L’Agence internationale de l’énergie tente dans son dernier rapport mensuel de convaincre les marchés pétroliers que les tensions en matière d’approvisionnement s’apaisent, alors que les prix y restent ancrés à plus de 50 dollars le baril.
Pour la première fois depuis des mois, l’agence qui défend les intérêts en matière énergétique des pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) a infléchi sa prévision de demande mondiale et annoncé un renflouement des stocks, dans son rapport publié hier.
Après avoir été plusieurs fois rehaussée, l’estimation de demande de pétrole pour 2005 a été revue en très légère baisse de 50 000 barils par jour, à 84,3 millions de barils par jour (mbj).
Ce chiffre signifierait une augmentation de 2,1 % de la demande en 2005 après le niveau « stupéfiant » de +3,4 % enregistré en 2004, qui avait pris tout le monde de court.
Quant aux stocks des pays de l’OCDE, ils atteignaient en février 2,571 milliards de barils, soit 52 jours de consommation contre 51 en janvier.
Alors que les prix du pétrole demeurent à des niveaux jugés beaucoup trop élevés par les pays consommateurs, l’agence veut croire qu’il y a désormais « moins de motifs d’inquiétude » sur l’équilibre entre l’offre et la demande.
« Les craintes d’une envolée de la demande chinoise au deuxième trimestre s’atténuent, l’Opep augmente sa production et les stocks de pétrole sont à des niveaux plus élevés que prévu », argumente-t-elle.
La consommation chinoise a marqué le pas en début d’année, avec une augmentation de 5,4 % en janvier et février, soit nettement moins que les 20,8 % de hausse enregistrés un an plus tôt à la même période.
Du coup, « même si la prudence reste de règle, il semble de plus en plus improbable de voir se répéter le taux de croissance de 15,6 % de la demande » observé en 2004 dans ce pays, juge l’AIE. L’appétit de la Chine devrait tout de même demeurer très fort, avec une hausse attendue de 7,9 % cette année.
Du côté de l’offre, la situation s’améliore également, selon l’AIE. La production a rebondi de 365 000 barils par jour en mars pour s’établir à 84,2 millions de barils par jour (mbj).
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