés ou en découvrant des trucages originaux, les films d’action n’ont pas cessé d’attirer tout un public assoiffé de revolvers et d’explosions. Courses de voitures faisant monter l’adrénaline ou violence paroxystique, de Bonnie and Clyde à Leathel Weapon, en passant par Bullitt et Dirty Harry, le policier est un genre qui, même en se répétant et en utilisant des clichés, arrive toujours à faire de bonnes recettes au box-office partout dans le monde. Si, dans l’ancien temps, The Big Sleep et The Godfather étaient considérés comme des chefs-d’œuvre, aujourd’hui Bruce Willis et Vin Diesel sont les icônes des «classiques contemporains», l’un avec sa série Die Hard, l’autre avec son XXX. Peut-être c’est ce que demande paradoxalement le public d’aujourd’hui: un James Bond joué par un Pierce Brosnan qui fait rêver les filles, qui manipule des armes et des gadgets invraisemblables tout en conduisant une voiture roulant des millions de kilomètres à l’heure et qui fait l’amour aux plus belles femmes. Il me semble alors que les spectateurs ne veulent plus voir à l’écran des images puisées de leur propre vie et des histoires proches de leur réalité. Peut-être qu’on a oublié qu’il existe toujours certaines valeurs humaines qui, considérées aujourd’hui comme naïves et classiques, sont encore capables de nous transporter dans un autre monde fait de rêves, d’images et de poésie.
Élias Abou Charaf
En gros plan
Hollywood: crédit d’impôt
La leçon pourrait être à retenir. Modestement, et même très modestement, à l’échelle du Liban. On a appris que l’État de Californie a offert un crédit d’impôt à Hollywood... pour que Hollywood, justement, reste à Los Angeles. On s’explique, en commençant par parler chiffres, qui sont éloquents. Hollywood et New York représentent ensemble 70% de la production «films» américaine. Une industrie qui signifie, pour le seul État de Californie, 200000 emplois et une part de 30 milliards de dollars dans son économie. C’est pourquoi Hollywood doit, à tout prix, rester dans les faubourgs de LA! Y veillent le maire de la ville et le gouverneur de l’État (qui s’appelle d’ailleurs Arnold Schwarzenegger!). D’où allègements fiscaux et crédit d’impôt: pas question de délocalisation des tournages!
Nous avons parlé d’une leçon possible. Alors que la Fondation cinéma Liban vient de s’activer – dynamiquement – dans le cadre du Festival de Cannes, il conviendrait que les responsables libanais concernés envisagent des mesures pouvant aider au développement de notre industrie cinématographique. Et cela, à tous les plans. Bonnes intentions et discours ne suffisent pas. Il faut passer à l’action.
J.-P. GOUX-PELLETAN
Contacts: Société générale de presse et d’édition SAL, Kantari, imm. Kantari Corner. E-mail: redaction@lorientlejour.com (230 mots).
les ciné-clubs
Comandante
d’Oliver Stone (2003)
Comandante est un documentaire qui porte sur la rencontre entre le cinéaste américain Oliver Stone et le chef d’État cubain Fidel Castro.
Castro répond à nombreuses et diverses questions du réalisateur, notamment sur la crise des missiles, la torture, l’éducation, la dictature, la mort…
Stone est ultérieurement retourné à La Havane afin de tourner une suite, Looking for Fidel, une deuxième rencontre qui a eu lieu après la vague de répression du printemps 2003.
Ciné-club de l’Alba, vendredi 27 mai à 19h
Deux sœurs
de Kim Jee-woon (2003)
Dernier film du cycle « Inspirations coréennes ».
Deux sœurs appartient à cette nouvelle vague de films asiatiques qui se situent entre fantastique et horreur. Un des pionniers et principaux déclencheurs de ce courant fut le roman de Kôji Suzuki, Ringu, adapté avec succès au Japon par Hideo Nakata (Ring, 1998).
Le film est l’adaptation d’un conte populaire coréen intitulé Rose et fleur lotus. Ce récit fut créé par un conteur anonyme et transmis oralement au fil des siècles. La popularité de ce conte est telle que durant le XXe siècle, l’histoire fut adaptée à la télévision, sur scène et cinq fois au cinéma avant la version de Jee-woon.
Le cinéaste traite du dysfonctionnement familial à travers l’épouvante. Si les décors, l’atmosphère, les ambiances visuelles et sonores font naître l’adrénaline, le scénario imprévisible et des personnages à la psychologie insaisissable participent également à créer l’angoisse.
L’histoire : deux sœurs inséparables reviennent après une longue absence dans leur maison familiale isolée à la campagne. Elles sont accueillies par leur belle-mère qu’elles ne supportent pas. Des événements étranges se produisent. Complot ou présence surnaturelle ?
Avec Im Soo-jun, Moon Geun-Young et Yeom Jeong-a.
Auditorium de l’Esa, mardi 31 mai à 20h30
Les silences du palais
de Moufida Tlatli (1994)
Au mois de juin, le CCF présente le cycle « Au sud du cinéma ». Au programme : des films tirés de la Tunisie, de la Chine, du Maroc, du Sénégal et de l’Afrique du Sud.
Tunisie :
Le film a obtenu la Caméra d’or et la mention spéciale du jury au Festival de Cannes 1994, ainsi que le prix de la critique à Toronto.
Scripte, directrice de production, monteuse, avec son premier film, Tlatli a voulu raconter « l’histoire de celles qu’on appelait les colonisées des colonisés »: des femmes inférieures par naissance, des femmes nées pour servir les hommes.
L’histoire: à l’occasion de la mort du prince Sid’Ali, Alia, jeune chanteuse, replonge brusquement dans son passé et retourne visiter le palais de son enfance où elle est née d’une mère servante et d’un père inconnu.
Avec Sami Bouajila, Amel Hedhili et Hend Sabri.
CCF, salle Montaigne,
mercredi 1er juin à 19h15
DYMA DEMIRDJIAN
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