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Les bons comptes de nos parlementaires

Depuis quelque temps, les Libanais sont hantés par les élections législatives, à tel point qu’ils en oublient les 40 milliards de dollars d’une dette publique qui les écrase. Pire encore, ils ignorent ce que nous cache, derrière ses murs, le « Palais du peuple ». Le scandale des dépenses du parlement est un des multiples exemples qui saignent le Trésor public. Chaque député perçoit tous les mois la somme de 7 500 dollars, soit 90 000 dollars par an. Les 128 députés totalisent ainsi 11 520 000 dollars par an. En outre, les indemnités et les dépenses des anciens députés s’élèvent à un million de dollars par mois, soit 12 millions et quelque par an, ce qui fait un total de 23 550 000 $ par an. Quand un député n’est pas réélu, c’est qu’il a perdu la confiance de ses électeurs. Dans le « pays des merveilles », le mien, il est « récompensé » pour la vie ainsi que sa famille et même cette dernière après sa mort. Quel scandale, quand on pense que ces élus, ou ex, sont, pour la plupart, très aisés et continuent, en même temps, à exercer leurs professions libérales (médecin, ingénieur, avocat…). Eux légifèrent, pour eux-mêmes, et au nom du peuple ils nous saignent. Quand un député n’est pas réélu, en France, il a droit à une indemnité de 6 mois de salaire pour lui permettre de se reclasser. Les Libanais ne voient aucun inconvénient à venir en aide à un ancien député en difficulté ou à la veuve nécessiteuse d’un député décédé. Quant à gaver des oies grasses à craquer, nous disons au président de l’Assemblée nationale : halte à ces dépenses inutiles. Un professeur à l’Université libanaise passe quatre décennies de sa vie à enseigner, à préparer des cours et à courir après les étudiants. Son salaire mensuel en fin de carrière atteint à peine 300 dollars. Quant à ses indemnités, à l’âge de la retraite, elles sont d’à peine 200 000 dollars. Quelle différence y a-t-il entre un député élu pour deux mandats et un professeur qui consacre quarante ans de sa vie à la formation de notre jeunesse ? Je laisse au lecteur le soin de répondre à cette question. Le nombre de 128 députés est-il vraiment nécessaire pour la bonne marche de notre « démocratie ? » La France compte 60 millions d’habitants qui ont 577 députés qui les représentent, soit 1,4 député pour 600 000 Français. Le Liban compte 4 millions d’habitants et le nombre de ses députés est de 128, soit un heureux élu pour 32 000 habitants. Trente élus seraient amplement suffisants pour nous représenter. Plus leur nombre augmente, plus ils deviennent inutiles, nocifs et insupportables. La quantité n’a jamais eu le pas sur la qualité. Si la France devait suivre notre exemple, elle aurait 6 000 élus. Comme elle est en retard par rapport à notre « démocratie » ! Le président de notre Chambre devrait se déplacer en France et donner quelques conférences, dans l’enceinte de l’Assemblée nationale pour indiquer la voie à suivre et déplorer le retard qu’accuse la France par rapport à notre législation. Avons-nous vraiment besoin de ce nombre de députés assoiffés de pouvoir, d’argent et qui ne font que traire la vache à lait libanaise ? 23 550 000 dollars sont consacrés par an à ces messieurs, sans compter les dépenses pharaoniques que nécessitent leurs déplacements dans les plus grands palaces lors de leurs visites officielles – et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Quand l’un d’eux ou un membre de sa famille tombe malade, il est hospitalisé première classe, sans verser un centime aux hôpitaux. Quand un électeur indigent se présente à un hôpital pour être soigné, au compte du ministère de la Santé, il est refoulé. Messieurs les parlementaires, vous n’ignorez pas que nous sommes écrasés par 40 milliards de dollars de dette. Commencez donc par donner le bon exemple en légiférant contre vous-mêmes et en réduisant vos honoraires injustifiés. Réveillez-vous vite avant que les jeunes de la place des Martyrs n’occupent votre parlement et y plantent leurs tentes… Dr Zeidan KARAM
Depuis quelque temps, les Libanais sont hantés par les élections législatives, à tel point qu’ils en oublient les 40 milliards de dollars d’une dette publique qui les écrase. Pire encore, ils ignorent ce que nous cache, derrière ses murs, le « Palais du peuple ».
Le scandale des dépenses du parlement est un des multiples exemples qui saignent le Trésor public.
Chaque député perçoit tous les mois la somme de 7 500 dollars, soit 90 000 dollars par an. Les 128 députés totalisent ainsi 11 520 000 dollars par an.
En outre, les indemnités et les dépenses des anciens députés s’élèvent à un million de dollars par mois, soit 12 millions et quelque par an, ce qui fait un total de 23 550 000 $ par an.
Quand un député n’est pas réélu, c’est qu’il a perdu la confiance de ses électeurs. Dans le « pays des...