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Peinture Au Grand Palais, des chefs-d’œuvre français venus d’Allemagne (Photo)

De Vouet à David, en passant par Poussin ou Le Lorrain, 168 chefs-d’œuvre français des XVIIe et XVIIIe siècles, provenant des collections allemandes, sont exposés au Grand Palais à partir de demain. Cet ensemble exceptionnel – qui sera présenté à Munich à l’automne, puis à Bonn, l’hiver prochain – est le fruit d’un projet longtemps caressé par Pierre Rosenberg, ancien président du Louvre: réunir, après le succès en 1982 des «peintures françaises dans les collections américaines», celles d’Allemagne. Près de 40 musées, galeries et collectionneurs particuliers – de Brême à Berlin, de Munich à Düsseldorf – se sont piqués au jeu, encouragés par Wenzel Jacob, directeur de la Kunsthalle de Bonn, l’historien d’art David Mandrella, la Réunion des musées nationaux et le mécénat des assurances AGF. La discrétion de la scénographie et de la signalétique permet aux œuvres de s’épanouir au mieux sur un parcours où elles se regroupent par genre – peinture religieuse et mythologique, portraits, peinture de paysage, nature morte. Avec une section consacrée aux esquisses à l’huile et une autre composée uniquement de tableaux de Nicolas Poussin et de Claude Lorrain. Après le maniérisme finissant hérité de l’École de Fontainebleau (Pourbus le Jeune) et la peinture lorraine (De La Tour, Jacques Bellange), ce sont les toiles des peintres caravagesques français qui happent le visiteur par leur clairs-obscurs dramatiques. Ici, Les tricheurs de Valentin de Boulogne, là le Portrait d’homme, dit Le Spadassin de Simon Vouet et, tout près, La mort de Sophonisbe de Nicolas Régnier montrent comment l’homme est passé du héros ou de la figure allégorique à un être de chair et de sang sous l’influence du Caravage. «La répudiation d’Agar» (1668) Parmi les grandes toiles de Claude Gellée, dit Claude Lorrain, l’une des plus significatives par le rendu de la lumière et de l’espace est sans doute La répudiation d’Agar (1668), provenant de la Alte Pinakothek de Munich. Avec les natures mortes du XVIIe, c’est Jacques Linard et son Bouquet de fleurs dans une bouteille de verre, la Nature morte à la carpe et au pichet de Sébastien Stoskopff et l’Aiguière flambeau d’Hercule, coquillages sur fond de paysage par Meiffren Comte qui retiennent surtout l’attention. La plus grande œuvre de Nicolas Poussin reste son Paysage orageux avec Pyrame et Thisbé (1651). «J’ai essayé de représenter une tempête sur terre, imitant le mieux que j’ai pu l’effet d’un vent impétueux, d’un air rempli d’obscurité, de pluie, d’éclairs et de foudre», écrira plus tard le peintre. Scintillement, légèreté, le XVIIIe siècle s’ouvre sur la fête galante, saisie par Antoine Watteau (Les Bergers, La fête galante en plein air) et ses émules, dont Nicolas Lancret (Concert chez Crozat) et une leste Jeune fille faisant danser son chien sur son lit par Fragonard. Suivent des portraits signés des plus grands: Nattier, Boucher, Greuze, Largillière, un formidable Léopard en colère de Jean-Baptiste Oudry, d’autres paysages et enfin le sublime Portrait de David d’Angers par Jacques Pajou. L’exposition s’accompagne d’un catalogue richement documenté et illustré, ouvrage collectif sous la direction de Pierre Rosenberg. «Peintures françaises dans les collections allemandes – XVIIe et XVIIIe siècles », Galeries nationales du Grand Palais, du 20 avril au 31 juillet 2005. Tous les jours, sauf mardi, de 10h à 20h, le mercredi de 10h à 22h. Catalogue RMN, 496 pages, 59 euros, et le Petit Journal des grandes expositions, 16 pages, 3 euros.
De Vouet à David, en passant par Poussin ou Le Lorrain, 168 chefs-d’œuvre français des XVIIe et XVIIIe siècles, provenant des collections allemandes, sont exposés au Grand Palais à partir de demain.
Cet ensemble exceptionnel – qui sera présenté à Munich à l’automne, puis à Bonn, l’hiver prochain – est le fruit d’un projet longtemps caressé par Pierre Rosenberg, ancien président du Louvre: réunir, après le succès en 1982 des «peintures françaises dans les collections américaines», celles d’Allemagne. Près de 40 musées, galeries et collectionneurs particuliers – de Brême à Berlin, de Munich à Düsseldorf – se sont piqués au jeu, encouragés par Wenzel Jacob, directeur de la Kunsthalle de Bonn, l’historien d’art David Mandrella, la Réunion des musées nationaux et le mécénat des assurances...