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La nationalité des films, un casse-tête en voie de disparition

Le problème de la nationalité des films, de plus en plus difficile à déterminer en raison de la multiplication des productions internationales, pourrait bientôt disparaître au Festival du cinéma de Cannes, qui envisage une simplification salutaire en regroupant les films par continent. « Définir la nationalité des films devient impossible », constate Gilles Jacob, président du Festival de Cannes, dans un entretien à l’AFP. « Il existe au moins sept critères principaux pour déterminer la nationalité d’un film : le producteur, la nationalité du metteur en scène, la langue parlée dans le film, le lieu de tournage, le lieu où se passe l’histoire, l’âme du film, l’origine de l’histoire », explique-t-il. « De plus, si vous affectez chacun de ces critères d’un coefficient variable, on voit la complexité de l’opération, ajoute-t-il. Il y a une solution qui a été trouvée, mais qui rallonge beaucoup les listes, c’est de dire tous les pays qui participent à la coproduction.» Thierry Frémaux, directeur artistique du festival, partage cet avis. « La circulation de l’argent fait qu’il est de plus en plus difficile de tenir un critère pour juger de la nationalité d’un film », estime-t-il. « Michael Haneke (en compétition cette année avec Caché, un film en langue française) est un cinéaste autrichien, mais ce film-là fait partie de son œuvre française », dit-il pour illustrer son propos, avant de citer Le pianiste de Roman Polanski, « tourné en anglais et qui était venu à Cannes sous la bannière de la Pologne ». Après mûre réflexion, le Festival de Cannes pourrait bien révolutionner cette approche nationale. « Notre proposition serait de définir les films par continent. Si on parle de film européen, ça prend beaucoup plus de sens », s’enthousiasme Gilles Jacob. « Je souhaiterais une présentation à la fois par metteur en scène et par continent », précise-t-il. Thierry Frémaux arrive à la même conclusion : « Les deux cinéastes canadiens (en compétition cette année, Atom Egoyan et David Cronenberg) sont deux cinéastes nord-américains. Est-ce qu’il ne faudrait pas créer une case pour l’Amérique du Nord et une autre pour l’Amérique du Sud? » Gilles Jacob reste cependant prudent : « Historiquement, jusqu’en 1972, c’était les pays qui choisissaient et envoyaient leurs films à Cannes. En 1972, c’est le festival qui s’est mis à choisir, et donc la notion de pays ne devait plus intervenir... sauf que les journalistes ont tendance à classer les films par pays, voire à les opposer », glisse-t-il avec malice. « Le festival n’est pas du tout sur cette longueur d’onde pour une raison simple : pour nous, c’est toujours le règne des auteurs », souligne-t-il. «Tout classement est artificiel », reconnaît-il avec philosophie. « Le plus important est qu’il y ait le plus de pays, le plus de cinématographies présentes », conclut-il.

Le problème de la nationalité des films, de plus en plus difficile à déterminer en raison de la multiplication des productions internationales, pourrait bientôt disparaître au Festival du cinéma de Cannes, qui envisage une simplification salutaire en regroupant les films par continent. « Définir la nationalité des films devient impossible », constate Gilles Jacob, président du Festival de Cannes, dans un entretien à l’AFP. « Il existe au moins sept critères principaux pour déterminer la nationalité d’un film : le producteur, la nationalité du metteur en scène, la langue parlée dans le film, le lieu de tournage, le lieu où se passe l’histoire, l’âme du film, l’origine de l’histoire », explique-t-il.
« De plus, si vous affectez chacun de ces critères d’un coefficient variable, on voit la...