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Nous sommes tous concernés

Nous autres Libanais expatriés avons tous vu les images totalement inédites de cette foule déferlant vers le centre-ville de Beyrouth. Nous nous sommes nous-mêmes mobilisés dans nos pays respectifs pour de nombreuses manifestations de soutien. Mais l’indifférence persiste encore chez certains d’entre nous, et c’est bien dommage. Cette attitude est parfois compréhensible, étant donné le comportement de l’État libanais à notre égard, nous autres Libanais de la diaspora. Mais aujourd’hui, le monde entier nous regarde, la scène internationale se concentre sur nos problèmes. Les présidents américain et français, le secrétaire général de l’Onu, l’opposition plurielle libanaise… tous les décideurs politiques du Liban ou des grandes puissances mondiales ont exprimé leur soutien à la « révolution du Cèdre » menée par des centaines de milliers de citoyens libanais, qui n’ont pas hésité à descendre dans la rue pour exprimer pacifiquement leur rejet du pouvoir en place et de ses méthodes. Il est aujourd’hui de notre devoir, à nous tous Libanais expatriés, de nous mobiliser chacun à son niveau. Tout d’abord en participant au processus démocratique en marche. Non seulement en allant voter quand l’heure des élections sera venue, mais aussi en soutenant la conscience civique que nous voyons s’éveiller dans un Liban marqué par les trente années d’obscurantisme qu’il vient de traverser. Soutenir la conscience civique, c’est rappeler à certains de nos concitoyens qu’il convient de voter dans la plus totale indépendance d’esprit et d’idée, sans se sentir obligé de rester fidèle à une certaine tradition familiale, voire clanique, de vote. Développer notre sens civique, c’est aussi rappeler que les votes dictés par de stricts intérêts individuels ne mèneront pas aux changements attendus par ces milliers de Libanais qui se sont exprimés place des Martyrs. Que même si de nombreux candidats ont tout fait pour se substituer aux institutions et se rendre par conséquent indispensables, voter pour eux simplement parce qu’on pense qu’ils sont capables de régler nos affaires et soucis personnels est un acte stérile. Quant à l’abstentionnisme, il nous guette tous, nous qui aurons à prendre un avion pour aller glisser notre bulletin dans l’urne. De plus en plus fréquemment, on entend certains expatriés affirmer depuis leur point d’ancrage occidental qu’ils n’iront pas voter, car dans leur région, « il n’y a pas de problème, on n’a pas besoin de notre vote, notre cause nous est acquise ». Nous qui avons eu la chance de vivre au cœur des démocraties occidentales et de participer à leur vie politique, nous savons pertinemment que chaque vote compte, que chaque bulletin est primordial pour assurer le déroulement d’un véritable processus démocratique. Développer la conscience civique libanaise, c’est ainsi convaincre nos concitoyens d’exercer leur droit de vote, quelle que soit leur situation, pour donner une chance à cette opposition qui, j’en suis sûr, est capable de corriger les erreurs du passé. C’est convaincre certains citoyens expatriés de ne pas attendre passivement le droit de voter depuis leurs pays de résidence : même si nous sommes tous d’accord pour dire que ce système serait l’idéal, le temps manque aujourd’hui pour organiser un tel processus. C’est donc à chacun d’entre nous de se mobiliser pour participer au vote et élire ainsi les femmes et les hommes qui, d’ici à quatre ans, auront le temps et la volonté d’instaurer ce système. C’est aussi à chacun d’entre nous de soutenir la reprise de la vie économique libanaise, chacun à son niveau. Et de prêcher l’optimisme chez les Libanais qui en ont vraiment besoin. Nous pouvons tous participer à la « révolution des cèdres ». Notre Liban a besoin de nous, ne le trahissons pas, ne manquons pas cette chance historique de rebondir, elle est peut-être unique. N’oublions pas la fameuse phrase de Gibrane Khalil Gibrane, que le président américain John Kennedy devait reprendre dans l’un de ses discours : « Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. » Nehmé LEBBOS Paris

Nous autres Libanais expatriés avons tous vu les images totalement inédites de cette foule déferlant vers le centre-ville de Beyrouth. Nous nous sommes nous-mêmes mobilisés dans nos pays respectifs pour de nombreuses manifestations de soutien. Mais l’indifférence persiste encore chez certains d’entre nous, et c’est bien dommage.
Cette attitude est parfois compréhensible, étant donné le comportement de l’État libanais à notre égard, nous autres Libanais de la diaspora.
Mais aujourd’hui, le monde entier nous regarde, la scène internationale se concentre sur nos problèmes.
Les présidents américain et français, le secrétaire général de l’Onu, l’opposition plurielle libanaise… tous les décideurs politiques du Liban ou des grandes puissances mondiales ont exprimé leur soutien à la « révolution...