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Actualités - Opinion

Stratégie d’entreprise Croissance externe : Byblos Bank s’étend au marché international

Par Charif Kojok La boulimie d’acquisition est impressionnante dans le secteur bancaire libanais. La Byblos Bank en offre un bon exemple. Depuis 1997, elle s’est imposée comme un acteur incontournable de la consolidation du secteur bancaire. La fusion avec la Banque Beyrouth pour le Commerce en 1997, le rachat du portefeuille de crédit de la Bank Nova Scotia en 1999, l’acquisition de la Wedge Bank Middle East et des actifs d’ING Barings en 2001, puis la reprise de l’actif et du passif d’ABN Amro Bank en 2002 ont permis à la Byblos d’accroître sa position concurrentielle sur le plan local. Un développement par croissance externe qui a permis au groupe de bénéficier de transferts de compétences spécifiques (notamment dans le domaine de la gestion privée de fortune), d’étoffer son portefeuille clientèle et d’étendre rapidement son réseau d’agences. Autant de rachats qui correspondaient également à une tactique défensive : acheter une cible pour en empêcher l’acquisition par un concurrent. Une base croissante de dépôts La Byblos se classe aujourd’hui au troisième rang du secteur bancaire libanais par l’importance de ses dépôts, alors qu’elle était 6e en 1996. Une situation qui aurait pu constituer une bonne nouvelle pour la banque si elle ne s’accompagnait pas d’une pénurie d’opportunités de placements sur le marché local. Depuis la décision de la banque de réduire ses souscriptions aux bons du Trésor, les titres d’État qui représentaient 30,1 % de l’actif total de la banque en septembre 2003 ont été ramenés à moins du quart de ses emplois au 31 décembre 2004. Ce désinvestissement est motivé par la baisse des rendements sur le marché primaire des bons du Trésor, qui ont atteint en 2004 leurs niveaux les plus bas depuis 20 ans, mais également par le désir de la banque de réduire sa dépendance financière envers l’État libanais. Dans le même temps, la forte concurrence locale contribue à rogner, chaque année un peu plus, la marge d’intérêt entre le rendement des crédits octroyés et le coût des ressources des banques locales. La marge nette d’intérêt, qui atteignait 2,22 % en décembre 2003, ne représente plus que 1,61 % aujourd’hui, selon les chiffres publiés par la Byblos Bank. Petits marchés, gros potentiels Face à de telles évolutions, c’est vers l’international que la Byblos Bank a choisi de s’étendre en vue d’assurer ses revenus futurs. Déjà présente à Bruxelles, Londres, Paris, et Khartoum, la banque libanaise se lance dans un vaste projet d’expansion sous-régionale. Elle devrait ouvrir des agences dès cette année en Syrie et dans l’Émirat d’Abu Dhabi. Dans un secteur marqué par des coûts de changement qui donnent l’avantage aux banques installées sur de nouveaux entrants, c’est toujours par croissance externe que la Byblos Bank compte s’imposer à l’étranger. Ses dirigeants viennent d’annoncer l’acquisition de 51 % de la banque algérienne al-Rayan et seraient en discussion pour une prise de participation dans l’Iraqi Investment Bank. L’internationalisation accélérée de la Byblos Bank permettra à la banque de s’imposer directement auprès du marché très convoité de la diaspora libanaise, de tirer parti du fort potentiel d’ouverture économique des marchés étrangers peu bancarisés, et d’acquérir de nouvelles compétences en matière de finance islamique. Trois axes de développement qui, espère la Byblos Bank, devraient assurer des bénéfices futurs toujours plus élevés.
Par Charif Kojok

La boulimie d’acquisition est impressionnante dans le secteur bancaire libanais. La Byblos Bank en offre un bon exemple. Depuis 1997, elle s’est imposée comme un acteur incontournable de la consolidation du secteur bancaire. La fusion avec la Banque Beyrouth pour le Commerce en 1997, le rachat du portefeuille de crédit de la Bank Nova Scotia en 1999, l’acquisition de la Wedge Bank Middle East et des actifs d’ING Barings en 2001, puis la reprise de l’actif et du passif d’ABN Amro Bank en 2002 ont permis à la Byblos d’accroître sa position concurrentielle sur le plan local. Un développement par croissance externe qui a permis au groupe de bénéficier de transferts de compétences spécifiques (notamment dans le domaine de la gestion privée de fortune), d’étoffer son portefeuille clientèle et...