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Actualités - Chronologie

Pourquoi le Liban n’achèterait-il pas toute son électricité à l’étranger ?

Le déficit de l’Électricité du Liban est si abyssal et les coûts de production actuels tellement élevés que certaines voix se sont élevées pour suggérer une solution miracle : que le Liban cesse de produire du courant et qu’il achète tous ses besoins à l’étranger, que ce soit la Turquie, l’Égypte ou la Syrie. Ce raisonnement séduisant bute sur une contrainte immédiate : il est aujourd’hui techniquement impossible d’importer les quantités d’électricité suffisantes pour satisfaire la demande locale. Un projet régional de connexion des réseaux électriques entre la Jordanie, la Syrie, le Liban, l’Égypte, la Turquie, Israël et la Libye est sur la table, mais pour l’instant, le Liban n’est lié par des lignes haute tension qu’à un seul de ces pays, la Syrie. Cette unique voie n’est pas en mesure de fournir toute l’électricité dont le Liban a besoin, sachant que la Syrie n’a de toute façon pas la production suffisante pour couvrir son marché et celui du Liban. S’il s’agit de faire transiter le courant par la Syrie en provenance d’Égypte ou de Turquie, il n’existe pour l’instant aucune ligne haute tension entre ces pays, la ligne reliant l’Égypte à la Jordanie étant par ailleurs utilisée à 100 % pour satisfaire les besoins jordaniens. « Si nous décidions d’acheter de l’électricité, ce serait techniquement impossible avant au moins deux ans, le temps qu’il faut pour construire des lignes haute tension, pour lesquelles il n’existe pas à ce jour de décision ferme », explique l’ancien ministre Maurice Sehanoui. En attendant, le Liban est en mesure, en faisant fonctionner des centrales au gaz, de faire passer son coût de production de huit cents le kW, pour les centrales au fioul, à 5-6 cents, soit le prix auquel le Liban achèterait du courant à ses voisins, selon les estimations de l’ancien ministre. Au prix sortie d’usine, en Égypte ou en Turquie, certes moins cher qu’au Liban, il faudra en effet ajouter des droits de transport et/ou de passage dont le principe n’a pas encore été déterminé par les pays du futur réseau. Pour Maurice Sehnaoui, il n’est pas exclu, à terme, d’envisager l’importation d’électricité, ce qui ne doit pas empêcher dans l’immédiat de construire de nouvelles unités au gaz. Les choix futurs seront le résultat d’une modélisation financière complexe à plusieurs paramètres, précise l’ancien ministre : il faudra tenir compte de l’ampleur des frais fixes de l’EDL par rapport à ses frais variables, des courbes de consommation, en imaginant par exemple d’importer tous les besoins supérieurs à un certain niveau, pendant les pics de l’été… Sans compter que si le Liban dépend entièrement de l’importation pour ses besoins, il sera en moins bonne position pour négocier des conditions satisfaisantes, alors que s’il produit également de l’électricité, il pourra s’intégrer pleinement à un réseau qui permet à la fois la vente et l’achat de courant. « Nous pourrions par exemple vendre de l’électricité les samedis et dimanches, quand nos besoins sont faibles, alors qu’ils sont forts chez nos voisins pour lesquels ces jours sont ouvrables, et inversement », précise l’ancien ministre.

Le déficit de l’Électricité du Liban est si abyssal et les coûts de production actuels tellement élevés que certaines voix se sont élevées pour suggérer une solution miracle : que le Liban cesse de produire du courant et qu’il achète tous ses besoins à l’étranger, que ce soit la Turquie, l’Égypte ou la Syrie.
Ce raisonnement séduisant bute sur une contrainte immédiate : il est aujourd’hui techniquement impossible d’importer les quantités d’électricité suffisantes pour satisfaire la demande locale. Un projet régional de connexion des réseaux électriques entre la Jordanie, la Syrie, le Liban, l’Égypte, la Turquie, Israël et la Libye est sur la table, mais pour l’instant, le Liban n’est lié par des lignes haute tension qu’à un seul de ces pays, la Syrie. Cette unique voie n’est pas en...