Rechercher
Rechercher

Actualités

Cinéma Une semaine forte en esthétisme (photo)

Les sorties de la semaine À voir absolument kkk À voir kk À voir à la rigueur k Mauvais l Pas vu n kk Alfie de Charles Shyer Alfie est le remake de la comédie éponyme réalisée en 1966 par Lewis Gilbert, elle-même adaptée d’une pièce de Bill Naughtaun. Dans le film d’origine, Michael Caine incarnait le tombeur de jupons. Changement de lieu et d’acteur pour le remake. Le cinéaste Charles Shyer déplace l’histoire de Londres à New York, et le rôle principal est cette fois interprété par Jude Law. Certainement moins sombre que l’original, le nouvel Alfie diffuse néanmoins une atmosphère aigre-douce: le séducteur tombe dans son propre piège et réalise l’ampleur de sa solitude intérieure. Cela dit, le tout reste plutôt léger, clinquant et très stylé. Le personnage évolue dans le Manhattan classe et «trendy» de Sex and the City, les femmes sont toutes belles, libérées et modernes. Jude Law est donc l’englishman in New York. Choix judicieux compte tenu du physique dandynèsque au possible de l’acteur. Si l’action se déroule en 2004, l’équipe a maintenu la technique inhabituelle et novatrice utilisée dans les années 60: Alfie s’adresse directement au spectateur, le prenant à témoin. Plaisir suprême pour la gent féminine qui passe 2h50 en quasi tête-à-tête avec Jude. Le cinéaste ravive ainsi les années 60 et ne se prive pas également d’adresser plusieurs clins d’œil nostalgiques à cette époque: la vespa d’Alfie, la coiffure de Liz, l’extrait d’un film avec Steve McQueen et une bande originale signée Mick Jagger. Des lumières aux décors, en passant par des habits à la mode et une musique rythmée, tout a été réfléchi afin de mettre en valeur les acteurs et les actrices du film. Pour ceux qui paniquent à l’idée «d’overdoser» face à toutes les apparitions de Jude Law, la beauté des images et la réalisation rythmée leur permettront de souffler un peu. Rien à dire, Alfie est aussi esthétique que son acteur principal qui offre là une sorte de one-man-show sur fond de dolce vita cynique. EMPIRE, ABC/DUNE/GALAXY, ESPACE, FREEWAY k The Phantom of the Opera de Joel Schumacher Joel Schumcher est aux commandes de cette énième adaptation de la comédie musicale d’Andrew Lloyd Webber, inspirée du roman de Gaston Leroux. Rappelons que le cinéaste est celui de Bateman Forever. Tout était donc à craindre de cette superproduction. Prédiction justifiée après le visionnage du film. Kitschissime et romanesque au possible, The Phantom of the Opera dégouline de mièvrerie. Si le côté fort théâtral et pompeux du jeu des acteurs aurait éventuellement passé sur les planches d’un théâtre, il n’est absolument pas à sa place sur grand écran. Baz Luhrman avait réussi le pari dans Moulin Rouge en mêlant gravité et excentricité. Ici le film se noie dans les superlatifs. Trop de musique, trop de batteries pop, de guitares électriques, d’orgues pompeux, trop de chansons (certains dialogues sont même chantés). Les décors sont certes magnifiques, mais ils laissent un arrière-goût de superficiel et de factice. Reste les costumes, absolument somptueux et flamboyants, qui éclipsent d’ailleurs les personnages. Emmy Rossum (Mystic River, The Day After Tomorrow), 2h20 durant (un peu à la manière de Froddo dans The Lord of The Rings), garde la même moue, empêchant son personnage de gagner en densité et en nuance. Patrick Wilson, quant à lui, manque considérablement de charisme dans le rôle de Raoul. Minnie Driver se démarque cependant du lot. En jouant l’extravagante Diva Carlotta, l’actrice vole incontestablement la vedette au reste du casting. Ce long-métrage est donc sauvé par les splendides costumes ainsi que par la musique symphonique plutôt efficace. EMPIRE, ABC/DUNES/ST-ÉLIE/ SOFIL, KASLIK, FREEWAY k Robots de Chris Wedge et Carlos Saldanha Passons vite au-dessus de l’intrigue simpliste (un jeune robot tente sa chance en tant qu’inventeur dans la ville nommée Robot City) pour nous attarder sur l’essentiel de ce film d’animation : l’univers absolument hallucinant de créativité. Réalisé par Chris Wedge et Carlos Saldanha (à l’origine de Ice Age), Robots nous ouvre les portes d’un monde totalement robotisé : du chien, à la bouche d’égout, en passant par le lampadaire. Chaque robot détient néanmoins sa propre spécificité. Rodney a les yeux bleus, Piper des couettes, Ratchet une silhouette musclée et longiligne, etc. Ainsi, l’artificiel s’efface, laissant place à la personnification et permettant de ce fait aux spectateurs de ne pas perdre la boussole et de plus facilement s’attacher à chacun des spécimens. Les voix participent également à rendre les machines plus attachantes aux yeux du public. Robots n’a pas dérogé à la règle des films d’animation, à savoir engager coûte que coûte des acteurs connus pour doubler les voix des héros à boulons : Ewan McGregor, Halle Berry et Robin Williams. Un tel casting appâte effectivement le public et donne du coffre à des héros moyennement drôles. Impeccable pour son esthétisme, son originalité et son univers créé de toutes pièces, le film souffre néanmoins d’une intrigue rachitique et de dialogues plutôt faibles. La forme suffit-elle à compenser le fond ? Pas sûr… ESPACE, FREEWAY, Circuit EMPIRE sauf SOFIL n Mar adentro (The Sea Inside) d’Alejandro Amenabar Aucune projection pour la presse n’ayant été organisée, nous regrettons de ne pouvoir vous donner la critique du film avant la prochaine page cinéma. Mar adentro est tiré d’une histoire vraie. Celle de Ramon Sampedro, devenu tétraplégique à la suite d’un accident et qui s’est battu durant vingt-neuf ans pour le droit à l’euthanasie. Le cinéaste espagnol Alejandro Amenabar signe là le portait d’un homme hors du commun, au destin aussi riche que tragique. La mort, la vie, le sexe, le rire et la souffrance, voilà quelques-uns des thèmes abordés. Le film a été récompensé d’un Oscar et d’un Golden Globe dans la catégorie «Meilleur film étranger». EMPIRE SOFIL Sortie prévue pour le jeudi 31/03/2005 (sous réserves) : – The Ring 2, de Hideo Nakata avec Naomi Watts, Simon Baker et David Dorfman. Paroles dE cinéma Caméra rapprochéeJude Law : opération séduction Foisonnante année que l’année 2004 pour l’acteur Jude Law qui compte quatre longs-métrages à son actif. Il relève presque du domaine de l’impossible d’éviter de se trouver nez à nez, face-à-face ou en tête-à-tête avec l’acteur. Pilote dans Sky Captain and the World of Tomorrow, acteur dans The Aviator, écrivain dans Closer et chauffeur dans Alphie, Law passe d’un personnage à un autre avec aisance, en prenant soin de choisir des genres cinématographiques bien différents. Ses débuts marquent néanmoins un goût pour la science-fiction: Shopping, réalisé par Paul Anderson, Gattaca d’Andrew Niccol, eXistenZ de David Cronenberg et A.I: Artificial Intelligence de Steven Spielberg. Le temps passe, les goûts changent et la fiction laisse alors place à la séduction. Nous conviendrons tous à dire que Jude Law, au-delà de ses talents d’acteur, bénéfice également d’un physique plutôt avantageux. Le côté bobo-dandi plaît, Jude le sait… autant en profiter. Pas bête, la guêpe choisit d’exhiber le plus possible son minois et de tout miser sur l’opération séduction. Et puisque l’acteur n’a qu’une parole, il s’exécute, que ce soit dans le très sexuel Closer ou dans le très séducteur Alphie. Et dans ce dernier, le comédien s’est surpassé. Sous toutes les coutures, de bas en haut, de gauche à droite, de devant comme de derrière, le comédien offre sa gueule et son corps… au risque de n’être plus réduit qu’à cela. Les spectatrices s’en plaindront-elles? D.D. En gros plan Hollywood: de jeunes espoirs sérieux Elles sont nombreuses les jeunes comédiennes qui essaient de percer, à Hollywood, où les studios les lancent un peu n’importe comment et dans n’importe quoi, à vrai dire. Le plus souvent venues de la télé, elles ne durent pas longtemps: par exemple, le temps d’une «série» à succès sur le petit écran. Entre tant d’autres, qui se souvient d’une Alicia Silverstone, dont plus personne ne parle aujourd’hui? Pourtant, de temps à autre – plutôt assez rarement – se révèlent des débutantes dont la personnalité déjà affirmée et le talent surprenant permettent les plus grands espoirs. Deux noms s’imposent, aux cinéastes comme au public. Scarlett Johansson, d’abord, qui fût remarquable de sobriété et de complexité contrôlée dans le beau film (un peu sous-estimé) de Peter Webber, Girl With a Pearl Earring (2003). Avant de jouer, aux côtés de Bill Murray, dans Lost in Translation, de Sofia Coppola (autre révélation, en tant que cinéaste). Et, aujourd’hui, dans In Good Company, de Paul Weitz. Et l’on parle beaucoup de Hillary Swank, depuis Boys Don’t Cry (oscarisée en 99), qui vient de gagner son second Oscar pour sa performance dans Million Dollar Baby. Espoirs... J.-P. GOUX-PELLETAN les ciné-clubs For a Few Dollars More de Sergio Leone (1965) Sergio Leone laisse une fois de plus une grande place à l’ironie et au cynisme. Ce deuxième volet de la trilogie du cinéaste (après A Fistful of dollars) pose les bases du chef-d’œuvre qui lui fera suite, The Good, The Bad and th Ugly . Le cinéaste nous offre néanmoins un classique du cinéma et du western. Un rythme efficace, de bons dialogues, une musique mythique (Ennio Morricone), de superbes plans et d’excellents acteurs servent un film devenu culte. L’histoire: le colonel et le manchot sont deux chasseurs de primes complètement opposés : l’un est un tireur d’élite, l’autre un fin calculateur. Ils poursuivent, chacun de son côté, un dangereux hors la loi. Leur objectif commun est Indio, un tueur fou échappé d’un pénitencier et qui sème la terreur. Lorsque le colonel et le manchot se rencontrent à El Paso, ils décident de s’associer. Avec Clint Eastwood, Lee Van Cleef et Gian Maria Volonté. Auditorium de l’Esa, mardi 29 mars à 20h30 Le petit voleur d’Erick Zonca (1998) Filmé caméra à l’épaule, Le petit voleur suit la descente aux enfers d’un jeune paumé. Une mise en scène énergique et percutante est au service de ce récit d’apprentissage. L’histoire: un jeune apprenti boulanger licencié fuit sa ville et devient, à Marseille, le simple larbin d’une bande de petits voleurs. Entre vie rêvée et vie fantasmée. Avec Nicolas Duvauchelle, Yann Tregouët et Jean-Jérôme Esposito. CCF, salle Montaigne, mercredi 30 mars à 19h15 DYMA DEMIRDJIAN
Les sorties de la semaine
À voir absolument kkk À voir kk
À voir à la rigueur k Mauvais l Pas vu n

kk Alfie
de Charles Shyer

Alfie est le remake de la comédie éponyme réalisée en 1966 par Lewis Gilbert, elle-même adaptée d’une pièce de Bill Naughtaun. Dans le film d’origine, Michael Caine incarnait le tombeur de jupons. Changement de lieu et d’acteur pour le remake. Le cinéaste Charles Shyer déplace l’histoire de Londres à New York, et le rôle principal est cette fois interprété par Jude Law.
Certainement moins sombre que l’original, le nouvel Alfie diffuse néanmoins une atmosphère aigre-douce: le séducteur tombe dans son propre piège et réalise l’ampleur de sa solitude intérieure. Cela dit, le tout reste plutôt léger, clinquant et très stylé. Le personnage évolue dans le...