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Actualités - Chronologie

Consommation Contrefaçon : entre vrai-faux et faux-vrai

Par Jean-Jack Cegarra * Selon l’International Intellectual Property Alliance (IIPA), l’industrie de la contrefaçon engendrerait un manque à gagner de 31 millions de dollars pour les fabricants au Liban. Cette situation toucherait plus particulièrement les fabricants de logiciels et les producteurs de films, mais aussi les producteurs de disques et de livres. Si les atteintes aux droits d’auteur sont manifeste, il est cependant abusif de considérer qu’elles constituent un manque à gagner direct pour les industries concernées. La personne qui achète la copie d’un récent film à deux ou trois dollars n’est certainement pas prête à payer dix fois plus cher un original de ce même film, même si la qualité du produit est meilleure. Notons que la contrefaçon ne se limite pas aux seules atteintes aux droits d’auteur, mais touche également les produits industriels et les marques. Si la piraterie de logiciels, de films ou de disques doit effectivement être considérée comme un fléau économique et parfois une source de financement pour des pratiques mafieuses ou terroristes, il faut cependant remarquer qu’elle ne porte généralement pas atteinte à la sécurité des personnes qui achètent ces produits contrefaits. Il n’en est pas de même en ce qui concerne la contrefaçon de produits et de marques qui peut parfois présenter un réel danger pour le consommateur. Il nous faut ici distinguer deux types de contrefaçons. Le « vrai-faux » est une copie clairement identifiée que le consommateur achète, en toute connaissance de cause. Quel que soit le pays du monde dans lequel on vous propose une montre Cartier à quinze dollars ou un sac Vuitton à vingt dollars, vous savez pertinemment qu’il s’agit d’une imitation. Il en est un de même lorsque vous achetez une montre Smatch à un prix dérisoire par rapport à celui d’une vraie Swatch. Si vous vous êtes laissé abuser, c’est de votre faute. Il fallait être plus attentif à la marque, à la qualité de l’emballage, à l’aspect du produit, ou tout simplement vous interroger davantage sur les raisons du prix particulièrement bas du produit. La situation est différente lorsque vous achetez un produit contrefait en étant convaincu qu’il s’agit d’un produit original. La marque, l’emballage et l’aspect du produit sont conformes à l’original, mais il s’agit d’une copie : c’est un « faux-vrai ». Cette forme de contrefaçon se retrouve dans de nombreux domaines comme les jouets, les médicaments, les pièces détachées automobiles, etc. Le danger est ici que, croyant acheter un produit original, vous avez une parfaite confiance en la qualité d’un produit dont vous sollicitez les performances parfois à l’excès et qui peut, dans certains cas, vous mener à l’accident. Le « vrai-faux » est une plaie pour l’économie, mais présente rarement un risque physique pour les consommateurs avertis. Il peut même lui apporter l’illusion de consommer un produit de grande marque, par plaisir personnel ou par ostentation. Par contre, l’achat et l’utilisation de « faux-vrai » peuvent présenter des risques pour les individus. C’est surtout sur ces derniers que doivent porter la vigilance des pouvoirs publics et l’information des consommateurs, pour que ces derniers puissent pleinement exercer leur libre arbitre au moment de l’achat entre « vrai-faux », « faux-vrai »… et « vrai-vrai ». * Responsable du Centre de recherches et d’études doctorales de l’ESA (Cred). En coopération avec l’ESA
Par Jean-Jack Cegarra *

Selon l’International Intellectual Property Alliance (IIPA), l’industrie de la contrefaçon engendrerait un manque à gagner de 31 millions de dollars pour les fabricants au Liban. Cette situation toucherait plus particulièrement les fabricants de logiciels et les producteurs de films, mais aussi les producteurs de disques et de livres. Si les atteintes aux droits d’auteur sont manifeste, il est cependant abusif de considérer qu’elles constituent un manque à gagner direct pour les industries concernées. La personne qui achète la copie d’un récent film à deux ou trois dollars n’est certainement pas prête à payer dix fois plus cher un original de ce même film, même si la qualité du produit est meilleure.
Notons que la contrefaçon ne se limite pas aux seules atteintes aux droits...