Rechercher
Rechercher

Actualités

Cognac pour cardinaux déprimés, champagne pour le vainqueur

Au XXIe siècle, le conclave n’est plus ce qu’il était : huis clos élargi à toute la cité du Vatican, cardinaux logés dans des minisuites confortables, les inconvénients ont quasiment disparu et avec eux les petites compensations, du cognac administré à titre de médicament et du champagne pour fêter le vote final, auront moins de saveur. C’est que, même si le conclave réunit des princes de l’Église dans leur grande majorité sexagénaires et septuagénaires, âge de la sagesse et de la sérénité, les émotions n’en sont pas moins fortes et les candidats ont parfois besoin d’un petit réconfortant. Ce besoin a été officiellement reconnu en 1878, lors du conclave qui devait élire Léon XIII. Conscient du piètre état des finances de l’Église, le cardinal camerlingue avait autorisé l’achat d’une bouteille de cognac pour le conclave, en précisant qu’il fallait une prescription médicale pour chaque verre distribué. Un siècle plus tard, les choses ont évolué. Selon une anecdote rapportée par le vaticaniste de l’agence italienne Ansa, Franco Pisano, le futur Jean XXIII, à la veille de son élection au trône de Saint-Pierre en 1958, pressentant déjà son destin, avait combattu le stress avec du cognac apporté par un confrère, l’archevêque de Turin Maurilio Fossati. Le cardinal Giuseppe Siri, grand habitué des conclaves qui a failli devenir pape en 1978, a reconnu par la suite s’être muni chaque fois d’une « demi-bouteille de cognac » qui aurait été fort utile, « pas pour lui, mais pour le pape élu ». Le soir de l’élection, le nouveau pape et les cardinaux électeurs dînent ensemble et, du moins pour Jean XXIII et Jean-Paul Ier, il y a eu du champagne, selon des indiscrétions ayant filtré par la suite. Et l’ambiance de fin de conclave était à l’avenant : lorsqu’un cardinal américain – ou, selon certaines versions, espagnol – a demandé à Jean Paul Ier s’il était autorisé à fumer, le nouveau pape a médité gravement la question, puis a tranché : « Éminence, vous pouvez fumer, mais à condition que la fumée soit blanche. »
Au XXIe siècle, le conclave n’est plus ce qu’il était : huis clos élargi à toute la cité du Vatican, cardinaux logés dans des minisuites confortables, les inconvénients ont quasiment disparu et avec eux les petites compensations, du cognac administré à titre de médicament et du champagne pour fêter le vote final, auront moins de saveur.
C’est que, même si le conclave réunit des princes de l’Église dans leur grande majorité sexagénaires et septuagénaires, âge de la sagesse et de la sérénité, les émotions n’en sont pas moins fortes et les candidats ont parfois besoin d’un petit réconfortant. Ce besoin a été officiellement reconnu en 1878, lors du conclave qui devait élire Léon XIII. Conscient du piètre état des finances de l’Église, le cardinal camerlingue avait autorisé l’achat d’une...