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30 ans après, place aux jeunes !

Dès l’arrêt des hostilités armées en 1990, notre jeunesse a exprimé, de différentes manières et avec une constance acharnée, son raz-le-bol de l’occupation, de l’asservissement, de la violence, de la corruption et de la pourriture. Notre jeunesse a toujours cherché à vivre dans un pays « normal » où la force des idées l’emporte sur celle du poignet, et où chacun est respecté, voire aimé, dans sa différence. Assoiffée de liberté, elle a longtemps été muselée, brimée et même battue au nom d’une realpolitik qu’elle a toujours eu du mal à comprendre. Notre jeunesse n’est pas uniforme, Dieu merci ! Elle est plurielle dans ses opinions, ses options, sa vision et ses réalités. Mais elle est une dans son désir de vivre en paix dans ce pays unique en son genre, « pays-message » dont la diversité fait la richesse. Elle est une dans son allégeance au seul drapeau national, dans sa volonté de liberté, de souveraineté et d’indépendance. Aujourd’hui, après trente ans de guerres et d’occupations, elle retrouve enfin l’espérance. L’espérance d’avoir son mot à dire, d’exister et de compter dans le paysage politique. Seulement, ces jeunes qui ont envahi les rues par centaines de milliers, et ces moins jeunes qui sont venus de tous les coins et recoins du pays leur apporter leur soutien, réclament le changement, dans la pratique, les méthodes, les mentalités et l’exercice du pouvoir. Plus question d’un retour en arrière... Ce sont eux, désormais, les maîtres du jeu... C’est pour eux, désormais, que nous sommes appelés, nous, « la génération de la guerre », à œuvrer pour une véritable nation. En ouvrant leur téléviseur, le soir, aux « nouvelles », ils n’ont plus envie de voir les mêmes figures d’il y a trente ans, d’écouter les mêmes discours du passé, de subir les mêmes clichés et les mêmes schèmes. Ils veulent désormais que ce téléviseur devienne un véritable miroir de leurs aspirations. Ils demandent à ces « figures classiques » d’avoir l’humilité, voire le courage, de se retirer sur la pointe des pieds pour leur passer enfin le relais. Forts de l’expérience (bonne ou mauvaise) de leurs aînés, forts de l’amour (parfois inexpliqué) pour ce Liban plusieurs fois millénaire, forts de leur savoir et de leurs ambitions, ils pourront alors forger, de leurs propres mains, ce pays auquel ils ont toujours rêvé. Aidons-les. Laissons-les faire. Ils le sauront, sans aucun doute, mieux que nous. Nagy KHOURY Président de la fédération des amicales des anciens élèves des écoles catholiques

Dès l’arrêt des hostilités armées en 1990, notre jeunesse a exprimé, de différentes manières et avec une constance acharnée, son raz-le-bol de l’occupation, de l’asservissement, de la violence, de la corruption et de la pourriture.
Notre jeunesse a toujours cherché à vivre dans un pays « normal » où la force des idées l’emporte sur celle du poignet, et où chacun est respecté, voire aimé, dans sa différence. Assoiffée de liberté, elle a longtemps été muselée, brimée et même battue au nom d’une realpolitik qu’elle a toujours eu du mal à comprendre.
Notre jeunesse n’est pas uniforme, Dieu merci ! Elle est plurielle dans ses opinions, ses options, sa vision et ses réalités.
Mais elle est une dans son désir de vivre en paix dans ce pays unique en son genre, « pays-message » dont la diversité...