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Actualités - Opinion

L’opposition estime que le pouvoir se livre à des manœuvres dilatoires

Le président Omar Karamé semble vouloir prendre son temps. L’opposition a beau afficher sa détermination, il ne veut pas se le tenir pour dit. Il ne renoncera pas avant d’avoir épuisé toutes les ressources pour former un gouvernement d’union nationale sans s’engager à accepter les exigences de l’opposition, affirmant qu’on en discutera au sein du Conseil des ministres. Il développe des contacts, par émissaires interposés. En soutenant qu’il cherche à arrondir les angles. Il pense, sans doute, que le patriarche Sfeir l’aiderait, à son retour d’Amérique. En espérant, peut-être, provoquer des divisions entre les opposants qui se prononceraient pour ou contre la participation au gouvernement. Il commence à pencher pour une commission d’enquête arabe ou internationale structurée autour des magistrats libanais. Il suggère que le Conseil des ministres prochain règle le cas des cadres de sécurité dont l’éviction est réclamée pour défaillances graves. Alors qu’il sait, comme tout le monde, que ces conditions de l’opposition ne sont pas négociables. Il en ressort, observent les opposants, que le président Karamé se livre à des manœuvres dilatoires, pour gagner du temps et rien d’autre. Le but final étant, selon un pôle contestataire, d’outrepasser les délais légaux pour ajourner les élections. Et, sans doute, pour décongestionner un peu la scène locale, le temps gagné devant atténuer la colère provoquée par l’assassinat du président Hariri. Un climat populaire qu’il s’agit donc de dégonfler. Car il profiterait aux candidats de l’opposition, si le scrutin était organisé dans les délais normaux. La même source relève que Karamé a probablement tort de miser sur une aide du patriarche Sfeir. Car le prélat, même s’il pense que le mieux serait encore effectivement de former un gouvernement d’union nationale, n’a pas pour habitude d’imposer ses vues ou ses penchants propres aux professionnels de la politique. Qui ne semblent pas vouloir en démordre. Et d’ajouter, à titre d’exemple, que tout en estimant les manifestations dangereuses, Mgr Sfeir avait bien précisé qu’il n’y avait pas moyen de les empêcher sur le terrain. Selon cette personnalité opposante, il est probable que la tentative Karamé prendra encore une semaine. Sur un autre plan, de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer le départ du chef de l’État. Selon ses visiteurs, il n’en a cure. Car, ajoutent-ils, la Syrie sait maintenant quels sont ses vrais amis et ne les laissera pas tomber. D’autant moins qu’elle en veut à ceux qui, après avoir longtemps profité de ses largesses, lui ont tourné le dos. Les loyalistes indiquent que le président Lahoud, lui aussi, place certaines espérances dans le retour du patriarche Sfeir. Pour calmer le jeu et faciliter la mise en place d’un gouvernement d’union nationale. De plus, le prélat semble opposé à l’idée d’évincer le personnel dirigeant actuel, par crainte du vide et de l’anarchie. Les loyalistes concluent que le président Lahoud reste attaché à ses constantes nationales et ne les lâchera pas, même si la VIe flotte US devait croiser au large de Beyrouth. Émile KHOURY

Le président Omar Karamé semble vouloir prendre son temps. L’opposition a beau afficher sa détermination, il ne veut pas se le tenir pour dit. Il ne renoncera pas avant d’avoir épuisé toutes les ressources pour former un gouvernement d’union nationale sans s’engager à accepter les exigences de l’opposition, affirmant qu’on en discutera au sein du Conseil des ministres. Il développe des contacts, par émissaires interposés. En soutenant qu’il cherche à arrondir les angles. Il pense, sans doute, que le patriarche Sfeir l’aiderait, à son retour d’Amérique. En espérant, peut-être, provoquer des divisions entre les opposants qui se prononceraient pour ou contre la participation au gouvernement. Il commence à pencher pour une commission d’enquête arabe ou internationale structurée autour des magistrats...