Attentat en Birmanie
Rangoon en état d’alerte,
la population sous le choc
le 09 mai 2005 à 00h00
Rangoon était sous tension hier et ses habitants choqués au lendemain de trois attentats meurtriers contre des centres commerciaux bondés, que la junte a imputés à des « terroristes ». Les attentats au colis piégé contre deux centres commerciaux fréquentés par une clientèle aisée et un centre d’expositions ont fait 11 morts de source officielle, mais plusieurs dizaines de tués selon des témoins. Le General Hospital de Rangoon refusait de communiquer tout bilan actualisé, alors qu’au moins 200 personnes ont été blessées samedi.
Des membres des forces de l’ordre en armes avaient été déployés sur les trois sites, et une forte tension était perceptible dans la capitale où des rumeurs incontrôlables circulaient sur l’imminence de nouveaux attentats.
La plupart des centres commerciaux sont restés fermés tandis que des équipes de sécurité passaient la capitale au peigne fin à la recherche d’une autre bombe qui n’aurait pas explosé. Dans la crainte de nouveaux attentats, la junte, visiblement nerveuse, a aussi annulé une manifestation de masse prévue par une organisation affiliée au régime dans la ville touristique et historique de Pagan (centre) contre une récente déclaration d’indépendance d’un groupe de l’ethnie shan.
Si la junte livre des combats dans l’ombre depuis des décennies, essentiellement le long de la frontière thaïlandaise, à diverses guérillas ethniques, jamais la capitale Rangoon n’avait été ainsi secouée par des attentats depuis que les militaires sont arrivés au pouvoir en 1962. La population de la capitale était choquée par ces attentats destinés à faire de nombreux morts.
« C’est terrible, ils ont visé des gens innocents », a dit un homme en face de Dagon tandis qu’un analyste expliquait que désormais « tout le monde se sent très vulnérable ». « C’est très inquiétant pour les gens ici, dit-il, c’est le genre d’endroits où tous les Birmans vont. »
Les conversations roulaient autour des accusations lancées par la junte à l’encontre des minorités ethniques insurgées karen, shan et karenni – qui ont toutes trois démenti toute implication – et des dissidents prodémocratiques en exil. « Pourquoi s’en prendraient-ils à des innocents ? » demandait un résident. « Ils viseraient plutôt des installations militaires. »
Rangoon était sous tension hier et ses habitants choqués au lendemain de trois attentats meurtriers contre des centres commerciaux bondés, que la junte a imputés à des « terroristes ». Les attentats au colis piégé contre deux centres commerciaux fréquentés par une clientèle aisée et un centre d’expositions ont fait 11 morts de source officielle, mais plusieurs dizaines de tués selon des témoins. Le General Hospital de Rangoon refusait de communiquer tout bilan actualisé, alors qu’au moins 200 personnes ont été blessées samedi.
Des membres des forces de l’ordre en armes avaient été déployés sur les trois sites, et une forte tension était perceptible dans la capitale où des rumeurs incontrôlables circulaient sur l’imminence de nouveaux attentats.
La plupart des centres commerciaux sont restés fermés...
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