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Actualités - Opinion

Le pouvoir en voie d’être sanctionné pour ses erreurs de trajectoire

Qui sème le vent récolte la tempête. Un pôle opposant relève que le pouvoir a commis des fautes parce qu’il s’est trompé dans ses calculs comme dans ses paris. Il doit fatalement en payer le prix. Et de rappeler qu’en formant précédemment un gouvernement monochrome sous la houlette d’Omar Karamé, on a tenté de contrer la 1559. Adoptant des positions en flèche, le président du Conseil avait proclamé que les Libanais étaient divisés au sujet de cette résolution, et que les élections législatives trancheraient. Mais les officiels libanais ont dû rapidement se mordre les doigts de s’être montrés plus royalistes que le roi. Car la Syrie de son côté s’est inclinée devant la 1559 et en a entamé l’application par le repli de ses forces. Pour masquer sa déconvenue, le gouvernement a prétendu que ce redéploiement n’est pas le fruit de la 1559, mais s’inscrit dans le cadre de l’exécution de Taëf. Une assertion qui porte à sourire, quand on sait que pendant 16 ans personne ne s’est soucié d’appliquer les préceptes de Taëf et qu’on ne s’en est souvenu qu’après la 1559. Une faute encore plus lourde a été commise lors de l’assassinat du président Rafic Hariri. Les autorités ont pensé qu’on pouvait traiter l’événement rapidement (elles ont fait enlever les voitures et voulaient même rouvrir la route deux heures après l’attentat !), de manière à ce que le lendemain ce serait comme si de rien n’était. Comme cela s’était passé jadis pour nombre d’assassinats politiques. Sans se rendre compte que cette fois, le climat international était trop différent et l’affaire était trop énorme pour être étouffée. Le pouvoir a donc entrepris de poursuivre tranquillement sa route, en engageant le débat sur le projet de nouvelle loi électorale. Toujours comme si de rien n’était. Mais il s’est heurté au barrage dressé par l’opposition, au sein et en dehors de la Chambre. Ce qui l’a obligé à accepter un débat consacré aux attentats. Et, suite au déchaînement virulent des députés contestataires, qui ont enfoncé nombre de clous, Karamé, en manque de riposte crédible, a dû rendre son tablier. Sous la pression, faut-il le rappeler, d’un peuple massé place des Martyrs pour exiger la vérité autant que le départ du gouvernement. Parce qu’elle a été trop tardive, cette démission a tourné à la déroute pour le pouvoir. En effet, toujours selon le même pôle opposant, si les autorités s’étaient rendu compte dès l’assassinat de la gravité de l’événement, elles auraient de suite décidé de faire partir le gouvernement. Comme les normes le veulent, dans des cas pareils. Une telle démarche aurait permis, par la suite, de protéger les cadres des services de renseignements et de sécurité. Donc le système installé par la tutelle aurait pu mieux résister. Autre faute commise depuis le début : rejeter catégoriquement la demande de l’opposition, et de l’opinion, d’un recours à une commission d’enquête internationale. Sous le prétexte fallacieux de la souveraineté et de la crédibilité de la justice libanaise. C’est donc contraint et forcé que le pouvoir a dû accepter la mission Fitzgerald, qui a fustigé, en définitive, ses flagrants manquements comme sa totale incompétence. Et c’est encore plus forcé et contraint qu’il va devoir se soumettre à une enquête internationale en règle. Les doigts accusateurs se pointent en effet sur lui. Alors que s’il avait lui-même pris l’initiative de s’en remettre à la justice internationale, il serait apparu comme de parfaite bonne foi dans la quête de la vérité pure. Comme de parfaite lucidité en ce qui concerne ses capacités techniques limitées. Et, au lieu de s’en prendre à lui, pour ses vaines simulations, la communauté internationale aurait applaudi son honnêteté morale et intellectuelle. Mais, conclut ce pôle opposant, le feuilleton des erreurs du pouvoir n’est jamais fini. On a ainsi prié Karamé, après sa démission, de former de nouveau le gouvernement. Manifestement pour gagner du temps. Car il demande l’impossible, c’est-à-dire un cabinet dit d’union nationale. Or si le pouvoir espère ainsi provoquer un report ou une annulation des élections, il se met le doigt dans l’œil : c’est ce que lui répètent les puissances, et l’Onu, qui exigent un scrutin libre dans les délais. Émile KHOURY

Qui sème le vent récolte la tempête. Un pôle opposant relève que le pouvoir a commis des fautes parce qu’il s’est trompé dans ses calculs comme dans ses paris. Il doit fatalement en payer le prix. Et de rappeler qu’en formant précédemment un gouvernement monochrome sous la houlette d’Omar Karamé, on a tenté de contrer la 1559. Adoptant des positions en flèche, le président du Conseil avait proclamé que les Libanais étaient divisés au sujet de cette résolution, et que les élections législatives trancheraient. Mais les officiels libanais ont dû rapidement se mordre les doigts de s’être montrés plus royalistes que le roi. Car la Syrie de son côté s’est inclinée devant la 1559 et en a entamé l’application par le repli de ses forces. Pour masquer sa déconvenue, le gouvernement a prétendu que ce...