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Actualités - Chronologie

Festival «Paranoram, »ou quand un dessinateur réinvente le cinéma d’avant le cinéma

Thaumatotropes, praxinoscopes, zootropes, folioscopes... toutes ces drôles de machines qui préfiguraient le cinéma d’avant l’invention du cinématoscope ont ressuscité et se sont installées, l’espace d’un long week-end, à «BD à Bastia». Le festival de bande dessinée de Haute-Corse, qui a tenu sa douzième édition de jeudi à samedi, offre droit de cité à d’autres images que celles de la BD pure et dure, et a invité un créateur des plus originaux : un homme qui a revisité à sa manière ces vieilles inventions du XIXe siècle et les a présentées dans une exposition intitulée «Paranorama». Il s’appelle Rémi, il habite Roubaix. Il fut dans les années 80 dessinateur de presse (Informations dieppoises, puis Hara Kiri, Charlie hebdo, Libé...). Il dessine toujours pour un journal de chômeurs, CQFD, et il autoédite des recueils de dessins d’humour noir (trente livres à son actif, tirés à 500 exemplaires et vendus à autant d’exemplaires à des fidèles). Il a fait du spectacle de rue dans les années 90 puis, un jour, il est tombé sur un thaumatotrope, une toupie fantoche et un praxinoscope d’époque, datant des années 1820 ou 1850, dans une cinémathèque, «et j’ai été fasciné», dit-il. «Sans connaissances techniques, sans rien connaître à l’optique et aux trucages cinétiques, je me suis lancé. J’ai reconstruit ces machines, des plus simples fonctionnant avec deux ou quatre images à faire bouger jusqu’aux plus compliquées avec jeux de miroir et multiples images. Je les ai réinventées, appropriées. C’est fait à l’arraché, mais ça marche », raconte-t-il, s’amusant d’avoir « réussi, à l’ère de l’ordinateur, d’épater les gens avec des trucs aussi rétro». Un univers grinçant, drôle et inquiétant à la fois Il épate petits et grands à «BD à Bastia» où toute une salle est réservée à ses machines, une douzaine, entièrement faites à la main, ressemblant sans y ressembler totalement aux originaux, aussi baroques mais moins innocentes dans ce qu’elles montrent, dévoilant des univers quelque peu grinçants. On peut, on doit toucher. On actionne des manivelles, on pousse des boutons et les miroirs tournent, les rouleaux se dévident, les plaques et les volets s’ouvrent, des lumières s’allument. On voit des boxeurs se massacrer, des maisons flamber, de petits chiens se soulager éperdument, des éléphants se monter les uns sur les autres, des visages se convulser... On voit aussi un homme blanc devenir noir ou encore la figure débonnaire d’un George Washington sur le billet d’un dollar se transformer en tête de mort grimaçante. C’est drôle et inquiétant à la fois. Il s’attèle maintenant, «toujours en apprenant sur le tas, par tâtonnements», à réaliser un film d’animation à projeter dans son expo. Il a construit un studio chez lui et il expérimente. Rémi transporte son musée personnel en camionnette de fêtes de villages en festivals. C’est au festival de BD de Colomiers que Dominique Mattei, la directrice de «BD à Bastia », l’a découvert. Cette semaine, il sera au Maroc, au festival du cinéma d’animation de Meknès.

Thaumatotropes, praxinoscopes, zootropes, folioscopes... toutes ces drôles de machines qui préfiguraient le cinéma d’avant l’invention du cinématoscope ont ressuscité et se sont installées, l’espace d’un long week-end, à «BD à Bastia».
Le festival de bande dessinée de Haute-Corse, qui a tenu sa douzième édition de jeudi à samedi, offre droit de cité à d’autres images que celles de la BD pure et dure, et a invité un créateur des plus originaux : un homme qui a revisité à sa manière ces vieilles inventions du XIXe siècle et les a présentées dans une exposition intitulée «Paranorama».
Il s’appelle Rémi, il habite Roubaix. Il fut dans les années 80 dessinateur de presse (Informations dieppoises, puis Hara Kiri, Charlie hebdo, Libé...). Il dessine toujours pour un journal de chômeurs, CQFD, et il...