Public maigre mais fidèle, vu les circonstances exceptionnelles que traverse le pays. Pour la musique de chambre proposée par le Conservatoire national supérieur de musique à l’amphithéâtre Aboukhater (USJ), rien que du Max Bruch, professeur d’écriture à Cologne, réputé pour son refus de postromantisme outrancier et surtout pour quelques œuvres dont un superbe concerto pour violon et orchestre. On l’écoute ici, pour un peu plus de quarante-cinq minutes (concert certes court mais intense), dans huit pièces pour clarinette, viole et piano.
Sous les feux de la rampe, tous vêtus de noir, avec nœud papillon blanc pour le sympathique et talentueux clarinettiste Zdenek Drholecky, deux autres interprètes connus des mélomanes libanais, Vardan Petrossian à la viole et Aroussiag Minassian (avec de très beaux cheveux noirs annelés jusqu’à mi-dos) au clavier.
Douceur et mélancolie de la voix de Bruch avec un premier Andante qui ouvre le bal des notes en faisant dialoguer viole et clavier vite rejoints par une clarinette à la mélodie fluide et sinueuse. Plus vif et tourmenté est cet Allegro con moto à la volubilité marquée quand même par une sorte d’angoisse et de crainte, comme un drame qui se trame à l’ombre. Retour à un autre Andante, mais con moto cette fois, où les instruments ne se départagent plus mais offrent un beau florilège de l’inspiration «bruchienne» au registre bien varié et tempéré. Portant le même titre, l’opus suivant s’en démarque par le ton nerveux, le mordant du clavier et les trémolos de la viole, qui prend le dessus sur la clarinette avec des cadences plus vives et présentes. Brio et cavalcades des notes pour cet Allegro agitato tout en panache et brillante agitation. Tirée du folklore roumain est cette douce et tendre mélodie roumaine menée de main de maître sous le label d’un magnifique andante. Suit ce Nachtgesang (Le chant de la nuit) où la clarinette a les caresses du vent nocturne et où les notes tirées de la viole ont toute la luisance des lueurs nacrées d’une lune à demi-cachée par des nuages enveloppant de sombres et denses frondaisons. Toute la volupté et le mystère de la nuit dans ces pages coulant en flots paisibles et tendres. Léger, espiègle, une vraie bouffée d’air frais comme un pimpant souffle printanier est cet Allegro vivace, ma non troppo où le charme «bruchien» opère à coup sûr. Avec un plus, celui de la passion et de la véhémence. Pour fermer la boucle, rien de mieux que ce Moderato où la douceur et la mélancolie du premier opus reviennent au-devant de la scène. Les dernières notes éteintes, les applaudissements crépitent. Les artistes saluent, avec un grand sourire et furtivement le public se retire. Dehors les rues sont déjà désertes et les voitures filent à vive allure.
Edgar DAVIDIAN
Public maigre mais fidèle, vu les circonstances exceptionnelles que traverse le pays. Pour la musique de chambre proposée par le Conservatoire national supérieur de musique à l’amphithéâtre Aboukhater (USJ), rien que du Max Bruch, professeur d’écriture à Cologne, réputé pour son refus de postromantisme outrancier et surtout pour quelques œuvres dont un superbe concerto pour violon et orchestre. On l’écoute ici, pour un peu plus de quarante-cinq minutes (concert certes court mais intense), dans huit pièces pour clarinette, viole et piano.
Sous les feux de la rampe, tous vêtus de noir, avec nœud papillon blanc pour le sympathique et talentueux clarinettiste Zdenek Drholecky, deux autres interprètes connus des mélomanes libanais, Vardan Petrossian à la viole et Aroussiag Minassian (avec de très beaux cheveux noirs...
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