Le ministre koweïtien de l’Énergie, cheikh Ahmed Fahd al-Sabah, a indiqué que le mégaprojet portant sur le développement de quatre champs pétroliers du Nord de l’émirat nécessiterait des investissements de plus de 8,5 milliards de dollars.
Cheikh Ahmed, qui a soumis le mois dernier au Parlement une nouvelle loi réglementant le projet, a rappelé lors d’une conférence de presse que les investissements nécessaires étaient initialement estimés à 7 milliards de dollars.
Les profits que pourront tirer les compagnies étrangères de leurs investissements seraient de l’ordre de 3,2 milliards de dollars sur 20 ans, a-t-il ajouté.
Le projet, en discussion depuis une décennie, est repoussé systématiquement en raison de la résistance de députés koweïtiens qui veulent s’assurer que les ressources nationales pétrolières ne tombent pas entre les mains de firmes étrangères.
La commission financière et économique du Parlement a tenu récemment trois réunions avec le ministre de l’Énergie et de hauts responsables pétroliers qui lui ont longuement exposé les différents aspects technique, financier et juridique des contrats proposés avec des firmes étrangères.
Elle ne devrait pas faire son rapport au Parlement avant plusieurs semaines, selon des parlementaires.
Cheikh Ahmed a réaffirmé que le nouveau projet exclut toute possession étrangère des ressources pétrolières de l’émirat, dans une tentative d’apaiser les craintes des députés.
Le projet du Nord n’est pas basé sur un partenariat mais sur des contrats de services, et les firmes étrangères seront payées en espèces et non en brut, a-t-il ajouté. Le projet de loi, en 28 articles, stipule que « toute la richesse et toutes les ressources sont propriété de l’État », a-t-il poursuivi.
L’investissement est destiné à augmenter la production des quatre champs, situés près de la frontière avec l’Irak, qui seraient ouverts à la participation étrangère, dans le cadre de la stratégie de l’émirat de porter sa production de 2,6 millions de barils/jour (mbj) actuellement à 4 mbj en 2020.
Les autorités ont mis en place une nouvelle compagnie pour superviser le projet, baptisé Project Kuwait, afin d’accélérer le processus de sa réalisation.
Le directeur adjoint de la compagnie, Hachem al-Rifaï, a indiqué lors de la conférence de presse que le projet devrait augmenter la production des quatre champs de 530 000 bj actuellement à 900 000 bj durant la période d’exécution du projet, qui durera 20 ans.
Mais le bureau de consultants indépendants al-Shall a mis en doute ces estimations. Dans un rapport économique publié la semaine dernière, il a estimé qu’une production de 900 000 bj ne pourrait pas être possible au-delà de 6 ans, prédisant une production moyenne de 680 000 bj, soit 150 000 bj de plus que le niveau actuel de la production.
Al-Shall ajoute que le projet devrait augmenter la production pétrolière du Koweït de quelque 1 milliard de barils en 20 ans pour la porter à 5 milliards de barils. Le Koweït, dont le sous-sol recèle 10 % des réserves pétrolières prouvées dans le monde, a déjà présélectionné quelque 25 compagnies étrangères pour le projet du Nord, incluant Shell, ExxonMobil, BP Amoco, ENI, Total et Chevron.
Les compagnies ont formé trois consortiums qui ont soumis leurs offres. Mais aucune décision ne peut être faite avant un accord entre le gouvernement et le Parlement.
Bénéfice net en hausse de 125 % pour Equate
La compagnie de pétrochimie koweïtienne Equate a réalisé en 2004 un bénéfice net en hausse de 125 % par rapport à 2003, grâce à la croissance de ses ventes et à une réduction de ses coûts de production, a-t-elle annoncé hier dans un communiqué.
La compagnie a dégagé 620,5 millions de dollars de bénéfice net en 2004 contre 276 millions de dollars en 2003, a précisé l’entreprise, se félicitant d’une « année en or lors de laquelle Equate a été en mesure d’augmenter sa production, réduire ses coûts et réaliser des bénéfices sur ses ventes et ses opérations ». Equate est une société à participation croisée de Dow Chemical (États-Unis - 42,5 %), PIC (Koweït, publique - 42,5 %), Bubiyan Petrochemicals Company (Koweït, privée – 9 %) et al-Quraïn (Koweït, privée – 6 %).
Hausse de la production
de brut de 150 000 bj en avril
Le Koweït, membre de l’Opep, sera en mesure d’augmenter sa production le mois prochain de plus de 150 000 barils par jour (bj), après la remise en service totale d’une station de pompage, a annoncé hier un responsable du secteur pétrolier de l’émirat. « Actuellement, plus de 100 000 barils par jour sortent de la station 15. À la fin du mois d’avril, nous serons en mesure de faire monter la production à plus de 250 000 bj », a déclaré Emad Sultan, responsable de l’équipement, à des journalistes sur place. La remise en service de la station de pompage, sur le champ pétrolier d’al-Rawdhataïn, devrait faire progresser la capacité de production actuelle du Koweït de 2,6 à 2,8 millions de barils par jour. La station avait été partiellement rouverte en janvier, près de trois ans après sa fermeture à la suite d’une explosion qui avait coûté la vie à quatre ouvriers et en avait blessé 19 autres. Plus de la moitié de la station avait été détruite dans l’accident le 1er février 2002. La capacité de production maximale de la station est de 380 000 bj, mais M. Sultan a indiqué qu’elle ne pomperait qu’entre 250 000 et 300 000 bj, selon la politique de production de l’émirat, après la fin de deux chantiers en avril.
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