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Actualités - Analyse

ÉCLAIRAGE Un « préconclave » pour aider les cardinaux à choisir le futur pape

Entre les obsèques de Jean-Paul II aujourd’hui et le début du conclave fixé au 18 avril va s’ouvrir pour les cardinaux un « préconclave », une période de discussions intenses et laborieuses pour définir le profil idéal du nouveau pape. « Pour l’instant, on découvre les règles du jeu », confiaient hier quelques cardinaux, un peu effrayés par le poids de leurs responsabilités, alors que l’hommage des foules au pape défunt semblait les presser de trouver un successeur de même stature. Quand les 116 cardinaux électeurs (en l’absence du 117e, le Philippin Jaime Sin, malade) entreront en conclave, ils auront déjà défriché le terrain dans les « congrégations générales », des réunions en petits comités, et beaucoup de discussions de couloir. Les cinq premières « congrégations générales » (assemblées) qui se sont déroulées depuis lundi ont permis aux cardinaux déjà arrivés à Rome (ils étaient 140 hier, électeurs mêlés aux non-électeurs âgés de plus de 80 ans) d’étudier ces règles définies par des textes précis, dont la « Constitution apostolique sur la vacance du siège apostolique » promulguée par Jean-Paul II en 1996. Toutes servent un objectif fondamental : la recherche du consensus. Le pape ne peut être l’homme d’une fraction. Contrairement au monde politique, le monde de l’Église récuse les campagnes électorales, les actes de candidature et se défie, du moins officiellement, des groupes de pression. L’obligation du secret absolu qui régit les conclaves visait initialement à soustraire les cardinaux aux appétits des États européens. Le premier pape du XXe siècle, Pie X, a été élu en quatre jours, le 4 août 1903, mais le conclave avait été marqué à son ouverture par le veto de l’empereur d’Autriche François-Joseph à l’élection du cardinal italien Mariano Rampolla. Une des premières décisions de Pie X a été d’abolir la pratique du droit d’exclusive. Aujourd’hui, si l’on en croit une source vaticane, les pressions seraient tout aussi redoutables et plus sournoises : les cardinaux doivent se méfier des « jeux d’influence mondiale », des médias, accusés d’être les faiseurs d’opinion modernes, mais aussi des « pressions idéologiques internes à l’Église ». Une difficulté, très prosaïque celle-là, a vite surgi lors des premières congrégations générales : comment se comprendre ? Le latin n’est plus en usage dans les discussions, l’italien est la langue dominante, mais tous les hauts prélats ne le maîtrisent pas parfaitement. Certains préfèrent s’exprimer dans leur langue, au risque de ne pas être compris de tous. Dans le temps laissé libre par les congrégations générales, il était d’usage avant les précédents conclaves de se retrouver par « groupes de langues », ou par continents. L’exercice sera vraisemblablement renouvelé. Par ailleurs, pour éclairer les cardinaux, et en vertu de la Constitution apostolique, deux prélats ont été chargés de rédiger des prédications sur les problèmes de l’Église : le père Raniero Cantalamessa, ancien prédicateur du pape, prononcera la sienne le 14 avril pendant la congrégation générale, tandis que le cardinal polonais Tomas Spidlik prendra la parole le premier jour du conclave dans la chapelle Sixtine. Le secret que les cardinaux ont juré de respecter concerne aussi cette phase préparatoire. Martine NOUAILLE (AFP)

Entre les obsèques de Jean-Paul II aujourd’hui et le début du conclave fixé au 18 avril va s’ouvrir pour les cardinaux un « préconclave », une période de discussions intenses et laborieuses pour définir le profil idéal du nouveau pape.
« Pour l’instant, on découvre les règles du jeu », confiaient hier quelques cardinaux, un peu effrayés par le poids de leurs responsabilités, alors que l’hommage des foules au pape défunt semblait les presser de trouver un successeur de même stature.
Quand les 116 cardinaux électeurs (en l’absence du 117e, le Philippin Jaime Sin, malade) entreront en conclave, ils auront déjà défriché le terrain dans les « congrégations générales », des réunions en petits comités, et beaucoup de discussions de couloir. Les cinq premières « congrégations générales »...