Les sorties de la semaine
À voir absolument kkk À voir kk
À voir à la rigueur k Mauvais l Pas vu n
k Hide and Seek
de John Polson
La jeune Dakota Fanning continue de partager l’affiche avec les plus grosses pointures du cinéma américain. Après Sean Penn, Charlize Theron et Denzel Washington, la voilà aux côtés de Robert De Niro dans Hide and Seek. Changement de registre cependant pour la petite actrice puisqu’elle apparaît cette fois dans un thriller. Traumatisée par la mort de sa mère, Emily s’invente un ami imaginaire qui répond au nom de Charlie. Ce dernier se révèle vite possessif, jaloux et dangereux.
En bon élève, le cinéaste John Polson intègre absolument tous les éléments classiques de ce genre cinématographique : une grande maison, une cave sombre, un placard, une forêt dense et des voisins étranges. Rien de très excitant donc, ni d’effrayant puisque le public connaît déjà la chanson. Bien huilée cependant, l’histoire se laisse suivre, mise en valeur par un duo d’acteurs qui tient le film sur ses épaules. De Niro, avec l’aisance et le naturel que nous lui connaissons, incarne avec intériorité et retenue un père de famille calme et stoïque, alors que Fanning rentre parfaitement dans la peau d’une enfant complexe qui apparaît comme schizophrène, voire même criminelle.
ESPACE, circuit EMPIRE – sauf SOFIL et SODECO
l Without a Paddle
de Steven Brill
Rien de bien folichon que ce dernier long-métrage du cinéaste responsable du très moyen Mr. Deeds. Cette fois, Steven Brill suit une bande de trentenaires bien décidés à trouver un trésor caché dans l’Oregon. Au programme, des aventures tirées par les cheveux, des petites boutades de mauvais goût et des personnages complètement caricaturaux : un vieux excentrique, des filles baba-cool et des ploucs à l’ouest. Bref, un condensé de tout et de n’importe quoi, censé entraîner des situations comiques. Viennent s’ajouter à cela des moments fleur bleue et pseudo-dramatiques ainsi qu’une petite morale « à la Disney » : la vie se doit d’être vécue pleinement. Au casting: nous retrouvons notamment Matthew Lillard (connu pour ses nombreuses apparitions dans des teen-age-movies tels que Scream ou Scooby Doo) et Seth Green qui ne parvient toujours pas à nous faire oublier le fils de Dr Evil, personnage qu’il incarnait dans Austin Powers.
EMPIRE ABC/DUNES/
SODECO, KASLIK, FREEWAY
«The Life Aquatic» de Wes Anderson:
un film très attendu
Wes Anderson fait partie des réalisateurs qui parviennent à créer, à travers leurs films, leurs histoires et leurs personnages, des univers bien à eux. Rappelez-vous de sa précédente comédie noire, The Royal Tenenbaums. Le cinéaste offrait déjà une palette d’énergumènes plus étranges les uns que les autres.
L’habit fait indéniablement le moine chez Anderson. L’apparence physique et vestimentaire des personnages témoigne de leur originalité, voire de leur folie : Ben Stiller et ses enfants couraient de scènes en scènes vêtus d’un jogging rouge, Luke Wilson ne quittait pas son bandeau de tennis et Gwyneth Paltrow pavanait cigarette à la bouche et manteau de fourrure sur le dos.
The Life Aquatic répond aux mêmes exigences, au même travail d’analyse et de choix précis concernant les costumes des acteurs. Le récit quitte la terre ferme des Tenenbaums pour le grand bleu des Zissou. Si Gene Hackman représentait le patriarche dans le premier, la figure non moins charismatique du second est interprétée par Bill Murray. Tous deux partagent néanmoins le même objectif : rétablir l’unité de groupe ou de famille.
Les membres de l’équipage du navire Belafonte, tenu par le commandant Zissou, cultivent le décalé et le bizarre non seulement à travers leurs habits (des bonnets rouges et des pulls griffés de la lettre « Z »), mais par leurs personnalités : l’un sera impassible, l’autre autoritaire, le suivant susceptible, etc. Ces personnages défendent chacun leur propre petit caractère, mais partagent cependant un trait commun : l’atypique.
Voici précisément le mot d’ordre de Wes Anderson, la ligne directrice de ses films. Absolument tout est mis en œuvre afin de permettre aux spectateurs de goûter à une dimension encore inconnue, haute en couleur et en originalité.
Nous reviendrons plus en détail sur le monde visuel, nouveau et bizarre de The Life Aquatic dès l’annonce de sa sortie en salles.
Sortie prochaine
ÉVÉNEMENT
Semaine du cinéma italien,
du 14 au 23 avril à l’Empire Sofil
L’Institut culturel italien organise, du 14 au 24 avril, la Semaine du cinéma italien, dédiée au grand metteur en scène Pupi Avati.
Le coup d’envoi est lancé ce soir, à 20h, avec la projection de Il cuore altrove (Le cœur ailleurs): un film qui traite de l’initiation amoureuse d’un trentenaire sans expérience par une jeune aveugle manipulatrice.
En 2003, ce long-métrage a rapporté à Pupi Avati le Donatello Award du meilleur réalisateur. Les Donatello Awards sont les principales récompenses cinématographiques italiennes, l’équivalent des Césars.
Pour tout renseignement, contacter l’Empire Sofil au 01/204080.
Sorties prévues pour le jeudi 21/04/2005 (sous réserves) :
-Be Cool, de F. Gary Gray, avec John Travolta, Uma Thurman et Harvey Keitel.
- Miss Congeniality 2: Armed and Fabulous, de John Pasquin avec Sandra Bullock, Regina King et William Shatner.
Paroles dE cinéma
Caméra rapprochée
Le nouveau prodige du cinéma US
Côté masculin, nous connaissions l’acteur-génie Haley Joel Osment, révélé par The Sixth Sense de M. Night Shyamalan. Côté féminin, découvrez maintenant Dakota Fanning. Voilà un nom qui sonne de plus en plus familier, et pour cause. Du haut de ses 13 ans, la jeune actrice américaine a déjà fait un petit bout de chemin impressionnant. Après quelques apparitions dans des séries télévisées à succès telles que ER, Ally McBeal et Malcolm in the Middle, Fanning s’attaque au grand écran et commence en force. Ses premiers longs-métrages lui permettent effectivement de partager l’affiche avec des grandes stars du cinéma : Sean Penn (I Am Sam), Charlize Theron (Trapped), Christopher Walken et Denzel Washington (Man On Fire). C’est néanmoins sa prestation dans I Am Sam de Jessie Nelson qui la propulsera au rang d’enfant surdouée du cinéma et qui lui permettra d’obtenir la reconnaissance du public et des professionnels.
Aussi à l’aise dans des comédies, des films d’action que dans des drames, Dakota Fanning fait partie de cette mini-génération épatante de talent. Son dernier long-métrage lui fait changer une nouvelle fois de registre puisqu’elle s’attaque à un thriller où elle tient d’ailleurs tête à un dinosaure du 7e art, Robert De Niro. Reste à espérer que l’entrée dans le monde cruel de la puberté ne lui nuira pas autant que son comparse Osment, dont la transformation physique semble avoir rebuter les cinéastes puisqu’il est passé par une petite période de vide.
D.D.
En gros plan
Clint Eastwood à cœur ouvert:
paroles d’un cinéaste
À 74 ans, après son 26e film comme réalisateur et le 58e comme acteur (il s’agit donc de Million Dollar Baby), Clint Eastwood est enfin (et définitivement) reconnu pour ce qu’il est: un des plus importants auteurs du cinéma américain. C’est pourquoi il est passionnant de l’écouter parler de sa carrière. «J’ai eu quelques difficultés à parvenir au montage de la production de Million Dollar Baby. Les gens de la Warner Bros n’étaient pas très enthousiasmés par ce projet [1]... Réaliser et jouer le rôle principal, je l’ai fait si souvent que ça ne me pose plus de problème, même si... (...). Ce film concerne les rapports humains, il raconte l’histoire d’un père qui s’est éloigné de sa fille et qui trouve une fille de substitution – tout en étant un film sur la boxe. J’aime beaucoup filmer les visages: les visages, tout est là (...) Ma mémoire visuelle a été formée par John Ford, Howard Hawks et Raoul Walsh, des gens qui savaient inscrire l’humain dans un environnement plus vaste. Sergio Leone? On s’est bien amusé avec lui, et j’aime toujours son style, mais j’ai évolué (...) Je vise à prendre ma retraite comme acteur, alors que comme cinéaste, j’ai l’intention de continuer». Longtemps encore, on le souhaite!
[1]: la WB est la Major au sein de laquelle Eastwood travaille – assez librement – avec sa propre compagnie, la Malpaso.
Source: Cahiers du Cinéma.
J.-P. GOUX-PELLETAN
les ciné-clubs
Tuvalu
de Veit Helmer (2000)
Tuvalu aborde plusieurs thèmes universels tout en flirtant avec un comique absurde : un homme qui devient adulte, des gens dont la vie change de manière dramatique et des rêves qui rendent la vie plus belle.
Le cinéaste présente un film à la fois surréaliste, poétique et burlesque.
L’histoire : quelque part dans une autre époque, dans une ville abandonnée, se trouve une gigantesque piscine en ruine dont la cave renferme une vieille machine à vapeur : l’Impérial. C’est dans cet endroit surréaliste que vivent Anton et son père aveugle, Karl. Rares sont les personnes à fréquenter l’endroit. Un habitué, le capitaine Coustav, amène un jour sa fille, Éva…
Avec Denis Lavant, Chulpan Khamatova et Philippe Clay.
Ciné-club de l’Alba, vendredi 15 avril à 19h
La couleur du paradis
de Majid Majidi (1999)
Après Les enfants du ciel, joli conte sur l’enfance, le cinéaste iranien Majid Majidi continue dans le registre de l’émotion. Il parle des valeurs essentielles de la vie : l’amour, la famille et la nature. À partir d’un récit plutôt simple, né un mélodrame poétique rehaussé par la beauté visuelle générale du film.
L’histoire : Mohammed, petit garçon de huit ans, est élève à l’école des aveugles de Téhéran. Pour les vacances, il retourne dans son village natal, perdu dans les montagnes du nord de l’Iran. Il va alors s’initier à l’observation de la nature et de l’existence. Mais son père ne partage pas la même sensibilité de l’enfant, ne trouvant aucun intérêt à ces méditations.
Avec Mohsen Ramezani, Hossein Mahjoob et Salim Feizi.
Auditorium de l’Esa, mardi 19 avril à 20h30
Des épaules solides
d’Ursula Meier (2002)
L’histoire : Sabine est une adolescente qui se destine à devenir athlète de haut niveau. Elle suit sa scolarité dans un internat sport-étude. Effrontée, acharnée et butée, Sabine n’a qu’un but en tête: améliorer coûte que coûte ses performances.
Avec Louise Szpindel et Jean-François Stévenin.
CCF, salle Montaigne,
mercredi 20 avril à 19h15
PAR DYMA DEMIRDJIAN
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