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Actualités - Reportage

Ciéma Un avant-goût des prochaines sorties (photos)

Les sorties de la semaine À voir absolument kkk À voir kk À voir à la rigueur k Mauvais l Pas vu n l Iznogoud de Patrick Braoudé Beaucoup de bruit, d’excitation et de curiosité autour de l’adaptation cinématographique d’Iznogoud. C’est tout azimutés que les fans de la célèbre BD ont attendu sa sortie en salles. Et pour cause, Iznogoud est l’excellent personnage principal d’une BD délectable créée par le scénariste René Goscinny (le père d’Astérix) et le dessinateur Jean Tabary. Le plus mauvais et le plus démoniaque des vizirs est la vedette d’une trentaine d’ouvrages aussi drôles que divertissants. Le vizir qui veut être calife à la place du calife offre un univers riche de drôleries et d’originalité, et représente une mine d’or pour le cinéma. Encore fallait-il savoir exploiter tout le potentiel comique de la BD et choisir des acteurs susceptibles d’incarner comme il se doit des personnages hauts en couleur. Si le choix de Jacques Villeret (l’un des plus grands naïfs et clowns tristes du cinéma français) est indiscutable dans le rôle du gentil calife, celui de Michael Youn dans le rôle du vizir est franchement contestable. La grande popularité de ce comique du PAF ne suffit pas à convaincre le public et de faire de lui un acteur digne de ce nom. Trop réducteur, caricatural et excessif dans sa représentation du vizir (des cris, des grimaces, des regards caméra intempestifs), Youn irrite et exaspère. Son interprétation est effectivement trop limitée, plombée de surcroît par des dialogues faibles et des «blagounettes» peu percutantes. Quelques boutades font mouche mais elles ne suffisent pas à relever le niveau général. Les plus francophones apprécieront néanmoins les apparitions furtives de quelques célébrités françaises venues tout droit de la télé ou de la comédie: Kad et Olivier, Ariel Wizman, Franck Dubosc, Magloire, Élie Sémoun, Sofia, de la Star Ac, Raffael Mezrahi, etc. Sortie reportée kk Eulogy de Michael Clancy Cette comédie noire par excellence suit une famille totalement originale, réunie à l’occasion des funérailles du patriarche. La vedette du film n’est pas «un» personnage spécifique, mais l’ensemble de la distribution. Le réalisateur se dirige vers le décalé et l’atypique. Il offre une palette de personnages aussi originaux que délurés : des jumeaux obsédés sexuels, un père de famille/acteur raté qui apprécie les bienfaits du cannabis, une grand-mère suicidaire, etc. Le public accroche plus ou moins, amusé à l’idée de côtoyer l’inhabituel et le bizarre. Petit à petit prisonniers d’eux-mêmes, de leurs étiquettes et de l’unique lieu dans lequel ils évoluent (la maison familiale), les personnages tournent en rond, ne parviennent pas à gagner comme il se doit en densité et perdent ainsi de temps à autre l’attention des spectateurs. Ce qu’avait pourtant réussi à éviter le réalisateur Wes Anderson dans The Royal Tenenbaums, autre comédie noire sur une famille singulière. Le cinéaste avait effectivement pris plus de risque en poussant les limites de l’atypique dans la représentation de ses personnages. Le public y croyait et rentrait avec facilité dans un univers pourtant complètement déjanté, voire même parallèle. Sortie reportée Sorties prévues pour le jeudi 14/04/2005 (sous réserves) : – Hide and Seek , de John Polson, avec Robert De Niro, Dakota Fanning et Famke Janssen. – Iznogoud, de Patrick Braoudé, avec Michael Youn et Jacques Villeret. – Banlieue 13, de Pierre Morel, avec Cyril Raffaelli, David Belle et Tony d’Amario. –Without a Paddle, de Steven Brill, avec Matthew Lillard et Seth Green. Paroles dE cinéma Caméra rapprochée La «Younmania» Depuis quelques années, les jeunes de l’Hexagone scandent haut et fort un nom, un seul : Michael Youn. Vénéré et adoré des ados, ce comique s’est fait connaître grâce à une émission télévisée de la chaîne M6: le Morning Live. Durant deux ans, il réveille la France entière à travers un show à la sauce «Youn», c’est-à-dire totalement décalé. Son humour, très pipi-caca et très provocant, séduit autant qu’il énerve. Nous conviendrons cependant à dire que, bon ou mauvais, Michael n’élargit pas franchement ses horizons. Assez réducteur et limité, son personnage commence à fatiguer. Reste à savoir combien de temps durera ce phénomène de mode. Jusque-là, le comique s’en sort plutôt bien. Les chaînes de télé se l’arrachent en tant qu’invité et ses films font des cartons colossaux. Le dernier en date confirme sa grande popularité. En voulant devenir «calife à la place du calife», Youn devance les démarrages pourtant bons de ses précédents films : la Beuze (729000 entrées) et Les 11 commandements (960000 entrées). Tenez-vous bien, Iznogoud a compté plus de 1,1 million de spectateurs pour sa première semaine d’exploitation en France. Le succès de Michael Youn fait partie des nombreux mystères de la vie. Pourquoi et surtout comment de si gros navets peuvent-ils cartonner à ce point? L’humour rend-il lui aussi aveugle? D.D. Courrier Arsène Lupin : un grand n’importe quoi! On me l’avait pourtant déconseillé mais je me suis dit que ça ne pouvait pas être aussi mauvais que ça! La première partie du film se déroulait bien mais, vers le milieu, surprise: le père d’Arsène Lupin n’est pas mort, il a fait je ne sais combien d’interventions chirurgicales pour complètement changer son visage et la couleur de ses yeux! Et, en plus, il déteste son fils et veut le tuer! Est-ce une impression, ou les dix premières minutes du film s’attardaient sur la tendre complicité entre le père et le fils? Et, à la fin, la comtesse de Cagliostro tue la femme de Lupin et lui vole son fils. On s’attend à une vengeance terrible, mais non... Les années s’écoulent et c’est par hasard que Lupin revoit son fils déjà grand dans une parade et il ne fait rien. Aucune once de logique dans toute cette invraisemblance. Un scénario très compliqué et un film long. Les plus jeunes s’ennuieront, risqueront d’avoir peur et ne comprendront pas tout. Dommage, car les costumes et les décors sont sublimes. Sabine KHAYATH Contacts: Société générale de presse et d’édition SAL, Kantari, imm. Kantari Corner. E-mail: redaction@lorientlejour.com (230 mots). En gros plan Hollywood : Remous et problèmes Beaucoup de changements dans les studios des Majors. À tous les niveaux. Problème dominant: la «fabrication» des films y revient de plus en plus cher. Une situation qui entraîne un tas de conséquences. Passage en revue: – Miramax, la firme qui a produit (ou distribué) tant de films ambitieux, va devoir survivre sans les frères Bob et Harvey Weinstein, partis tenter leur chance ailleurs. Ce qui ne va pas forcément arranger les affaires de Disney, la firme mère, déjà en difficulté. – La MGM, la vénérable société au label du lion (à peine) rugissant, pourra-t-elle subsister en produisant (au sein de Sony) trois ou quatre films par an? Douteux. Autre exemple: Universal – qui vient d’être rechetée par General Electric (sous réserve) – annonce l’abandon – pour cause de scénario «politiquement délicat» – du film que devait jouer Denzel Washington, American Gangster. Nous y reviendrons. Et Paramount n’est pas précisément en bonne santé. Résultat, dans l’immédiat: moins de productions à gros budget, surtout s’il s’agit de films à prétentions «artistiques». Espérons pouvoir nous consoler (bientôt?) avec le nouveau film de Sydney Pollack, The Interpreter, joué par Sean Penn et Nicole Kidman. J.-P. GOUX-PELLETAN les ciné-clubs Old Boy de Park Chan-wook (2004) Old Boy est adapté d’un manga en 8 volumes, datant de 1997, qui fut écrit par Tsuchiya Garon et dessiné par Minegishi Nobuaki. Le film a reçu le Grand Prix du jury au Festival de Cannes 2004. Son réalisateur, Park Chan-wook, appartient à la nouvelle vague coréenne. Après Sympathy for Mr. Vengeance, le film est le deuxième volet d’une trilogie sur le thème de la vengeance. Au-delà d’une interprétation magistrale et d’une mise en scène impressionnante, le cinéaste nous offre un film noir extrêmement violent et sombre. Il explore la psychologie torturée des personnages à travers un récit incroyablement dur et des plans tout aussi nerveux: accélérations, flash-back, ellipses, etc. La musique, quasi omniprésente, participe également à l’esthétique de l’excès auquel se livre le réalisateur. L’histoire: 1988. Oh Dae-Soo, père de famille sans histoire, est enlevé devant chez lui. Séquestré pendant plusieurs années dans une cellule privée, son seul lien avec l’extérieur est la télévision. C’est par le biais de cette télévision qu’il apprend le meurtre de sa femme, meurtre dont il est le principal suspect. Grandi alors chez lui une rage intérieure vengeresse. Quinze ans plus tard, il est relâché de façon aussi inattendue que lors de son emprisonnement. Peu de temps après, il est contacté par celui qui semble être le responsable de ses malheurs. Avec Choi Min-sik et Yoo Ji-tae. Ciné-club de l’Alba, vendredi 8 avril à 19h Le silence de Mohssen Makhmalbaf (1998) Premier film du cycle «Cinéma iranien». De 1930 à 1975, le cinéma iranien était fondé sur la tradition d’un cinéma riche en métaphores et en mises en abyme. Aujourd’hui, après la révolution islamique, les cinéastes masquent leurs critiques du système en mettant en scène des enfants et en maniant les symboles. Le silence est l’exemple parfait de cette manière de contourner la censure. Il se présente comme un film simple, d’une grande beauté esthétique et poétique. L’histoire: Korshid, un garçon aveugle de 10 ans, vit avec sa mère dans un petit village du Tadjikistan. Tous les jours, Nadereh, la petite protégée du luthier chez qui il est accordeur, vient le chercher à l’arrêt de bus pour le conduire à l’atelier. Elle est son regard. Ce sont les bruits de la ville qui le guident et l’entraînent jusqu’à parfois le perdre. Avec Tahmineh Normatova et Nadereh Abdelahyeva. Auditorium de l’Esa, mardi 12 avril à 20h30 La chambre des magiciennes de Claude Miller (2000) L’histoire est inspirée du troisième chapitre du roman Les yeux bandés, de Siri Husvedt. Le choix de filmer en DV confère à ce long-métrage atypique un réalisme assez brutal qui demande aux spectateurs un léger temps d’adaptation. Cela dit, il n’enlève rien à l’intérêt du récit. Ce huis clos psychologique intrigant referme un humour noir fort appréciable, où se mêle un soupçon de fantastique, d’étrangeté, de mystère et d’angoisse. L’histoire: Claire est sujette à des vertiges dont les spécialistes ne trouvent pas l’origine. Hospitalisée, elle partage sa chambre avec la jeune Odette, joviale et bavarde, et Éléonore, une femme plus âgée qui reste muette et se livre parfois à des actes cruels et violents. Claire, qui s’est montrée égocentrique tout au long de sa vie, s’intéresse à Éléonore et à ses pouvoirs occultes. Avec Anne Brochet, Mathilde Seigner et Annie Noël. CCF, salle Montaigne, mercredi 13 avril à 19h15 DYMA DEMIRDJIAN
Les sorties de la semaine
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À voir à la rigueur k Mauvais l Pas vu n


l Iznogoud
de Patrick Braoudé

Beaucoup de bruit, d’excitation et de curiosité autour de l’adaptation cinématographique d’Iznogoud. C’est tout azimutés que les fans de la célèbre BD ont attendu sa sortie en salles. Et pour cause, Iznogoud est l’excellent personnage principal d’une BD délectable créée par le scénariste René Goscinny (le père d’Astérix) et le dessinateur Jean Tabary. Le plus mauvais et le plus démoniaque des vizirs est la vedette d’une trentaine d’ouvrages aussi drôles que divertissants. Le vizir qui veut être calife à la place du calife offre un univers riche de drôleries et d’originalité, et représente une mine d’or pour le cinéma. Encore fallait-il...