Pour son ouverture à Beyrouth, la galerie Sfeir-Semler a choisi d’exposer, jusqu’au 18 juin, neuf travaux de neuf artistes internationaux dont le rapport au monde arabe ou méditerranéen est particulièrement fort.
Articulés autour des différents aspects de l’identité, globale ou locale, ces œuvres plastiques, photographiques ou vidéo mettent l’accent sur le bassin méditerranéen et sur le Moyen-Orient.
L’exposition s’ouvre sur une installation du célèbre artiste italien (membre du Arte Povera), Michelangelo Pistoletto. Autour d’une table ayant la forme de la grande bleue, 23 sièges représentent les différents pays du bassin méditerranéen.
S’ensuit, une fascinante vidéo, de 9 mn, du Libanais Akram Zaatari, basée sur des documents photographiques remontant aux années cinquante et qui, à travers le défilé de paysages et de figures typiques (bédouins, chameaux, chevaux...) du désert syrien, posent les questions des sources de l’identité.
Ensuite Emily Jacir (Palestinienne vivant à New York) pose, à travers une installation vidéo, intitulée De Ramallah à New York, le problème de l’identité en exil. Deux écrans juxtaposés qui déroulent des scènes de vie similaires (dans un bureau, chez un épicier...), se passant dans ces deux villes, évoquent la difficulté à trouver son identité lorsqu’on se partage entre deux lieux.
Art pantagruélique
Plus indigeste, le travail de Till Krause. Cet artiste allemand, qui s’implique de « tout son corps » dans ses projets, a, pour sa part, exploré Beyrouth de façon pédestre et « pantagruélique », en s’arrêtant dans chaque restaurant se trouvant sur son chemin. Il en résulte une série de panneaux jaunes, au bas desquels il a consigné, jour par jour et heure par heure, sa tournée « grande bouffe ».
De facture plus classique, les grandes œuvres photographiques de son compatriote Elger Esser, prises en décembre et février derniers à Saïda et Enfé, sont, selon les dires de leur auteur, « des messages d’amour au Liban ».
Japonais, Hiroyuki Masuyama, a conçu un montage photographique relatif au Liban, avant même d’y avoir mis les pieds. Intitulée Paris-Beyrouth, l’image panoramique de 10 m de long qu’il expose à la galerie Sfeir-Semler a été réalisée, en grande partie, à bord du vol qui l’amenait de Paris vers Beyrouth. Composée de 700 clichés, effectués chaque 20 secondes, durant les quatre heures d’avion, elle offre au final un magnifique paysage aérien, en filigrane duquel se dessinent les thème du temps et de l’espace, chers à cet artiste.
Archivage des immeubles
de Beyrouth
Walid Raad (Libanais installé à New York), qui se cache derrière le très mystérieux Atlas Group, présente 24 tableaux photographiques montrant chacun une façade d’immeuble à Beyrouth, en 2005. À l’angle supérieur droit de chaque tableau, une image miniature, et en noir et blanc, de la même façade – mais prise durant les années de guerre et dans l’urgence, sans se soucier de la qualité de la composition. La grande photographie centrale n’est que le résultat du traitement appliqué à la petite photographie initiale. Le propos de Walid Raad, à travers ces planches photographiques, est de provoquer un questionnement sur la façon de photographier Beyrouth. De manière à reproduire avec justesse la « rédemption » de la ville.
Le droit à la folie
La tournée est ponctuée d’écrans lumineux noirs sur lesquels Alfredo Jaar, Chilien d’origine palestinienne, au travail axé sur les droits de l’homme, a juste inscrit « Teach us to outgrow our madness » (Apprenez-nous à développer notre folie). Une manière pleine d’humour et d’ironie de détourner les supports de la consommation de masse pour défendre le droit à la différence.
Enfin, Amal Kenawy est une jeune artiste égyptienne, qui défend dans son travail divisé en deux parties (une installation et une vidéo) une vision sensible de l’intériorité et du rapport troublant entre illusion et réalité.
De l’art contemporain donc, dans toute sa diversité : conceptuel, politique, social... Aussi originales, hermétiques ou insolites qu’elles puissent paraître, ces portes ouvertes sur la réflexion artistique restent des œuvres à découvrir...
Z.Z.
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Articulés autour des différents aspects de l’identité, globale ou locale, ces œuvres plastiques, photographiques ou vidéo mettent l’accent sur le bassin méditerranéen et sur le Moyen-Orient.
L’exposition s’ouvre sur une installation du célèbre artiste italien (membre du Arte Povera), Michelangelo Pistoletto. Autour d’une table ayant la forme de la grande bleue, 23 sièges représentent les différents pays du bassin méditerranéen.
S’ensuit, une fascinante vidéo, de 9 mn, du Libanais Akram Zaatari, basée sur des documents photographiques remontant aux années cinquante et qui, à travers le...