L’avant-garde du « soulèvement
pour l’indépendance » (photo)
le 13 avril 2005 à 00h00
Les changements que vit le Liban ont mis à l’avant-scène une génération de jeunes qui entretient la flamme du « soulèvement pour la deuxième indépendance », écrit Nayla Razzouk de l’AFP.
C’est en partie grâce à l’action politique pacifique d’une génération qui n’a pas pris part à la guerre civile que l’opposition a pu obtenir la levée de la tutelle syrienne et la chute du gouvernement qui lui est inféodé.
La mobilisation des jeunes, qui n’a pas fléchi depuis deux mois, a pris l’allure de manifestations pacifiques qui tranchent avec les méthodes guerrières de leurs aînés.
Même les politiciens chevronnés ont reconnu le rôle crucial joué par les jeunes qui ont envahi la place des Martyrs où Rafic Hariri est enterré.
Spontané au départ, ce mouvement, vite rejoint par de larges pans d’une société civile en colère, a ainsi mobilisé des jeunes qui ont passé quelques nuits à la belle étoile avant d’ériger des tentes sur la place, marquant leur volonté de tenir jusqu’au bout.
Ce sont eux qui ont lancé le slogan « La Syrie dehors » et organisé manifestations et débats rassemblant des camps adverses.
« Les politiciens nous soutiennent, mais c’est nous qui sommes sur le terrain et qui faisons le gros du travail », affirme Abdel Rahman Knio (25 ans), qui appartient au Courant du futur de Rafic Hariri.
Ziad Tarabay, un jeune responsable des Forces libanaises est d’accord : « Les politiques eux-mêmes reconnaissent notre rôle d’avant-garde. »
« Nous réagissons plus rapidement aux événements et aux obstacles », ajoute ce jeune de 29 ans qui a démissionné de son travail depuis trois semaines pour se concentrer sur sa nouvelle activité. Son portable ne cesse de sonner à la musique de l’hymne national.
Ala’ Merhi (23 ans), du mouvement de la jeunesse du Parti socialiste progressiste du leader druze Walid Joumblatt, estime aussi que « la jeunesse a été plus vite et plus loin que n’ont jamais été capables de le faire les vieux politiques ».
« Ils pensent aux massacres de la guerre civile. Il faut apprendre du passé mais on ne peut continuer d’y penser en oubliant l’avenir de notre nation », affirme-t-il.
« Dans les débats, nous ne nous disputons pas sur l’avenir car nous voulons tous un Liban libre, démocratique et indépendant. Nous voulons tous vivre ensemble en paix et être débarrassés de la corruption et de la répression », lance ce jeune chômeur.
Sous la statue des martyrs, un homme s’en prend à un groupe d’étudiants qui ont séché les cours.
« Laisse-les faire, lui rétorque un photographe, car à leur âge nous fermions l’école pour faire la guerre. Eux, au moins, mènent une action pacifique pour reconstruire le Liban ».
Les changements que vit le Liban ont mis à l’avant-scène une génération de jeunes qui entretient la flamme du « soulèvement pour la deuxième indépendance », écrit Nayla Razzouk de l’AFP.
C’est en partie grâce à l’action politique pacifique d’une génération qui n’a pas pris part à la guerre civile que l’opposition a pu obtenir la levée de la tutelle syrienne et la chute du gouvernement qui lui est inféodé.
La mobilisation des jeunes, qui n’a pas fléchi depuis deux mois, a pris l’allure de manifestations pacifiques qui tranchent avec les méthodes guerrières de leurs aînés.
Même les politiciens chevronnés ont reconnu le rôle crucial joué par les jeunes qui ont envahi la place des Martyrs où Rafic Hariri est enterré.
Spontané au départ, ce mouvement, vite rejoint par de larges pans...
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