Ils sont venus de partout et ont répondu, d’une seule voix, à l’appel de la nation meurtrie. Et sans fausse note, s’il vous plaît !
Des centaines de milliers (on avance le chiffre énorme d’un million), partis aux aurores pour voir se lever le soleil de la liberté. Sans fausse note, ai-je dit, sans désaccord aussi. Une symphonie fantastique orchestrée par tout un peuple mû, soulevé, par un ouragan d’espoir.
Avec une dignité qui force l’admiration et un ordre à faire pâlir d’envie les peuples les mieux policés, ils ont réaffirmé leur détermination à la souveraineté et à l’indépendance.
Huit cent mille, un million... qui dit mieux ? Plus d’un peuple aurait à tirer une leçon de civisme et de démocratie de ces très jeunes, jeunes ou moins jeunes libanais venus des quatre coins du pays affirmer leur attachement aux valeurs de la démocratie. Leur courage et leur ténacité n’avaient d’égal que leur humour. Sans trivialité, sans vulgarité et sans hargne, mais avec sagacité et maturité, ils ont crié leur amour de la liberté.
Peuples du monde, apprenez de ceux-là le courage et la grandeur ; de ceux-là vous recevrez la foi et la liberté en héritage.
Quatre cent mille, hier ; un million aujourd’hui, qu’est-ce que ça change ? Certes, c’est le peuple tout entier qui s’exprime après des années de mutisme forcé. Mais au-delà de cette surenchère des nombres, pas question de revenir en arrière : ce qui est dit est dit ! Le train est en marche, l’histoire aussi, et il ne faut en aucun cas manquer le coche. Ce serait, pour nous, fatal et notre histoire foisonne de ces « erreurs » chèrement payées.
Alors quid à présent ? Une bataille est gagnée mais pas la guerre, et tout reste encore à faire. D’abord sécher nos pleurs et puis panser nos plaies. Préparer enfin des lendemains qui chantent : reformer une véritable entente nationale, s’appliquer dans de vrais dialogues constructifs avec (toutes) les factions en présence, partant de concertations réellement positives ; s’impliquer et impliquer (tous) les Libanais de bonne volonté dans un vaste programme ; faire preuve de plus de discernement dans le choix de nos dirigeants ; enfin rétablir des relations saines et fiables (et diplomatiques) avec la Syrie (oui, oui, avec la Syrie !), relations revues et corrigées sur des bases d’échanges (équilibrés) dont les deux pays pourraient jouir (équitablement).
Faisons confiance à la jeunesse de ce pays ; cette confiance, elle l’a bien méritée dans ce combat mené pour la liberté, dans cette lutte pour recouvrer honneur et dignité.
Enfin, ne soyons plus sourds aux voix qui s’élèvent pour rétablir le droit, la justice et l’amour. Car aujourd’hui la vieille lyre s’est brisée sur le rocher qui s’appelle Rafic Hariri... La lyre, qui appela à la soumission, à la servitude et au déshonneur.
Ô Seigneur, je m’agenouille, pardonne-moi mes chants.
Gilbert MOUFAREGE
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Ils sont venus de partout et ont répondu, d’une seule voix, à l’appel de la nation meurtrie. Et sans fausse note, s’il vous plaît !
Des centaines de milliers (on avance le chiffre énorme d’un million), partis aux aurores pour voir se lever le soleil de la liberté. Sans fausse note, ai-je dit, sans désaccord aussi. Une symphonie fantastique orchestrée par tout un peuple mû, soulevé, par un ouragan d’espoir.
Avec une dignité qui force l’admiration et un ordre à faire pâlir d’envie les peuples les mieux policés, ils ont réaffirmé leur détermination à la souveraineté et à l’indépendance.
Huit cent mille, un million... qui dit mieux ? Plus d’un peuple aurait à tirer une leçon de civisme et de démocratie de ces très jeunes, jeunes ou moins jeunes libanais venus des quatre coins du pays affirmer leur...