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Actualités - Opinion

Le forfait de la MTV oublié ?

La liberté d’opinion et d’expression est un des piliers de la démocratie. Depuis le mouvement du 14 mars, nous avons éprouvé un sentiment de libération et nous avons progressivement pratiqué notre droit de dire ce que nous estimons juste. Une réserve, cependant : préoccupés par les problèmes surgis à la suite de l’attentat contre le regretté président Hariri, nous n’avions plus présent à l’esprit l’un des méfaits les plus odieux du système : savoir la fermeture brutale de la station MTV. La façon d’exécuter ce forfait rappelle aux plus âgés d’entre nous les récits de leurs pères sur les exactions du pouvoir sous la dictature ottomane, notamment la période du sultan sanguinaire Abdel-Hamid, dit « le sultan rouge ». En effet, à Beyrouth, au début de ce troisième millénaire, un certain juge unique, qui n’a été saisi par aucune partie intéressée, ni par le ministère public, prononce inopinément, un beau jour, une sentence contre la station MTV, sans même daigner citer le propriétaire, accusé de soi-disant transgressions. Bien plus : la force publique, requise sur-le-champ, exécute ce jugement sans coup férir, de sorte que le propriétaire, voulant gagner son bureau l’après-midi, trouve les scellés apposés sur son bureau et les employés chassés de leurs postes. Les soutiens de 450 familles dans la rue! Les avocats de la victime exercent les voies de recours à tous les degrés de juridiction, mais se voient imperturbablement déboutés par des décisions dont les «motifs » feraient rougir même des magistrats en herbe. La cour constitutionnelle elle-même, qui avait été saisie d’une affaire étroitement liée à la fermeture de la MTV, a dû, pour satisfaire le pouvoir, se mouiller ouvertement ; et, après des « attendus » de 35 pages, émettre une sentence rejetant le recours qui lui était présenté. Or, si les préoccupations concernant les élections prochaines accaparent l’activité de la classe politique, il n’empêche que c’est justement aujourd’hui que le public a le plus besoin d’une chaîne de télévision indépendante et bien informée, comme la MTV, pour être éclairé dans cette phase cruciale où il doit choisir ses représentants. Il est donc de première urgence d’effacer, jusqu’à la trace, les odieuses décisions qui ont frappé la MTV avec un superbe mépris des principes fondamentaux de justice et d’équité. Albert SARA
La liberté d’opinion et d’expression est un des piliers de la démocratie. Depuis le mouvement du 14 mars, nous avons éprouvé un sentiment de libération et nous avons progressivement pratiqué notre droit de dire ce que nous estimons juste.
Une réserve, cependant : préoccupés par les problèmes surgis à la suite de l’attentat contre le regretté président Hariri, nous n’avions plus présent à l’esprit l’un des méfaits les plus odieux du système : savoir la fermeture brutale de la station MTV. La façon d’exécuter ce forfait rappelle aux plus âgés d’entre nous les récits de leurs pères sur les exactions du pouvoir sous la dictature ottomane, notamment la période du sultan sanguinaire Abdel-Hamid, dit « le sultan rouge ».
En effet, à Beyrouth, au début de ce troisième millénaire, un certain juge...