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Actualités - Opinion

commentaire Le Liban entre dans un nouvel ordre économique

Par Fouad Khoury-Hélou Les événements politiques actuels au Liban annoncent de grands changements économiques. Si, à court terme, nous risquons une stagnation (mais pas un effondrement), nous allons connaître à long terme un grand changement économique avec une implication accrue de la communauté internationale. Depuis l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, le pays vit un marasme général. Mais nous n’allons pas vers un effondrement, car les dépôts bancaires restent stables et la balance des paiements sous contrôle. On a certes assisté à des conversions de livres libanaises en devises, mais ces devises sont restées au Liban. Cela a affecté les réserves de la BDL, mais de manière contrôlée. De plus, une bonne part des dépôts en devises est placée à terme. Il faut un certain temps pour les débloquer, un temps qu’il nous faut mettre à profit. Nous devons d’abord rétablir la confiance dans notre économie. Pour cela, il faut mettre une fois pour toutes le Liban en accord avec la communauté internationale et avec sa propre opinion publique (détentrice d’une grande part des dépôts) en nommant un gouvernement crédible, en réformant l’État sécuritaire et en procédant plus tard à des élections libres. Nous devons ensuite tirer les conclusions au plan économique du changement politique actuel. En effet, jusqu’à présent, l’économie libanaise était soumise à la situation politique au Liban et en Syrie. La stagnation économique et l’absence de réformes étaient le miroir de la stabilité – stagnation politique et sécuritaire. Cela avait un prix, symbolisé par les déficits libanais. La communauté internationale a toléré cela pour un temps, car elle privilégiait la stabilité dans ces deux pays. Ce qui explique pourquoi la conférence de Paris 2 a été possible, bien que le Liban n’ait pu tenir ultérieurement ses promesses de réformes. Tout cela est terminé. Avec le retrait de Damas, la donne politique est radicalement modifiée. Le Liban n’aura plus de « chèque en blanc ». C’est maintenant le changement qui va prévaloir. Deux conclusions à tout cela : premièrement, pour faire face à sa dette, le Liban doit réclamer un « Paris 3 », un nouveau plan de relance pour l’aider à regagner le temps perdu depuis 2002 et retrouver la prospérité. La communauté internationale pourrait accepter ce plan afin de préserver notre pays. Mais, en échange, de simples promesses de changement ne suffiront plus. La communauté internationale va probablement réclamer un calendrier strict et clair de réformes. De plus, elle voudra vérifier cela elle-même, et le Liban fera sans doute face à l’interventionnisme accru des instances internationales, dont le FMI et la Banque mondiale, pour l’aider à combattre la corruption, changer les lois, restructurer l’administration et gérer la politique budgétaire et monétaire. Cette implication internationale va se produire, tôt ou tard, vu la vétusté de notre Administration, rongée par 30 ans de dégâts et de stagnation. Cela sera sans doute contraignant pour les autorités libanaises. Mais ne confondons pas les choses : implication internationale ne veut pas dire domination ou subordination aux ordres venus du dehors. Le monde est fait d’Amérique, d’Europe et de bien d’autres. Plusieurs processus économiques et sociaux sont en marche : mondialisation, intégrations régionales… et nous avons notre place parmi les nations. Il est du devoir des élites politiques libanaises d’expliquer cela à nos concitoyens.

Par Fouad Khoury-Hélou

Les événements politiques actuels au Liban annoncent de grands changements économiques. Si, à court terme, nous risquons une stagnation (mais pas un effondrement), nous allons connaître à long terme un grand changement économique avec une implication accrue de la communauté internationale.
Depuis l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, le pays vit un marasme général. Mais nous n’allons pas vers un effondrement, car les dépôts bancaires restent stables et la balance des paiements sous contrôle.
On a certes assisté à des conversions de livres libanaises en devises, mais ces devises sont restées au Liban. Cela a affecté les réserves de la BDL, mais de manière contrôlée. De plus, une bonne part des dépôts en devises est placée à terme. Il faut un certain temps...