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PRESSE Dans «Le Commerce du Levant », une enquête sur l’économie de l’ombre

L’économie de l’ombre ou souterraine, ou encore le business de la corruption : tous ces termes recoupent la même réalité libanaise en vigueur depuis le début des années 1990. Et dans le contexte politico-militaire qui a caractérisé le pays au cours de toute cette période, c’est en réalité l’ensemble des agissements libano-syriens qui a fait l’objet d’une grande enquête publiée dans la dernière édition du Commerce du Levant, mise en vente à partir d’aujourd’hui. Le mensuel économique s’est fondé d’abord sur des dizaines de citations ou de « petites phrases » lancées à différentes occasions depuis des années par des politiciens de tous bords. Des « révélations » qui ont été crescendo et qui ont atteint parfois un haut niveau de virulence et de précision, par exemple lors du 5e appel des évêques maronites en septembre dernier. Le député Marwan Hamadé a également été l’un des porte-drapeaux de cette divulgation au Parlement, juste avant la démission du gouvernement Karamé fin février. Cependant le mystère reste entier, du moins pour le commun des mortels, sur les détails des domaines d’intervention et sur les mécanismes des détournements de fonds opérés par ce qu’on appelle désormais, sans fausse pudeur, les mafias libano-syriennes. Les exemples ne manquent pas. Sur 16 pages, Le Commerce du Levant rend compte d’un ensemble de dossiers chauds, à partir d’une trentaine de sources de première main, faisant tomber ainsi tous les tabous. En voici quelques-uns : • La contrebande n’est plus cette activité cachée qui s’opère dans les régions montagneuses loin des regards. Elle est devenue une opération bien organisée qui s’effectue au grand jour. La mainmise fait ainsi partie intégrante du système des échanges commerciaux, au détriment de notre agriculture, de notre industrie et du commerce réglementaire. • Les détournements de fonds et les surfacturations outrageuses sont presque institutionnalisés au niveau des achats de carburants, des contrats publics, des grands secteurs de l’économie réelle. Les perceptions se font selon un schéma prédéterminé, avec une répartition des profits indus, par des éléments généralement liés aux services de sécurité ou alliés politiques de la Syrie. • Les députés imposés sur des listes loyalistes prennent souvent l’aval d’un officier supérieur à Anjar avant de se porter candidats, versent des « contributions » financières aux services et se font fort de signer tous les documents qui leur sont présentés au cours de leur mandat, servant les intérêts de leur protecteur. • Les administrations sont infiltrées de fonctionnaires imposés par les « services », puis chargés de faciliter les détournements de fonds. • Des éléments protégés pillent, sans être inquiétés, les ressources publiques, que ce soit au niveau des télécoms, de l’électricité, de la construction, de la santé, du Casino… • Des banques servent de relais financiers à ces agissements, dont notamment l’affaire très médiatisée de la banque al-Madina. En fait, la liste est longue, et il n’y a pratiquement aucun domaine qui n’ait été touché. Surtout que la justice, supposée représenter un dernier rempart pour les personnes lésées, a elle aussi sombré dans une dépendance accrue vis-à-vis de quelques politiciens ou éléments des services, même si un certain nombre de magistrats sont restés au-dessus de tout soupçon. Les montants en jeu sont conséquents et considérables quelles que soient les méthodes de calcul adoptées. Divers rapports avaient d’ailleurs circulé depuis des années, et surtout les dernières semaines, sur les montants détournés par année et par secteur. Le Commerce du Levant a certes repris quelques chiffres ou pourcentages qui semblaient aux auteurs du dossier « plausibles, sinon vérifiables, dans une marge d’erreur acceptable ». Mais le mensuel s’est abstenu de lancer des chiffres globaux, laissant probablement aux autorités judiciaires, après le recouvrement de la souveraineté et de la liberté d’action, le soin de quantifier les pertes et, éventuellement, de sanctionner les responsables.

L’économie de l’ombre ou souterraine, ou encore le business de la corruption : tous ces termes recoupent la même réalité libanaise en vigueur depuis le début des années 1990.
Et dans le contexte politico-militaire qui a caractérisé le pays au cours de toute cette période, c’est en réalité l’ensemble des agissements libano-syriens qui a fait l’objet d’une grande enquête publiée dans la dernière édition du Commerce du Levant, mise en vente à partir d’aujourd’hui.
Le mensuel économique s’est fondé d’abord sur des dizaines de citations ou de « petites phrases » lancées à différentes occasions depuis des années par des politiciens de tous bords. Des « révélations » qui ont été crescendo et qui ont atteint parfois un haut niveau de virulence et de précision, par exemple lors du 5e appel...