Paradoxal, certes, ce bilan 2004, et on va s’en expliquer tout de suite – chiffres à l’appui. Durant l’année en question, 190 millions de spectateurs se sont rendus dans les salles obscures de l’Hexagone. Un résultat tout à fait remarquable : cela faisait 20 ans que les cinémas n’avaient pas été à pareille fête. À noter que 21 films sortis en 2004 ont enregistré plus de deux millions d’entrées, à savoir : côté français, « Les Choristes », « Un long dimanche de fiançailles » et « Podium » – côté américain, « The Lord of the Rings 3 », « Shrek 2 », « Spider Man 2 » et « Harry Potter 3 ». À noter également un phénomène qui peut paraître curieux : les gens se montrent de moins en moins attirés par les films récents diffusés à la télévision ; la baisse est sensible par rapport aux années précédentes (à partir de 2001). Mais le paradoxe ne s’arrête pas là.
Cette hausse sensible de la fréquentation intervient alors qu’on ne parle que DVD et « cinéma à la maison » – sans oublier les chaînes cablées et les nombreux films sortis en salles et piratés (voir Internet). Une revue spéciailisée écrit : « C’est à n’y rien comprendre. Jamais les films n’ont été aussi facilement accessibles (...), et pourtant, jamais en France les cinémas n’ont été aussi fréquentés (...). Ce nouvel engouement dépend, certes, de l’appétit pour les nouveaux films, par nature aléatoire, mais aussi de paramètres plus structurels.»
Et de préciser : « Mille salles sont nées durant la dernière décennie, pour porter le total à 5 289 : un tiers des communes de moins de 10 000 habitants ont une salle.» L’amélioration du confort a joué son rôle, attirant du même coup de nombreuses personnes « âgées » qui avaient pu délaisser les salles.
Ajoutons une remarque : un film est fait pour être vu – c’est l’évidence – mais de préférence en salle, avec le public. C’est là le plaisir réel du cinéma.
Derniers détails
Cela dit, le Centre national du cinéma (CNC) maintient un optimisme prudent : les années peuvent se suivre sans forcément se ressembler. Et puis, il y a les problèmes au niveau de l’exportation. Le caractère, souvent par trop intimiste, de nombreux films français ne favorise pas leur vente à l’étranger (le Japon est une heureuse exception), Amélie Poulain restant comme une sorte de réussite miraculeuse. Quant à la situation spécifique du marché libanais, nous l’avons souvent évoquée ici même. On termine sur un détail matériel qui a son importance : le prix des billets de cinéma. En France, il est actuellement – en moyenne – de 5,74 euros (à vous de convertir en monnaie locale !). Une sortie que les jeunes peuvent se permettre sans trop grever leur budget.
J.-P. GOUX-PELLETAN
(Sources : presse professionnelle).
Paradoxal, certes, ce bilan 2004, et on va s’en expliquer tout de suite – chiffres à l’appui. Durant l’année en question, 190 millions de spectateurs se sont rendus dans les salles obscures de l’Hexagone. Un résultat tout à fait remarquable : cela faisait 20 ans que les cinémas n’avaient pas été à pareille fête. À noter que 21 films sortis en 2004 ont enregistré plus de deux millions d’entrées, à savoir : côté français, « Les Choristes », « Un long dimanche de fiançailles » et « Podium » – côté américain, « The Lord of the Rings 3 », « Shrek 2 », « Spider Man 2 » et « Harry Potter 3 ». À noter également un phénomène qui peut paraître curieux : les gens se montrent de moins en moins attirés par les films récents diffusés à la télévision ; la baisse est sensible par rapport aux...
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