par Abdel-Maoula Chaar*
Le management de crise est un thème d’actualité. Il a pour objectif premier de permettre aux entreprises de faire face à l’imprévu. L’une des spécificités majeures des crises est, en effet, constituée par leur caractère inattendu. Pour les affronter, différentes méthodes sont utilisées.
Elles ont essentiellement pour but de permettre à la firme de penser à l’impensable et de se préparer à l’imprévisible. Dans ce cadre, les dispositifs qui sont mis en place sont généralement lourds et onéreux. Ils se composent notamment de routines préventives qui encadrent l’action de l’entreprise.
Cette situation peut cependant poser problème, car la conjoncture internationale actuelle est caractérisée par une certaine instabilité.
Ces mesures censées protéger la firme risquent alors paradoxalement de la rigidifier, d’entamer son aptitude à s’adapter à son milieu et d’être, ainsi, à la base d’une crise.
Pour dépasser ce dilemme, il convient de modifier l’angle sous lequel la crise doit être envisagée. Il convient d’abord de réaliser qu’une crise peut trouver ses origines aussi bien dans l’environnement qu’au sein même de l’organisation. En fait, face à une crise, l’un des problèmes va être de déterminer ce qui relève réellement de causes extérieures et ce qui a pour origine des dysfonctionnements intérieurs. De plus, la crise n’atteint pas toutes les organisations.
Dans une situation donnée, certaines entreprises entrent en crise et d’autres non, et parmi celles qui subissent une crise, certaines sont laminées et d’autres en ressortent renforcées.
L’explication de cette différence serait à rechercher au niveau de la structure organisationnelle. En effet, une catastrophe d’origine externe ne peut engendrer une crise que dans la mesure où elle déstabilise l’entreprise de l’intérieur. Certains experts comparent, en fait, une vraie crise à un raz-de-marée qui submerge les références habituelles qui guident l’action du groupe, et qui lui permettent de donner un sens à ses actions et à son environnement.
Le danger premier d’une crise résiderait donc dans le risque de voir l’événement créer une situation inédite qui remet en question la cohésion interne et l’aptitude de l’entreprise à réagir de façon cohérente. L’expérience prouve que les entreprises qui résistent le mieux aux crises sont celles qui sont guidées par une vision organisationnelle.
Ce n’est pas étonnant. Cette vision se fonde sur une « philosophie » faite de normes, de valeurs et de règles qui permettent, justement, aux membres de la firme de donner un sens à leur environnement et à leurs actions. On appelle aussi cette philosophie « culture », et la résistance aux crises pourrait bien s’expliquer par la solidité et la pertinence de la culture d’entreprise.
* Spécialiste en stratégie et théorie des organisations - Centre de recherches et d’études doctorales de l’ESA (Cred).
En coopération avec l’ESA
Le management de crise est un thème d’actualité. Il a pour objectif premier de permettre aux entreprises de faire face à l’imprévu. L’une des spécificités majeures des crises est, en effet, constituée par leur caractère inattendu. Pour les affronter, différentes méthodes sont utilisées.
Elles ont essentiellement pour but de permettre à la firme de penser à l’impensable et de se préparer à l’imprévisible. Dans ce cadre, les dispositifs qui sont mis en place sont généralement lourds et onéreux. Ils se composent notamment de routines préventives qui encadrent l’action de l’entreprise.
Cette situation peut cependant poser problème, car la conjoncture internationale actuelle est caractérisée par une certaine instabilité.
Ces mesures censées protéger la firme risquent...
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