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Actualités - Chronologie

OMC Lamy va pouvoir tenter de renforcer une institution « médiévale »

La désignation de Pascal Lamy à la tête de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) présage d’un renforcement de l’institution multilatérale, à un moment crucial où elle va devoir conclure un cycle de libéralisation des échanges mondiaux, estiment des diplomates. Le socialiste français, réputé pour sa fermeté et son habileté de négociateur lors de son mandat de commissaire européen au Commerce (1999-2004), doit être sacré directeur général de l’OMC le 26 mai, après avoir éliminé trois autres candidats. Pascal Lamy, 58 ans, devrait ainsi succéder le 1er septembre au Thaïlandais Supachai Panitchpakdi à la tête d’une organisation qu’il avait qualifiée de « médiévale » en septembre 2003 pour n’avoir pas pu dégager de compromis lors de la conférence ministérielle de Cancun (Mexique). La politique agricole européenne avait alors été accusée de pénaliser les paysans des pays pauvres et la conférence avait échoué sur une confrontation Nord-Sud. Mais M. Lamy n’a finalement pas été handicapé par son statut de seul candidat d’un pays développé. Au-delà de la rivalité géopolitique entre M. Lamy et son dernier adversaire, le très respecté diplomate uruguayen Carlos Perez del Castillo, se cachent deux visions de l’avenir de l’OMC, une institution souvent paralysée par la règle du consensus entre ses 148 pays membres. « Certains pays craignent que Pascal Lamy soit trop puissant pour l’organisation », témoigne l’ambassadeur du Pakistan, Manzoor Ahmad, qui a appuyé la candidature française. « Ceux qui veulent que l’organisation change radicalement le soutiennent. » De l’avis des diplomates, Pascal Lamy pourrait donner vie au projet de réforme de l’OMC présenté en janvier dernier par un ancien directeur général, Peter Sutherland, qui préconisait le renforcement de l’organisation et de son chef, aujourd’hui en position de faiblesse face aux États membres. « Je pense que c’est une nécessité, observe M. Ahmad. Il y a tellement de pays, 148, qu’il devient difficile de boucler les négociations, qui tendent à traîner en longueur. On a besoin d’une personnalité plus forte, qui peut prendre contact avec les chefs de gouvernement et mettre les choses en place. » Pascal Lamy a, selon lui, avec les ministres « de bons contacts » qui devraient s’avérer utiles pour boucler d’ici à 2007 le cycle de négociations lancé à Doha (Qatar) en 2001 pour abaisser les barrières douanières dans le monde. Un ambassadeur sud-américain estime que M. Lamy privilégiera une approche politique des négociations, impliquant davantage les capitales. Lors d’une interview avec l’AFP, le candidat uruguayen s’était au contraire posé en défenseur du travail technique abattu au siège de l’OMC. « Il faut convoquer les ministres quand les choses sont suffisamment mûres. Si on les réunit tous les mois, le travail à Genève perd tout son sens », estimait M. Perez del Castillo. Face à la prolifération des accords commerciaux régionaux ou bilatéraux, certains États souhaitent aussi un renforcement du système multilatéral, comme l’explique Ujal Singh Bhatia, l’ambassadeur d’Inde, qui a soutenu la candidature Lamy. « Nous avons plus à gagner du système multilatéral que bien des pays développés qui font l’essentiel de leur commerce via des accords préférentiels, explique-t-il. Nous souhaitons que l’organisation soit au service de tous, qu’elle soit renforcée et dirigée par des gens d’expérience et d’envergure. »

La désignation de Pascal Lamy à la tête de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) présage d’un renforcement de l’institution multilatérale, à un moment crucial où elle va devoir conclure un cycle de libéralisation des échanges mondiaux, estiment des diplomates.
Le socialiste français, réputé pour sa fermeté et son habileté de négociateur lors de son mandat de commissaire européen au Commerce (1999-2004), doit être sacré directeur général de l’OMC le 26 mai, après avoir éliminé trois autres candidats.
Pascal Lamy, 58 ans, devrait ainsi succéder le 1er septembre au Thaïlandais Supachai Panitchpakdi à la tête d’une organisation qu’il avait qualifiée de « médiévale » en septembre 2003 pour n’avoir pas pu dégager de compromis lors de la conférence ministérielle de Cancun (Mexique). La...